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Les remplois dans les jardins de la Riviera

L’avènement en Europe des sensibilités romantiques à partir de la seconde moitié du 19ème siècle se caractérisa notamment par l’implantation de fabriques dans les jardins, petits édifices décoratifs et fausses ruines, évoquant la nostalgie d’un monde perdu. Certaines des grandes créations de l’époque ont pu résister au temps : en Ile de France les domaines de Betz, Ermenonville, Méréville, Mortefontaine, Retz.

Un siècle plus tard, le mouvement des arts décoratifs engendrera auprès d’un certain nombre de mécènes cultivés, une inclination à valoriser leurs résidences et jardins par l’insertion d’éléments de remploi, provenant de toutes les époques de la création – de vraies fabriques en quelque sorte.

Un moment privilégié en France fut constitué par la démolition du palais des Tuileries à Paris, effectuée à partir de 1884. L’entrepreneur qui obtint l’adjudication mit en vente les éléments du site les plus achevés. C’est ainsi que le château de La Punta propriété de la famille POZZO di BORGO, situé au-dessus de la baie d’Ajaccio, fut largement constitué d’éléments de remploi du 17ème siècle en provenance des Tuileries, à commencer par les façades, dont l’une d’entre elles offre par exemple deux niveaux de colonnade superposés. Sur la Côte d’Azur, Léon CARVALHO devait acquérir de son côté 43 fragments : gloriette, portails, statuaire, etc, qu’il disposera dans les jardins de la villa Magali à Saint Raphaël (1).

L’espace nous manque pour restituer la saga de cette propriété tout au long du dernier demi-siècle, mais elle eut finalement la chance de pouvoir être acquise ces dernières années par un nouveau propriétaire qui remit en état l’intégralité du site (2).

Au début du 20ème siècle un talentueux décorateur italien, architecte et paysagiste, tenant d’une esthétique néo-gothique s’ouvrant à l’art nouveau –Raffaele MAÏNELLA (1856-1941)– collaborateur privilégié de quelques richissimes mécènes, réalisa quelques fééries sur notre sol : villas Torre Clementina et Cypris sur la Riviera, parc du château de Balincourt en Ile de France (3).

R. MAÏNELLA appartenait à un courant de praticiens qui sillonnaient alors l’Europe pour y racheter des éléments d’édifices anciens afin de les remployer ailleurs : porches et fenêtres, escaliers, bas-reliefs, chapiteaux et autres motifs sculpturaux, éléments de statuaire, arcades, vasques. Le fait peut apparaître choquant aujourd’hui, mais il était licite à une époque où la législation sur la protection des monuments historiques était inexistante (et il demeure licite aujourd’hui au regard des édifices qui ne font pas l’objet de mesures de protection).

A un moindre niveau, la belle villa Ile de France du Cap Ferrat voulue par Béatrice EPHRUSSI, porte également la marque de la réinsertion d’éléments de remploi glanés au cours de ses pérégrinations. Un espace aujourd’hui qualifié de “jardin lapidaire” qui devait initialement abriter un cloitre (projet réalisé par Harold PETO) rassemble quelques échantillons très mineurs d’une quête dont il semble que bien des composants muséaux aient aujourd’hui disparu.

La belle villa Ile de France du Cap Ferrat

Edouard LARCADE (1871-1945) fut un antiquaire prestigieux du premier tiers du 20ème siècle, qui devait notamment s’engager dans le négoce de structures architecturales anciennes. Il deviendra aussi l’un des mécènes du musée du Louvre.
Le site de l’Abbaye de Roseland, résidence niçoise édifiée en 1923, sera presque intégralement formé de composants médiévaux. La plus élégante des réalisations apparaît sous la forme d’un cloître majestueux, dont la plupart des éléments proviennent d’édifices religieux du sud-ouest de la France ; il est notamment établi que la colonnade intérieure provenait de l’ancienne église (d’origine paléochrétienne) de la Daurade à Toulouse. Ultérieurement une allée monumentale sera réalisée, la plus fastueuse peut-être, de toute la Riviera [elle est librement visible dans le repli du 44 Bd Napoléon III à Nice ; le site a été légué à la ville et devient accessible à certains moments de l’année].
L’ancienne résidence francilienne d’Edouard LARCADE à Saint Germain en Laye, qui supporte aujourd’hui un ensemble d’immeubles collectifs, conserve toujours dans ses jardins quelques structures anciennes d’intérêt, notamment un théâtre romain du 2e siècle, avec gradins et mur de scène. La façade d’un pavillon Renaissance, léguée à la ville, est aujourd’hui disposée dans le square de la bibliothèque municipale (4).

Jacques COUELLE (1902-1996) dessinateur d’art puis architecte, développa une importante activité de négociant en matériaux culturels médiévaux dans l’entre-deux guerres. Il semble avoir organisé la récupération de ces éléments sur une grande échelle auprès de communautés religieuses, municipalités ou propriétaires privés. Il s’était installé à Aix en Provence et effectuait une publicité dans les périodiques mondains de l’époque. Il constituera une association vouée à la promotion de l’artisanat d’art – la Décoration architecturale – qui organisera en 1935 une mémorable Exposition d’art roman, avec une centaine d’objets présentés (Les provenances des pièces sont presque toutes indiquées dans le catalogue de l’exposition ; introduction du jeune François SPOERRY, futur architecte de Port Grimaud). Avec Edouard LARCADE, qui figurait également au comité d’organisation, Jacques COUELLE deviendra un correspondant privilégié du musée des Cloisters à New York.
Ses principales réalisations de l’époque comme architecte de remplois, se trouvent presque toutes dans la région grassoise : Domaine des Penchinades, Bastides de Fontvieil, Pigranel et Saint François ; château de Beaumont – microcosme d’un village provençal – et surtout château de Castellaras. Mentionnons également les domaines des Fourches et des Porches, pour la famille PELISSIER à Castres (5).

P. S : L’un des fils de J. COUELLE, Jean Pierre COUELLE également architecte aixois, sera l’instituteur de l’ARPA, association sans but lucratif pour la restauration et la sauvegarde du patrimoine, regroupant des professionnels retraités des métiers de l’architecture et des professions artistiques, afin d’apporter conseils et compétences aux propriétaires, publics et privés, d’édifices historiques (l’ARPA dispose d’un site internet). J.P. COUELLE fondera ultérieurement sur les mêmes principes, l’association Fontaines en France à Aix en Provence.

Norbert  PARGUEL, section Art des Jardins

Sources

1) E. MICHAUD-JEANIN : En ces jardins, un palais perdu (Vieilles maisons françaises, avril 1985).
2) On recueillera quelques vues récentes des jardins de la villa Magali dans l’ouvrage de J. CHEVILLARD : Les villas anciennes de Saint Raphael (Office du tourisme, 2007 p.202sq).
3) Nous avons publié un résumé de la biographie inédite de R. MAÏNELLA, établie par sa fille Norah, dans le n°15-2012 de Jardins du Sud.
4) L’Abbaye de Roseland fit l’objet d’une monographie dans L’Illustration du 19 janvier 1929. Sur la constitution de la propriété,  on se reportera au dossier érudit établi par Jean MARX  (In Situ, n° 2-2002 ; le texte est accessible sur internet).
On trouvera un aperçu de l’ensemble des édifices de remploi implantés sur le site de Saint Germain, notamment une vaste demeure médiévale du 15e siècle, tout comme les autres démontée et remontée pierre par pierre – et semble t-il rasée lors du lotissement, faute d’acquéreur – dans une communication sur le peintre Georges MATHIEU (Dynastie, septembre 1987). Sur la résidence parisienne de la rue du Bac, l’Hôtel de Chalais, renvoyons au recueil La rue du Bac (DARVP 1990, p.174sq) et sur sa composante gothique de remploi, initialement intégrée en fond de cour puis confisquée par l’occupant allemand, P. PLESSIS : Bleus de Chine (Connaissance des arts, juin 1928).
[Clin d’œil de l’Histoire : juste à côté de cette résidence devait ultérieurement s’établir une éminente libraire spécialisée dans l’estampe ancienne, Judith PILLSBURY  (Jardins de France, Mars 2007) ].
5) J. COUELLE : Les pierres anciennes dans les jardins provençaux (La saison de Cannes, juillet 1924) et Comment sauver le paysage (L’Express Méditerranée, juillet 1972). Les archives professionnelles de cet intervenant sont déposées au C.A.M.T. de Roubaix, mais elles ne concernent quasiment que ses grandes réalisations d’après-guerre sur la Côte d’Azur : Domaine du Redon, Port La Galère, Village de Castellaras, etc.

Proposition d’essai de culture de courgettes non coureuses

La section potagers et fruitiers de la SNHF organise cette année un essai de culture de variétés de courgettes non coureuses afin de tester leur résistance à l’oïdium. La comparaison sera faite entre une variété classique et trois variétés récentes données comme offrant une bonne résistance à cette redoutable maladie.

A raison de trois plants ou poquets de plants par variété, chacun occupant environ un m2 au sol, cela nécessitera de réserver pour cet essai au maximum une surface de 12 m2 de votre jardin.

La culture sera faite en pleine terre sans aucun traitement préventif ou curatif à partir de semis effectué par vos soins, soit directement  en pleine terre soit préalablement en godets.

Les graines nous sont en général fournies gracieusement par les obtenteurs qui sont intéressés par les résultats d’essais effectués par des amateurs avertis répartis dans des conditions de sols et de climats variés.

En retour, ils sont en droit d’attendre de notre part une analyse fiable : celle-ci n’est possible que si chaque expérimentateur nous adresse effectivement un  compte-rendu complet et précis des résultats de sa culture en utilisant la grille de résultat qui sera jointe à l’envoi des semences.

Nous fournirons avec les graines un protocole d’essai avec les conseils de culture et de récolte ainsi que les précisions et photos utiles pour identifier la maladie.

Cette offre est ouverte à tous les adhérents de la SNHF et à ceux des Sociétés et Associations adhérentes à la SNHF.
Si cette offre vous intéresse, pouvez-vous nous répondre avant le 6 avril 2014 avant minuit, soit par courrier adressé à la SNHF en mentionnant  « ESSAI 2014 COURGETTES » soit par mail à l’adresse suivante : info@snhf.org en indiquant comme objet  « ESSAI 2014 COURGETTES ».

Etant donné que nous sommes obligés de limiter le nombre d’expérimentateurs, seront retenues les 50 premières candidatures reçues mentionnant  l’engagement ferme de nous envoyer en temps utile la grille de vos résultats renseignée de façon complète et précise.

Merci d’avance de votre réponse et de votre collaboration !

Les courgettes sont de nouveau testées en 2018 ! Inscrivez-vous jusqu’au 31 mars pour participer à ces essais !

Le jardin miniature

La réalisation du jardin miniature relève à la fois de la composition florale, de la maquette et de l’art du jardin. Il ne s’agit pas d’un paysage mais d’une composition réalisée avec des végétaux et des accessoires évoquant le style et l’ambiance du jardin que l’on choisit de représenter.

Les jardins miniatures

Jardin de style ou créatif

Le jardin miniature peut être de style italien, médiéval, andalou, méditerranéen, à la française… Il peut être aussi purement créatif : jardin de senteurs, futuriste, secret, de rêve…

Le jardin de style

Il est important de s’imprégner de son atmosphère par la consultation de documents et gravures. Cette démarche permet un juste choix des éléments végétaux et des accessoires. Par exemple des plessis ou fascines en branches pour un jardin médiéval, des poteries et des buis pour un jardin à l’italienne, des topiaires pour celui à la française ou encore des pierres et des plantes de rocaille pour un jardin méditerranéen.

Le jardin de création

La démarche est un peu différente, le choix des éléments demeurant tout aussi important. Ceux-ci doivent d’emblée suggérer le jardin imaginé. Par exemple des éléments modernes ou futuristes pour un jardin sur la lune ou encore des éléments parfumés pour celui de senteurs…

L'agencement du jardin : recherche de l’harmonie


Il est semblable à celui d’une maquette. Doivent être respectées : La perspective (l’utilisation d’un fond ou background peut être intéressante), la proportion (en rapport avec l’ensemble de la composition et en fonction de l’espace choisi), l’échelle (impliquant que toutes les composantes de l’ensemble soient à la même mesure). Le respect de ces principes est indispensable pour que le jardin soit miniature et surtout harmonieux.

L'exemple d'un jardin monastique médiéval

Le jardin monastique est voué au chiffre 4: Quatre allées en forme de croix symbolisant les 4 fleuves du Paradis dont la fontaine au centre est la source et quatre carrés entourés de plessis à l’origine en châtaignier. Des branches souples de bouleau ont été ici utilisées afin de respecter l’échelle des éléments du jardin.
-L’herbularius ou jardin des simples réservé aux plantes aromatiques et médicinales telles l’armoise, la mélisse, l’achillée, la rue, la tanaisie, la pulmonaire (…) Toutes en mini-plants pour rester à l’échelle.

-L’hortus ou potager où étaient cultivées les plantes à pot (exemple les choux réalisés avec des petites feuilles de galax ou de lierre) et les légumineuses grimpant sur des rames.
-Le verger lieu du cimetière symbole de félicité.
-Le jardin des senteurs ou de Marie dédié au culte marial, essentiellement constitué de plantes consacrées à la célébration des offices, ici de fleurons blancs ou de petites fleurs blanches.
 Le mur et sa barrière à claire-voie apportent fond et stabilité visuelle. Les plessis hauts sur les côtés permettaient les cultures en hauteur pour les cucurbitacées.

Le choix des éléments est important dans un jardin de création
L’exemple d’un jardin monastique médiéval

L'exemple d'un jardin « à la Française »



Pour travailler à la Le Nôtre, je me suis mise à son écoute, à son école en reprenant ce qui caractérise ses jardins : la maitrise de la perspective, les différences de niveau, la symétrie, le jaillissement de l’eau, les parterres de broderie.
 Mon jardin s’inspire de Vaux le Vicomte en appliquant les méthodes de Le Nôtre et les goûts du XVIIème. La perspective est travaillée, l’allée centrale n’est pas rectiligne au contraire, elle s’élargit pour couper l’effet de fuite sinon l’horizon se ferme trop. Les bassins ne sont pas ronds mais ovales pour renforcer l’effet de perspective.
 Pour admirer le jardin, un point de vue plus haut est nécessaire, le premier plan est à un autre niveau constitué d’une terrasse au gravier fin ornée de deux vases classiques.
 Les éléments sont disposés de façon symétrique, tapis de broderies, bordures de fleurs, banquettes de gazon et vases…
 Pas de jardin sans la magie de l’eau qui s’élance haut vers le ciel en défiant les lois de la gravité comme les jets d’eau qui ornent les bassins.
 Les parterres de broderies, dont les arabesques sont soulignées par des graviers de couleurs contrastées, allient maitrise des végétaux et de l’ornementation.
 Malgré tous mes efforts et mon application ce jardin reste perfectible, la forme ronde n’a pas facilité la tâche, une niche correspondrait mieux au format. Le printemps froid est pluvieux ne m’a pas permis d’utiliser les charmilles restées à l’état de bouton à la date du concours…

L’exemple d’un jardin « à la Française »

Un univers vivant

Créer des petits jardins est vite une passion, mettre un paysage dans une niche impose de résoudre un certain nombre de problèmes. A la base, bien connaître son sujet par une étude approfondie, se mettre à l’échelle, chercher des végétaux dont les fleurs et les feuilles sont petites, même chose pour les accessoires. Comment dans un espace dont la profondeur est courte (souvent 60cm dans une niche), donner l’illusion d’une profondeur ? En créant des plans dans cet espace comme pour une photographie et en travaillant sur la grosseur des végétaux et leurs couleurs en fonction de leur place.
 Chercher à créer une atmosphère pour ce petit univers vivant.

Jocelyne Vuillet ,  Claire Erny

Voyage en Belgique, « au-delà de l’imagination »

Pour le 25e anniversaire de ses activités de designer floral, Stef Adriaenssens a organisé l’exposition « Beyond Imagination », à Lier, sa ville natale. L’occasion rêvée pour la Section Art Floral de la SNHF d’aller à la rencontre de fleuristes belges et de proposer une journée de détente et de convivialité…

L’exubérance, une imagination sans limites, étaient bien au rendez-vous à Lier, le 24 novembre dernier ! Une quinzaine de membres de la Section Art Floral de la SNHF ont participé à ce voyage haut en couleur. Début novembre, l’an dernier, plus de quarante fleuristes passionnés originaires de  Russie, d’Angleterre, de France, des Pays-Bas et de Belgique se sont donné rendez-vous à Lier pour s’atteler à la réalisation du projet. L’ensemble des structures lourdes a été alors mis en place, tandis que les éléments plus fragiles ont été travaillés la semaine précédant l’ouverture de l’exposition.

L’exposition a eu lieu au  « Couvent des Sœurs Noires », dans le centre de Lier. La façade extérieure, ainsi que le jardin, situé à l’intérieur, étaient ornés de décors monumentaux, une forêt de sapins stylisés était implantée dans la cour du couvent. Toutes les nombreuses salles restituaient chacune une ambiance différente et rivalisaient d’élégance et de raffinement.

Les cerisiers en fleurs accueillaient les visiteurs

L’entrée était transformée en jardin de cerisiers en fleurs, tel un jardin japonais. La cuisine du couvent, avec son sapin décoré de gâteaux et ses couronnes de Noël, exhalait une bonne odeur de pain d’épice. Les salons mettaient en valeur d’étranges structures tressées en rameaux de  cornouiller, plus stylisées les unes que les autres.

Les corbeilles de fleurs, telles d’immenses corolles, et un sapin en forme de spirale géante suspendu au plafond étaient là aussi pour surprendre et étonner.

Le point d’orgue de l’exposition était la Chapelle où les arceaux en sapin ornés d’une pluie d’orchidées, de la neige sur le sol et une musique céleste ont composé un univers féérique. Après un repas convivial, l’après-midi fut consacré à la visite du Béguinage inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et de la boutique de Stef Adriaenssens.

Valérie Lehmann

Taillons nos rosiers

Un des grands entretiens des rosiers est leur taille, pas seulement le rabattage à l’automne, mais la taille définitive au printemps (février, mars, suivant les régions).
Ce travail favorise les nouveaux départs, avec en ligne de mire une très belle floraison estivale pour tous types de rosier.

Vos sécateurs auront été au préalable désinfectés pour éviter tout risque de propagation de parasites (maladies).

Si cette grande opération de taille reste la plus importante, il reste néanmoins tout au long de la saison des attentions particulières au développement et à la floraison des rosiers : suppression des rejets ou gourmands, ces jeunes pousses très vigoureuses ne portant pas les mêmes épines et les mêmes feuilles que la variété sont à supprimer immédiatement.

La suppression des fleurs fanées permet de faciliter à la plante de refleurir. On coupera les tiges au-dessus d’une feuille avec cinq folioles.

Un conseil pratique si vous hésitez : coupez d’abord la fleur fanée, systématiquement le bourgeon à la base de la feuille bien formé va démarrer, intervenez pour couper au-dessus, vous êtes sûr de ne pas avoir fait d’erreur.

Trop près de l'oeil

Bonne coupe

Trop loin de l'oeil

Rosiers buissons

Pour les rosiers buissons à grandes fleurs et floribunda, la taille consiste à conserver des branches jeunes et vigoureuses qui permettront de donner une ossature à la plante, retirer les vieux bois (secs) et ceux qui ont reçu des coups (binette) lors de l’entretien du massif.
Pour les rosiers peu vigoureux, taillez à 3 ou 4 yeux (extérieurs) en partant de la base du rosier ; taillez à 5 ou 7 yeux pour les plus vigoureux. Chaque pied de rosier doit donner matière à réflexion avant cette opération importante.

Rosiers grimpants non remontants

Par opposition aux remontants, ces rosiers ne donnent qu’une seule et magnifique floraison en mai-juin. On procédera à la taille dans le courant de juillet-août au plus tard, en ayant pris soin dès le départ de la végétation de mettre en situation les jeunes pousses souvent très vigoureuses qui serviront au rajeunissement de la plante. Il faudra au cours de l’automne suivre le développement de ces pousses et les palisser.

Rosiers grimpants remontants

On entend par rosier grimpant remontant un rosier qui fleurit plusieurs fois dans la saison (juin à octobre). Les nouvelles pousses qui apparaissent en cours de végétation devront être palissées sur le support afin de prendre leur forme définitive. Sur les branches déjà palissées qui auront fleuri dans l’année, taillez à 2 ou 3 yeux afin de permettre aux jeunes pousses qui vont se développer de fleurir.

Rosiers arbustes

C’est plus une mise en forme de la plante suivant l’espace dans lequel elle doit se développer. On supprimera les tiges âgées (brunes) au profit des jeunes pousses vertes bien vigoureuses. N’oublions pas que ces rosiers sont arbustifs, donc il faut s’interdire de les tailler à 5 ou 7 yeux. Certains rosiers arbustes fleurissent sur le bois de l’année précédente (comme ‘Ferdy’) : ne prévoyez alors que pas ou peu de taille pendant 3 ou 4 ans. La 5e année, rabattez-les très court. Il n’y aura pas de floraison, mais cela permet de rajeunir la plante.

Rosiers tiges

Le rosier-tige est bien souvent une variété de rosier buisson greffée sur une tige. Taillez à 20 ou 30 cm environ du point de greffe, en laissant 7 à 9 branches afin de former une coupe, et ouvrir le cœur de la plante pour faciliter le passage de l’air et du soleil sur l’ensemble du végétal. Il est impératif que la taille soit faite au-dessus d’un œil extérieur.

Rosiers couvre-sol

Ce type de rosier ne nécessite que peu d’entretien. Il faut néanmoins supprimer le bois mort qu’il fabrique facilement et tailler les longues tiges afin que chaque pied respecte l’emplacement qui lui est donné. Ces rosiers sont utilisés dans la végétalisation de talus. Là encore, prévoyez une intervention tous les 4 à 5 ans pour tailler sévèrement : cela facilite le renouvellement des pieds.

Conseils après la taille

Juste après la taille, nettoyez le sol en prenant soin de ramasser et brûler (surtout ne pas jeter au compost) les vieilles feuilles si cela n’a pas été fait à l’automne au moment du rabattage des rosiers.
Épandez sur la surface du sol un amendement organique que vous enfouirez légèrement avec un outil à dents. Un traitement est souvent recommandé pour faciliter la cicatrisation des plaies (bouillie bordelaise).

Claude Jourdan, section Roses de la SNHF

Art floral en Inde : un partage du savoir

L’association I N D P Inde (interculturelle pour le développement et la paix) a deux grands axes : l’éducation et la culture dans les milieux défavorisés. L’information et la sensibilisation aux réalités socio-économiques, culturelles et spirituelles indiennes s’accomplissent dans le partage du savoir. Jacqueline Boch, adhérente à cette association nous parle de son expérience.

Séjour en Inde – © J. Boch

« Le directeur m’a demandé d’intervenir dans les écoles et collèges du gouvernement de la région de Pondichéry, dans le cadre d’un volet éducatif sur la conservation de la nature et l’assainissement de l’eau par les plantes dans des bassins de décantation. Ne parlant pas la langue de la région, et très mal l’anglais, sans subventions et peu de moyens (du raphia et un sécateur qui ne me quitte jamais…) je suis partie dans la campagne à la rencontre des écoliers et des professeurs ravis de voir arriver une Européenne, sur une mobylette, entourée de sacs de plastiques remplis de feuillages de couleur. Les fleurs sont chères, celles des arbres sont inaccessibles pour moi.

Des vaches qui mangent tout

Avec l’assistant du district, parlant un anglais que je ne comprenais pas toujours, nous avons communiqué tant bien que mal dans la bonne humeur. Et notre « tandem » a bien fonctionné, le langage des fleurs n’est-il pas universel…? Seuls les arrangements liés à la main étant possibles, grâce aux couleurs flamboyantes des éléments et à leurs formes intéressantes, le résultat fut assez satisfaisant. L’herborisation prenait pas mal de temps, les alentours des villages sont détruits par les nombreuses vaches et chèvres en liberté qui mangent tout, même les affiches sur les murs. Et puis nous devions tout laver, la fine poussière rouge soulevée par les camions lors de leur passage sur les routes non goudronnées recouvrait tout.

Le bonheur des enfants

La discipline est très stricte dans les écoles, les instituteurs ont des baguettes dont ils savent se servir…. L’arrivée de deux ou trois classes est impressionnante. Les garçons devant, les filles derrière, tous biens alignés s’asseyaient par terre, dans la cour, sous un arbre car la chaleur est Intense dans la journée. Nous donnions des explications simples sur les lieux de pousse, les arbres, les lianes pour les philodendrons de toute beauté, les plans d’eau pour les papyrus, les buissons à fleurs épineux, les fougères luxuriantes, les nénuphars et les lotus dont les fleurs fanent si vite. Nous leur conseillions de ne pas couper les arbres et d’empêcher les animaux de tout saccager. Le bonheur des enfants et des grands repartant avec leurs « mini bouquets « faisait plaisir à voir et me comblait de joie.

L’impression d’être utile

J’intervenais dans trois écoles chaque jour. Les rencontres duraient deux heures environ, beaucoup d’enfants voulaient s’exercer. Il m’est arrivé de revenir l’année suivante dans le même endroit avec le même bonheur. J’étais reconnue et leur manifestation amicale était un réel plaisir pour moi.

Qu’en est-il resté ? Je doute fort d’avoir provoqué des vocations de fleuristes ! L’utilisation des fleurs dans la culture indienne, dans les campagnes, est très éloignée de la nôtre. Les guirlandes et les fleurs pour les mariages, décès ou autres manifestations, sont très codifiées. En ville et dans les hôtels on peut trouver de beaux arrangements. Durant mes voyages à l’Ashram et à Auroville je suis allée donner des cours d’art floral occidental, j’ai même été l’élève d’un maître en ikebana durant le temps de mon séjour. Mais c’est avec les enfants, dans les écoles, que je suis heureuse et que j’ai l’impression d’être utile. »

Jacqueline Boch

Confection de bouquets avec les enfants – © J. Boch
Confection de bouquets avec les enfants – © J. Boch

L’Ikebana en fac de sciences

Depuis quelques années l’art floral est au programme des ateliers culturels de la Faculté des Sciences Paris Sud à Orsay. Nous avons soumis un questionnaire aux participants des ateliers pour vous donner un aperçu de ce qui se vit et se  transmet au sein de ces cours et souligner la place que cet art tient dans la vie des étudiants, des chercheurs et des docteurs en génétique et microbiologie, physique, chimie.

Le beau et le vrai s’y mêlent, l’art et la science s’y rejoignent. L’ikebana, art éphémère basé sur l’asymétrie, le vide, cette philosophie, cet art de vivre trouve ici une écoute nouvelle. En effet cet art inconnu pour la plupart des étudiants a exercé la  fascination de l’exotisme et de la découverte. Peut-être que l’art de faire revivre les fleurs, de recréer un jardin intérieur serait  très proche de la nature et parlerait ainsi aux esprits scientifiques.

Sciences ou Art : ” Tout est harmonie pour qui sait voir “

Que vous apporte la pratique de l'art floral dans votre vie ?

Sérénité, Détente, ouverture d’esprit.

Pourquoi avez-vous choisi cette option ?

J’ai toujours rêvé d’associer l’art et la science.

Que vous apporte la pratique de l’art floral dans votre cursus universitaire ?

Un état d’esprit plus serein qui m’aide à gérer le stress des études et parce qu’il y a un rapport avec la nature.

Quelles sont les qualités que vous pensez travailler en pratiquant cet art ?

  • La sérénité d’abord, et aussi l’équilibre. Pour moi, c’est aussi apprendre à aller à l’essentiel. De manière importante, cela m’apporte un moment pour moi-même, avec moi-même, ce que j’ai du mal à m’accorder.
  • Patience, créativité, développement du sens de l’harmonie, être dans l’instant.

Avez-vous l’impression de créer ? Est-ce que les règles ne vous brident pas trop ? Etes-vous satisfaits de vos réalisations ?

  •  Oui, j’ai réellement le sentiment de créer. Cela m’apporte un certain plaisir de composer avec un minimum de règles et de dépasser ces contraintes. Je suis le plus souvent satisfaite de mes réalisations. Elles correspondent souvent à ce que je veux exprimer. De voir sa propre évolution dans le temps est aussi une source de joie.
  • Oui la création a sa place, les règles ne brident pas trop, elles guident. L’imaginaire peut se développer. Il peut être parfois difficile de créer mais le résultat peut être impressionnant.

Pensez vous que la création et la beauté sont liés dans l’art de l’Ikebana ?

Oui mais aussi la simplicité et l’harmonie. C’est un privilège de pratiquer l’Ikebana, de pouvoir entrer insensiblement dans la sphère de la création tout en réalisant quelque chose qui vous parle, que vous trouvez beau. C’est un moment d’émotion, un pur bonheur. Et si on commence ainsi la journée, c’est tout simplement fantastique.

Comment vivez-vous votre atelier ?

  • Pendant l’atelier, je suis capable de faire abstraction, dans une certaine mesure, de ce qui m’entoure et j’éprouve un sentiment profond de liberté. C’est un moment tout à fait privilégié, empreint d’authenticité pendant lequel je ressens une certaine intimité, une sorte de complicité avec les plantes, les fleurs. Elles me sont livrées, mais il y a tout un chemin à parcourir pour les sentir véritablement proches. Cela devient somptueux quand les fleurs dialoguent entre elles, sous vos yeux. Par exemple, récemment, lors d’un atelier, j’ai eu envie de donner un nom à mon bouquet ” La rencontre “. Pourquoi pas ? Les peintres, les sculpteurs donnent un nom à leurs œuvres. La nôtre est éphémère, certes, mais n’en est pas moins une. Je crois qu’elle nous apporte le même type de bonheur, de plénitude, d’abord pendant, mais aussi après. Il peut s’y ajouter une certaine fierté. C’est moi qui ai réalisé cet arrangement ?
  • Au-delà des réalisations elles-mêmes, l’Ikebana modifie doucement notre vision du monde, en tout cas notre rapport à la nature.
  • C’est une joie d’apprendre un art qui m’était totalement inconnu et une reconnaissance du  travail par mes collègues et proches.

Essayez vous de vous inspirer des cours pour créer une décoration florale chez vous ?

Oui, je crée souvent des bouquets chez moi en gardant l’esprit de l’Ikebana. Je prends beaucoup de plaisir à imaginer un bouquet avec ce que je peux trouver chez le fleuriste, dans mon jardin, parfois des éléments de structure que j’ai gardés. C’est un grand moment de vie. C’est une création réelle, surtout si l’enjeu est important et si je peux disposer de suffisamment de temps.

Est-ce important pour vous ce contact avec des plantes et fleurs ? Pourquoi ?

  • Oui, le contact avec les plantes et les fleurs est important pour moi. Outre la beauté des éléments utilisés, il me révèle à moi-même, me permet de découvrir en moi des zones cachées, secrètes. Il se crée un véritable cheminement en soi, pendant qu’on réalise un bouquet et il est différent à chaque fois. Parfois, on cherche son chemin avec acharnement, on construit son bouquet, on le modifie, on apporte de nouvelles touches, ou même on détruit tout et on repart à zéro. Parfois, au contraire, le chemin s’impose à vous, on l’empreinte sans même y penser. Cela m’est arrivé de dire à la fin d’une séance d’atelier : ce bouquet, il s’est fait tout seul !
  • Oui, c’est important pour moi de toucher les fleurs, de les arranger, c’est une manière de se rapprocher de la nature qui devient trop distante dans nos vies.

Est-ce important pour vous ce contact avec des plantes et fleurs ? Pourquoi ?

Oui, sans aucun doute.

Merci à Simone, Marjorie, Emilie, Elisabeth, Marie-Coralie.

 

Propos recueillis par Claire Delort et Valérie Lehmann.

Petite exposition pour les journées du Printemps de la culture à Orsay – © C. Delort

L’évolution de l’art floral et les nouvelles tendances

Comment l’Art floral a-t-il évolué au fil du temps ? Regard très personnel d’Isabelle Rabin, décoratrice florale et enseignante d’art floral, témoin de ces changements…

Hier...

Nous sommes loin en effet de la « bouquetière » du XVe siècle qui « fait ou agence des bouquets de fleurs naturelles » et qui devient ainsi, progressivement, une figure marquante du peuple. Il est très loin également ce temps où la fleur se pavanait dans les « supports de calèche ». Loin encore celui des premiers « jardins ouvriers » introduits en France en 1893 par l’abbé Lemire qui évolueront jusqu’aux « jardins familiaux », ceux qui ont peut-être été une petite goutte d’eau permettant au plus grand nombre de s’approprier, dans le quotidien, cette relation à la fleur qui fait de nos jours notre plus grand bonheur en Art floral. On ne peut oublier les siècles de gloire des sublimes jardins Royaux de France et de Navarre, ainsi que l’Art liturgique au temps de Saint François de Salle, de Thérèse d’Avila au XVIIe siècle et de ses Visitandines du Saint Coeur de Jésus…
Le raccourci est un peu… bref ! Nous avons passé sous silence l’après-Révolution portée par le catholicisme populaire du XIXe siècle, avec les grandes figures naturalistes : Marcel Swabe et son critique Paul Bourget, les brillants botanistes relayés par Zola et Marcel Proust. Cette riche période, passant du naturalisme au symbolisme, nous a ouvert « grand » le regard sur la nature.

...et aujourd’hui

Nous allons « plonger » maintenant, dans ce qui fait notre quotidien depuis une trentaine d’années. Bien après les « bouquetières », nos grands mères dans les années 1930, dans « le 91 » par exemple, ont organisé la cueillette des fleurs, dans les jardins et entreprises familiales de rosiéristes, ainsi que leur mise en place dans des grands paniers d’osiers. J’ai retrouvé ces mêmes paniers d’osiers, intacts, à Rungis remplis de pivoines et de roses de jardins. Dans les années 80, Rungis regorgeait de fleurs provenant des terres horticoles de la région parisienne. L’Art floral de ces années-là était confiné dans les différentes écoles à Paris et en province. En effet, les échanges entre nos écoles (travail de recherche) et le monde d’un fleuriste dans sa rentabilité n’étaient pas encore à l’ordre du jour.

Evolution

Beaucoup de fleurs de jardin circulaient et emplissaient ainsi les étals et nos tables d’études. Profusion de fleurs… Progressivement, nous sommes passés des bouquets d’époque à des compositions plus contemporaines, épurées. Des mots tels que masse, ligne, courbe, géométrie ont fait partie de notre vocabulaire. Parallèlement le monde des décorateurs donnait une plus grande place à la fleur dans leurs évènements prestigieux. Le « budget fleurs » avait autant d’importance que celui du traiteur. Pour satisfaire au côté grandiose des manifestations florales, il a fallu rivaliser d’ingéniosité et de créativité. C’est là que nos horticulteurs de la région parisienne se sont vus sollicités de toutes parts pour nous procurer « le » végétal inconnu sur les étals de Rungis, l’écorce bizarre, « la » branche tordue à souhait, jusque-là laissées négligemment de côté, pour eux sans importance. Les fleuristes ont vu leur conception évoluer. Le mot décorateur à côté de celui de fleuriste fait désormais partie intégrante du monde de la fleur. Elles sont loin les Bouquetières ! Pendant ce temps, l’intégration dans nos compositions florales, de toutes sortes de matériaux aussi bien végétal, minéral, en fer, en plastique et autres matières étonnantes, nous sont proposés à profusion. Cette « intrusion » aux côtés de la fleur a permis un regard plus global sur nos compositions. C’est là que les mots masse et ligne prennent tout leur sens. Pour ma part, il m’est impossible de choisir les éléments nécessaires à une composition florale sans penser « couleur et masse ». La couleur surtout, le matériau ou la variété de la fleur m’importe peu. C’est le rapport entre les textures que je privilégie, tant celui des différents matériaux entre eux que celui de taches d’une même couleur à partir de matériaux distincts. Je me rappelle le temps où j’allais chercher mon inspiration le long des vitrines des grands couturiers. Le orange et le rose fuchsia n’avaient pas spécialement droit de cité dans nos écoles ! Mais c’était tellement séduisant… sur le tissu !

À l’excès…

Conquise par « le » carton en décembre 2010 à la SNHF, et dans l’enthousiasme de la nouvelle texture à expérimenter, le lys blanc prévu pour l’occasion resta dans les cartons ! Conclusion : la masse et la texture, oui, mais pas au point d’oublier ce qui doit rester un Art… floral. La fleur a changé aussi : depuis quelques années, la renoncule est devenue énorme et très en vogue, la rose d’Afrique du Sud est devenue bleu marine ou noire, deux fois plus grosse, et tient remarquablement mieux que toutes les autres. Pour la masse, c’est parfait, pour le budget aussi, puisqu’il en faut moins ! Cependant, on peut se poser la question de savoir pourquoi et comment ?
Bien entendu, il n’est pas en notre pouvoir d’influencer telle ou telle proposition du marché de la fleur. L’évolution de nos compositions florales : plus en masse, plus en rondeur, ponctuées de taches de couleur et nécessitant plus d’espace, ne pourrait-elle pas contribuer par notre demande de « toujours plus » à aller au-delà de la bonne mesure, au delà du juste milieu ? C’est une question que je laisse à votre réflexion.

Isabelle Rabin

L’auteure remercie Sylvie Fayet-Scribe, professeur à l’Université de Paris 1, spécialiste sur le sujet de l’intégration de la fleur à travers les siècles.

Résultats de l’essai “Variétés de tomates tolérantes au Mildiou” en 2012

Les conditions de culture de l’essai préconisaient une absence totale de traitement afin de vérifier le comportement des variétés aux attaques de Mildiou.

Nous avons reçu 32 réponses sur 50 expérimentateurs, certains ayant perdu la culture avant la récolte pour diverses raisons. Les feuilles de notation, ainsi que les explications complémentaires sont très bien renseignées.

Plusieurs expérimentateurs ont envoyé des photos. Dans quelques cas, les plantes manifestent des symptômes de Mildiou, mais aussi des symptômes d’autres maladies cryptogamiques ou bactériennes.

L’année 2012 a été très particulière avec un printemps froid et humide, un été tardif pour certaines régions. Ces conditions climatiques ont été très favorables au développement de maladies cryptogamiques surtout pour la tomate. Dans d’autres régions, la grêle a causé des dégâts importants, détruisant parfois la totalité des plantes.

Les semis de l’essai ont été plus ou moins bien réussis, de nombreux semis de rattrapage ont dû être faits.

En étudiant les feuilles de notation, il semblerait que les régions situées au Nord de la Loire ont été plus touchées que celles du Sud. L’apparition des premiers symptômes dès le début Juillet confirme cette observation.

Etant donné la destruction partielle du feuillage (maladie et taille), il est difficile de juger la production et le calibre des fruits.

L’ensemble de ces éléments nous amène à ne pas pouvoir publier cette année une comparaison pertinente des qualités et défauts des différentes variétés testées, ce dont nous vous prions de bien vouloir nous excuser.

Quelques explications sur le Mildiou de la Tomate (source : les maladies de la tomate, D. BLANCARD, Editions QUAE, 2009).

Il y a deux mildious sur TOMATE : le mildiou aérien Phytophtora infestans et le mildiou terrestre Phytophtora nicotianae que nous n’aborderons pas ici. Les symptômes sont légèrement différents (fruits tachés mais lisses, non bosselés).

Le P. infestans est le même que sur la pomme de terre mais l’infection tomate-pomme de terre est plus facile que pomme de terre-tomate.

Le P. infestans serait originaire de Bolivie-Equateur mais on ne peut occulter une possible origine Mexique.

Le P. infestans a deux types sexués A1 et A2. Jusque dans les années 1980, l’Europe n’avait que le type A1. Les dégâts étaient peu importants. Puis est rentré probablement du Mexique, le type A2 au milieu des années 1980 et il y eut beaucoup de dégâts à la fois sur Tomate et sur Pomme de Terre. Comme beaucoup de micro-organismes parasites, il y a des RACES.

A ce jour, on a identifié 8 races mais il s’agit bien du même parasite qui attaque de manière différente des variétés génétiquement différentes en terme de gènes de tolérance.

On dispose à ce jour de 3 gènes qui apportent des résistances partielles. En Europe, au milieu des années 70, les sélectionneurs ont introduit le gène Ph2 qui a apporté une faible protection, plutôt un retard dans le développement des symptômes.

Mais de nouvelles races du parasite sont apparues et le gène Ph2 ne couvre pas les 8 races connues. Aux USA, les sélectionneurs ont introduit le gène Ph3 en le cumulant avec le Ph2. Les premières variétés Ph2+Ph3 cultivées aux USA ont été rapidement abandonnées suite à l’apparition de nouvelles races de P.infestanscontournant ces gènes. Le gène Ph3 n’a pas été développé pour l’instant en Europe. En plus, il s’agit de « résistance partielles ». Donc, la résistance au mildiou aérien est plus que problématique.

En France, seul le gène Ph-2 est disponible dans des variétés commercialisées, mais son efficacité reste relative. En effet, la résistance n’est que partielle, c’est-à-dire qu’elle ne fonctionne que vis-à-vis de certaines souches de Phytophthora infestans. En pratique son intérêt sur le terrain est très limité.

La sélection est active sur ce problème et s’oriente vers l’introduction de résistances polygéniques présumées plus durables qui ont été identifiées dans les espèces sauvages apparentées à la tomate.

Nous n’envisageons pas de nouvel essai pour l’année 2013, pour une question de délai d’obtention des semences nécessaires. Par contre nous envisageons pour l’année 2014 un essai de courgettes non coureuses, légume pour lequel des évolutions génétiques intéressantes sont apparues depuis quelques années.

Les moyens naturels de lutte antiparasitaire

En 1960, La SNHF était déjà à la pointe de la diffusion des connaissances sur la protection des plantes !
Un bon moyen de lutte contre les idées reçues qui, par méconnaissance des sujets abordés, sont trop souvent évoquées. 

Notre revue Jardins de France a publié le texte d’une causerie donnée à la SNHF le Vendredi 29 avril 1960.

Les conférenciers ; Pierre GRISON, universitaire et Daniel MARTOURET, ingénieur horticole, tous deux chercheurs à la station de zoologie INRA de Versailles ont fait  un panorama de l’évolution de la recherche et des applications pratiques, en France et dans le monde sur la protection des plantes, depuis la seconde moitié du 19ème siècle.

De manière simpliste et erronée, on  a tendance à présenter en opposition  le XXème siècle comme étant l’ère du « tout chimique » et le début de notre siècle paré des vertus écologiques centrées sur l’Homme et le respect de son environnement.

Vous découvrirez, à la lecture de cet article que les premières recherches en matière de lutte biologique remontent aux années 1880 et que c’est PASTEUR qui a eu le premier l’idée d’utiliser des micro-organismes pathogènes contre les insectes.

Dès les années 1950, tous les dangers pour l’Homme et les équilibres biologiques de l’emploi massif des antiparasitaires chimiques sont reconnus et le risque de résistances des insectes aux produits chimiques est énoncé.

Dés 1960 toutes les grandes règles d’usage de ce que l’on appelle de nos jours la protection biologique intégrée sont posées :

  •  Le respect des bonnes pratiques, jadis appelées « règles culturales »
  • Les effets du climat
  • Le synchronisme des cycles proies/ prédateurs
  • Les hôtes intermédiaires
  • La flore spontanée refuge
  • Le risque des hyper parasites

La conclusion de cette conférence est d’une étonnante fraîcheur !

 « La conception classique et fort généralisée autrefois (avant 1960!) d’une opposition entre l’emploi de facteurs biologiques et celui de la lutte chimique est maintenant abandonné pour faire place à des formules plus nuancées »

«  Elles peuvent (les méthodes) apporter des solutions, parfois efficaces, mais toujours harmonieuses et satisfaisantes à la fois pour la connaissance biologique des savants et pour l’intérêt économique des collectivités agricoles ».

Eh oui ; ce que l’on ne connaissait pas encore sous le concept de développement durable, à l’époque, avait déjà un pilier économique !

Michel Javoy