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À Toronto, Monique Gimenez brillante lauréate

« De l’autre côté de l’Atlantique, au pays des grands froids, les lanceurs de boules de neige ont triomphé. Un grand bravo à Moni que Gimenez qui vient d’obtenir la suprême récompense à l’International Canada Bloom de Toronto. »

La Société Nationale d’Horticulture de France a envoyé Monique Gimenez la représenter au “Canada Blooms” à Toronto du 13 au 18 mars. Elle a brillamment représenté la France et remporté la médaille d’or et l’International Award (Best) devant l’Australie, le Canada, l’Inde, l’Irlande, le Pakistan, Singapour et l’USA. Le thème était pour la catégorie Internationale “Joué !”. Monique a réalisé deux petites filles jouant à une bataille de boules de neige. C’est à partir d’une structure légère habillée d’osier, de roses avalanches, de renoncules cloony, de feuilles d’aralia, feuilles d’aspidistra, de bergrass, de fleurs de coton, de fibre de palmier, de noix coco et de coques.

« Deux petites filles jouant à une bataille de boules de neige », la composition lauréate de Monique Gimenez – © D.R.

De réputation internationale

Monique est professeur, démonstratrice, juge nationale et internationale et présidente de l’association “MG Fleurs & Création” de Revel (Haute–Garonne). Elle a obtenu de nombreux prix, dont à ce jour quatre “Best”. Elle organise en septembre (tous les deux ans) un concours International à Sorèze (Tarn). Thème de cette année : “Le Prestige de la France”.

Claire Delort

Pour plus de renseignements vous pouvez la contacter à : MGFleursEtCreation@gmail.com.

Vous pouvez également voir sur le site : www.mgfleursetcreation.com

Show floral international à Mandres-les-Roses

Dans le cadre prestigieux de la Ferme de Monsieur à Mandres-les-Roses (Val-de-Marne), l’atelier Roses & Bouquets a été, en octobre 2014, un lieu de haute technicité florale.
Au carrefour de nombreuses disciplines, l’art floral animé d’un élan subtil et authentique, se hisse au rang des disciplines artistiques. Il ne peut et ne doit être confondu avec l’horticulture. Il s’impose entre design et botanique, décoration et fleuristerie, sculpture et art du tissage, et autres techniques traditionnelles.

Des démonstrations qui occupent toute la scène – © D.R.

L’atelier Roses & Bouquets a accueilli avec ferveur les spectateurs des quatre coins du monde dans son monde rayonnant et fascinant de l’art floral, arrivé à l’orée d’une abstraction salutaire. Cet art floral devenu abstrait révèle de manière émotionnelle, ce qui se cache dans l’art de la composition florale, opérant par une sorte de transparence sensuelle, opaque et floue, qui génère du sens, d’essence plus abstraite et spirituelle. Les masses sont réduites à des signes tourbillonnants. La forme n’est plus arrêtée, indifférenciée. Grâce à cette démarche d’abstraction il devient une langue universelle qui ne connait plus les frontières.

Des démonstrateurs inspirés

Au cours de cette soirée unique, les démonstrateurs conviés poussèrent très loin cette « démonstration » Ils représentaient plusieurs cultures et plusieurs sensibilités florales, innovantes et variées. Parmi eux :

  • Stijn Simaeys, maître-fleuriste et créateur Flamand, formé à l’École de Melle, fait partie de l’équipe Fleur Créatif et collabore avec de nombreuses autres revues.
  • Gil Boyard, Meilleur Ouvrier de France,  a obtenu de nombreuses  récompenses et distinctions, édite des livres, est  consultant pour la télévision,
  • Araik Galstyan, fondateur de l’École de design internationale de Moscou. Organise des shows et des concours floraux qui attirent de grands noms de la discipline.
Gil, Araik & Stijn se lançant dans un échange croisé où le floral et le verbal étaient tissés par l’entremise attentive de Laurence Pérez – © D.R.

Un simple truchement de fleurs

Le show floral se déroula en faisant alterner. Comme au théâtre, sur cette scène de la salle d’Orléans de Mandres-les-Roses, les trois « démonstrateurs » se lancèrent dans un échange croisé ou le floral et le verbal étaient tissés par l’entremise attentive de Laurence Pérez.
Au fil de la soirée, Gil, Araik & Stijn se sont donné la réplique, devant une salle comble, et en clôture de ce Grand Show, ils en assurèrent triomphalement tel un feu d’artifice un grand bouquet final.  Susciter ainsi, par le « simple truchement de fleurs, un tel mouvement de l’esprit conduisit le public conquis, jusqu’à l’instant d’une véritable communion. Le thème automnal, dans les couleurs, fut aussi très international de part l’origine des exécutants.
Cette chorégraphie florale, nous rappelle combien il faut faire confiance à la vie et se donner les moyens, ensemble, de faire que les saisons puissent toujours se succéder, en attendant le printemps et ses fleurs glorieuses !

Patrick Lambert

Deux artistes au travail – © D.R.
Deux artistes au travail – © D.R.
Le grand bouquet final © D.R.

Art floral au château de Vert-Mont

Un exemple de composition inspirée du style de l’époque : « Colonnes empire », de Martine Dezaux – © AAFM

Dans le cadre des Journées du Patrimoine 2014, Rueil-Malmaison (Yvelines), ville impériale, a célébré la seconde édition d’un « Jubilé » en l’honneur de Napoléon et Joséphine. Le comité organisateur des festivités a demandé à l’Atelier d’Art Floral de Malmaison de décorer le château de Vert-Mont.

Le château de Vert-Mont est une propriété privée fort méconnue du public et même des Rueillois. Il est situé dans un parc qui faisait partie du domaine de Malmaison du temps de la splendeur de Joséphine.

A la mort de l’impératrice, une partie du domaine est vendue en lots. La parcelle dite « Vert-mont » (qui domine le vallon), est achetée sous le Second Empire par un riche intellectuel qui y fera construire un pavillon dit « à l’italienne ».
La propriété sera revendue plusieurs fois pour être finalement acquise à la fin du XIXe siècle par Edward et Julia Tuck, riches américains qui vont l’agrandir et la rénover. Le château est tel que nous le voyons aujourd’hui. C’est le rayonnement de la belle époque. Il en reste une magnifique salle de bains.
Après le décès du couple Tuck, la demeure tombe dans l’oubli et l’abandon. Ce sont les années noires.

Retour à la splendeur

Heureusement, en 1992, avec l’Institut Français du Pétrole, la Fondation Tuck est créée, les restaurations du domaine, très mal en point, commencent et Vert-Mont va retrouver sa splendeur.

C’est donc dans ce cadre prestigieux et privilégié que l’Atelier d’Art Floral de Malmaison a réalisé et exposé des compositions florales classiques, respectant le style du château au rez-de-chaussée mais aussi modernes au premier étage, ainsi que des bijoux en végétaux, inspirés par ceux de Joséphine, et des bouquets Ikebana.
Joséphine, son grand amour pour les fleurs et Vert-Mont ont été à la base de notre réflexion florale et ce fut pour nous un cadre privilégié pour notre exposition.

Colette Seguin ,  Martine Dezaux

1 : Dès l’entrée du château, l’Atelier d’art floral exprime son talent – © C. Seguin – 2 : Une composition dans la salle de bains belle-époque – © C. Seguin – 3 : L’Atelier a réalisé des bijoux en végétaux comme ce diadème de Liselote Merlet – © C. Seguin

« Roses de jardin dans un vase Médicis » Bruno Lamberti distingué à Monaco

Non seulement l’insigne d’or de la catégorie « professionnels » mais surtout le prix Princesse Grâce ont récompensé Bruno Lamberti* et Claude Orchampt au Concours International de Bouquets de Monaco. Sollicité en décembre 2013 par la section Art floral pour représenter la SNHF, Bruno nous dévoile le cheminement de sa réflexion pour la composition du bouquet, basée sur le côté artistique mais aussi pratique, qui l’a conduit à cette récompense de prestige en juin dernier. Extraits …

Bruno Lamberti devant la composition qui lui a valu deux récompenses au dernier concours international de Monaco – © D.R.

« Roses de jardin dans un vase Médicis », était le sujet que devait travailler Bruno Lamberti, pour une composition de hauteur minimum de 1,50 m, vase compris, thème réservé à la catégorie « professionnels », lors du « 47ème Concours International de bouquets et son jardin 2014 », les 14 et 15 juin à Monaco. « Ma réflexion a porté sur l’esthétique de l’ensemble, le choix des coloris, le respect de ce végétal très sensible à une mauvaise hydratation, le souhait d’avoir des stades d’épanouissement différents, tenant compte des conditions particulières telles quel les conditions de transport et la date presque estivale.

Bien ordonner ses idées

Bruno Lamberti a d’abord été guidé par ce qu’il ne voulait pas :

  • un bouquet lourd et opulent. « Je visualisais plutôt l’effet d’une brassée de roses rapportée du jardin, accompagnée de quelques feuillages d’arbustes, spontanée et légère » ;
  • placer les roses dans la mousse de piquage, puisque celle-ci ne pouvait être saturée d’eau en permanence. « Je voulais offrir aux derniers visiteurs du lendemain une fraîcheur très acceptable » ;
  • ne pas utiliser un montage à plateaux car, souhaitant rester « aéré », dans la crainte de ressentir les différents niveaux, une fois la composition terminée.

Ces conditions déterminées, un seul impératif : les roses seraient dans l’eau et, pour technique, l’usage du tube plastique.

Une préparation réfléchie du support

Bruno s’est d’abord procuré des emballages de « seringues à scanner » se présentant sous forme de tubes rigides aux dimensions bien adaptées. Il en pourvoit deux tuteurs accolés, le tout habillé d’une feuille d’Apidistra, par moitié de limbe. Ensuite, il équipe le vase Médicis d’un gros fer rond sur une hauteur des trois quarts de celle estimée de la composition et bloquée à deux niveaux dans le contenant. Vient l’empalement de trois gros blocs de mousse de piquage retaillés pour former un cylindre, chacun grillagé pour éviter l’éclatement. « Cette colonne, ainsi constituée, me permettait de piquer tous les tubes, de même que des rameaux de Viburnum tinus qui à la fois l’habillaient et donnaient une profondeur à la composition par leur coloris vert soutenu. »

Trouver les végétaux

Une des difficultés a été de trouver les roses correspondant à la composition, de même que l’organisation de toute la logistique pour les acheminer sur le lieu du concours. Pour accentuer l’esprit jardin, Bruno a aussi utilisé quelques branches arquées de Lonicera nitida et de Rhodotypos scandens, un peu d’Aucuba et divers feuillages qui se contrastaient
.

Une construction progressive

Pour construire la composition, Bruno a placé d’abord quelques éléments, tout en sachant qu’ils pouvaient être déplacés sans contrainte avec cette technique de tubes. Dans chacun, il a disposé au maximum quatre tiges pour qu’elles profitent d’une bonne réserve d’eau additionnée de conservateur. Pour un meilleur équilibre visuel, les coloris les plus soutenus et les fleurs plus épanouies occupent le bas et vers le centre. « On joue ainsi sur la profondeur et le relief en laissant s’échapper quelques rameaux de Lonicera, Rhodotypos et rosier ‘Ghislaine de Féligonde’. » Ce dernier ayant perdu ses pétales lors du transport, Bruno a pu cependant l’utiliser pour son feuillage léger. « Il m’a fallu beaucoup de concentration pendant plus de trois heures pour parfaire ces rapports de tonalité, créer des petits vides qui apportent une respiration et sans oublier l’arrière du bouquet. Eh oui …, le jury met ses yeux partout ! », avoue Bruno Lamberti qui tient à souligner l’aide précieuse que lui a apportée Claude Orchampt qui partage avec lui cette médaille d’or et le prix Princesse Grâce de Monaco.

Jean-François Coffin

* Bruno Lamberti est le nouveau président de la section Art Floral de la SNHF depuis le 19 mai 2014. Il à succédé à Nicole Duquesne.

Your wildest dream

Marie-Marguerite Dessens a représenté la SNHF à Canada Bloom, exposition internationale qui s’est déroulée à Toronto du 17 au 18 juin 2014. Elle a obtenu la médaille d’or au concours d’art floral dont le thème était « Your wildest dream ». Focus sur ce bouquet lauréat …

Bouquet primé au concours d’art floral de Toronto

Le coté “sauvage” représenté par une vague sombre, inquiétante et un peu mystérieuse, formée par des entrelacs de feuilles d’aspidistra découpées en lanières, travaillés de façon désordonnée sur du grillage. Ce premier élément a formé une sorte de tapis que l’artiste a posé sur trois tiges métalliques en lui donnant une forme ondulante.

La partie “rêve” en opposition  composée de fleurs blanches (phalaenopsis et dendrobiums) dans des tubes de verre suspendus à différentes hauteurs par des fils de pêche afin d’alléger la masse sombre du travail d’aspidistra. Ont été ajoutés des amaryllis verts renversés pour l’étrangeté et pour la rigidité en contraste avec les ondulations du travail d’aspidistra, également pour donner de la hauteur à la composition plutôt horizontale.

Jean-François COFFIN pour Jardins de France 630. juillet-août 2014

L’Art Floral aux Floralies de Nantes

Du 7 au 17 mai 2014 ont eu lieu les 11e  Floralies internationales de Nantes dont le  thème était « Bouquet d’Arts », un voyage poétique à travers les Arts : Architecture, Sculpture, Peinture, Danse, Musique, Poésie, Cinéma…

Crayonnage, de Régine Hégron- Février – © SNHF

Sérénité précieuse

De l’ensemble se dégageait une sérénité précieuse à cette grande manifestation, où le végétal règne en maître, mettant à l’honneur une région horticole dont la tradition botanique accompagne l’histoire de France (magnolia, camélia, muguet nantais…).
La mise en  valeur d’un élément simple, naturel ou sculpté, auquel s’associe  une  fleur choisie pour sa forme, sa couleur ou sa texture, est le fil conducteur du bouquet.  Chaque créatrice a évoqué la sculpture selon son inspiration, espérant aiguiser l’œil du visiteur et ainsi l’interpeller. Des fleurs simples, colorées, parfumées, souvent de productions locales ou de jardins, dansent dans les compositions, invitent à la rêverie comme le montrent les illustrations de cet article.

Régine Hégron-Février

1 : Confidences, de Corinne Aumoitte
2 : Débranche Two, de Marie-Claude Bigeard
3 : Garance, de Soazic Le Franc – © SNHF
1 : Brise Bise, de Solange Salaün
2 : Éclat de fleurs, de Laurette Launay – © SNHF

Les remplois dans les jardins de la Riviera

L’avènement en Europe des sensibilités romantiques à partir de la seconde moitié du 19ème siècle se caractérisa notamment par l’implantation de fabriques dans les jardins, petits édifices décoratifs et fausses ruines, évoquant la nostalgie d’un monde perdu. Certaines des grandes créations de l’époque ont pu résister au temps : en Ile de France les domaines de Betz, Ermenonville, Méréville, Mortefontaine, Retz.

Un siècle plus tard, le mouvement des arts décoratifs engendrera auprès d’un certain nombre de mécènes cultivés, une inclination à valoriser leurs résidences et jardins par l’insertion d’éléments de remploi, provenant de toutes les époques de la création – de vraies fabriques en quelque sorte.

Un moment privilégié en France fut constitué par la démolition du palais des Tuileries à Paris, effectuée à partir de 1884. L’entrepreneur qui obtint l’adjudication mit en vente les éléments du site les plus achevés. C’est ainsi que le château de La Punta propriété de la famille POZZO di BORGO, situé au-dessus de la baie d’Ajaccio, fut largement constitué d’éléments de remploi du 17ème siècle en provenance des Tuileries, à commencer par les façades, dont l’une d’entre elles offre par exemple deux niveaux de colonnade superposés. Sur la Côte d’Azur, Léon CARVALHO devait acquérir de son côté 43 fragments : gloriette, portails, statuaire, etc, qu’il disposera dans les jardins de la villa Magali à Saint Raphaël (1).

L’espace nous manque pour restituer la saga de cette propriété tout au long du dernier demi-siècle, mais elle eut finalement la chance de pouvoir être acquise ces dernières années par un nouveau propriétaire qui remit en état l’intégralité du site (2).

Au début du 20ème siècle un talentueux décorateur italien, architecte et paysagiste, tenant d’une esthétique néo-gothique s’ouvrant à l’art nouveau –Raffaele MAÏNELLA (1856-1941)– collaborateur privilégié de quelques richissimes mécènes, réalisa quelques fééries sur notre sol : villas Torre Clementina et Cypris sur la Riviera, parc du château de Balincourt en Ile de France (3).

R. MAÏNELLA appartenait à un courant de praticiens qui sillonnaient alors l’Europe pour y racheter des éléments d’édifices anciens afin de les remployer ailleurs : porches et fenêtres, escaliers, bas-reliefs, chapiteaux et autres motifs sculpturaux, éléments de statuaire, arcades, vasques. Le fait peut apparaître choquant aujourd’hui, mais il était licite à une époque où la législation sur la protection des monuments historiques était inexistante (et il demeure licite aujourd’hui au regard des édifices qui ne font pas l’objet de mesures de protection).

A un moindre niveau, la belle villa Ile de France du Cap Ferrat voulue par Béatrice EPHRUSSI, porte également la marque de la réinsertion d’éléments de remploi glanés au cours de ses pérégrinations. Un espace aujourd’hui qualifié de “jardin lapidaire” qui devait initialement abriter un cloitre (projet réalisé par Harold PETO) rassemble quelques échantillons très mineurs d’une quête dont il semble que bien des composants muséaux aient aujourd’hui disparu.

La belle villa Ile de France du Cap Ferrat

Edouard LARCADE (1871-1945) fut un antiquaire prestigieux du premier tiers du 20ème siècle, qui devait notamment s’engager dans le négoce de structures architecturales anciennes. Il deviendra aussi l’un des mécènes du musée du Louvre.
Le site de l’Abbaye de Roseland, résidence niçoise édifiée en 1923, sera presque intégralement formé de composants médiévaux. La plus élégante des réalisations apparaît sous la forme d’un cloître majestueux, dont la plupart des éléments proviennent d’édifices religieux du sud-ouest de la France ; il est notamment établi que la colonnade intérieure provenait de l’ancienne église (d’origine paléochrétienne) de la Daurade à Toulouse. Ultérieurement une allée monumentale sera réalisée, la plus fastueuse peut-être, de toute la Riviera [elle est librement visible dans le repli du 44 Bd Napoléon III à Nice ; le site a été légué à la ville et devient accessible à certains moments de l’année].
L’ancienne résidence francilienne d’Edouard LARCADE à Saint Germain en Laye, qui supporte aujourd’hui un ensemble d’immeubles collectifs, conserve toujours dans ses jardins quelques structures anciennes d’intérêt, notamment un théâtre romain du 2e siècle, avec gradins et mur de scène. La façade d’un pavillon Renaissance, léguée à la ville, est aujourd’hui disposée dans le square de la bibliothèque municipale (4).

Jacques COUELLE (1902-1996) dessinateur d’art puis architecte, développa une importante activité de négociant en matériaux culturels médiévaux dans l’entre-deux guerres. Il semble avoir organisé la récupération de ces éléments sur une grande échelle auprès de communautés religieuses, municipalités ou propriétaires privés. Il s’était installé à Aix en Provence et effectuait une publicité dans les périodiques mondains de l’époque. Il constituera une association vouée à la promotion de l’artisanat d’art – la Décoration architecturale – qui organisera en 1935 une mémorable Exposition d’art roman, avec une centaine d’objets présentés (Les provenances des pièces sont presque toutes indiquées dans le catalogue de l’exposition ; introduction du jeune François SPOERRY, futur architecte de Port Grimaud). Avec Edouard LARCADE, qui figurait également au comité d’organisation, Jacques COUELLE deviendra un correspondant privilégié du musée des Cloisters à New York.
Ses principales réalisations de l’époque comme architecte de remplois, se trouvent presque toutes dans la région grassoise : Domaine des Penchinades, Bastides de Fontvieil, Pigranel et Saint François ; château de Beaumont – microcosme d’un village provençal – et surtout château de Castellaras. Mentionnons également les domaines des Fourches et des Porches, pour la famille PELISSIER à Castres (5).

P. S : L’un des fils de J. COUELLE, Jean Pierre COUELLE également architecte aixois, sera l’instituteur de l’ARPA, association sans but lucratif pour la restauration et la sauvegarde du patrimoine, regroupant des professionnels retraités des métiers de l’architecture et des professions artistiques, afin d’apporter conseils et compétences aux propriétaires, publics et privés, d’édifices historiques (l’ARPA dispose d’un site internet). J.P. COUELLE fondera ultérieurement sur les mêmes principes, l’association Fontaines en France à Aix en Provence.

Norbert  PARGUEL, section Art des Jardins

Sources

1) E. MICHAUD-JEANIN : En ces jardins, un palais perdu (Vieilles maisons françaises, avril 1985).
2) On recueillera quelques vues récentes des jardins de la villa Magali dans l’ouvrage de J. CHEVILLARD : Les villas anciennes de Saint Raphael (Office du tourisme, 2007 p.202sq).
3) Nous avons publié un résumé de la biographie inédite de R. MAÏNELLA, établie par sa fille Norah, dans le n°15-2012 de Jardins du Sud.
4) L’Abbaye de Roseland fit l’objet d’une monographie dans L’Illustration du 19 janvier 1929. Sur la constitution de la propriété,  on se reportera au dossier érudit établi par Jean MARX  (In Situ, n° 2-2002 ; le texte est accessible sur internet).
On trouvera un aperçu de l’ensemble des édifices de remploi implantés sur le site de Saint Germain, notamment une vaste demeure médiévale du 15e siècle, tout comme les autres démontée et remontée pierre par pierre – et semble t-il rasée lors du lotissement, faute d’acquéreur – dans une communication sur le peintre Georges MATHIEU (Dynastie, septembre 1987). Sur la résidence parisienne de la rue du Bac, l’Hôtel de Chalais, renvoyons au recueil La rue du Bac (DARVP 1990, p.174sq) et sur sa composante gothique de remploi, initialement intégrée en fond de cour puis confisquée par l’occupant allemand, P. PLESSIS : Bleus de Chine (Connaissance des arts, juin 1928).
[Clin d’œil de l’Histoire : juste à côté de cette résidence devait ultérieurement s’établir une éminente libraire spécialisée dans l’estampe ancienne, Judith PILLSBURY  (Jardins de France, Mars 2007) ].
5) J. COUELLE : Les pierres anciennes dans les jardins provençaux (La saison de Cannes, juillet 1924) et Comment sauver le paysage (L’Express Méditerranée, juillet 1972). Les archives professionnelles de cet intervenant sont déposées au C.A.M.T. de Roubaix, mais elles ne concernent quasiment que ses grandes réalisations d’après-guerre sur la Côte d’Azur : Domaine du Redon, Port La Galère, Village de Castellaras, etc.

Proposition d’essai de culture de courgettes non coureuses

La section potagers et fruitiers de la SNHF organise cette année un essai de culture de variétés de courgettes non coureuses afin de tester leur résistance à l’oïdium. La comparaison sera faite entre une variété classique et trois variétés récentes données comme offrant une bonne résistance à cette redoutable maladie.

A raison de trois plants ou poquets de plants par variété, chacun occupant environ un m2 au sol, cela nécessitera de réserver pour cet essai au maximum une surface de 12 m2 de votre jardin.

La culture sera faite en pleine terre sans aucun traitement préventif ou curatif à partir de semis effectué par vos soins, soit directement  en pleine terre soit préalablement en godets.

Les graines nous sont en général fournies gracieusement par les obtenteurs qui sont intéressés par les résultats d’essais effectués par des amateurs avertis répartis dans des conditions de sols et de climats variés.

En retour, ils sont en droit d’attendre de notre part une analyse fiable : celle-ci n’est possible que si chaque expérimentateur nous adresse effectivement un  compte-rendu complet et précis des résultats de sa culture en utilisant la grille de résultat qui sera jointe à l’envoi des semences.

Nous fournirons avec les graines un protocole d’essai avec les conseils de culture et de récolte ainsi que les précisions et photos utiles pour identifier la maladie.

Cette offre est ouverte à tous les adhérents de la SNHF et à ceux des Sociétés et Associations adhérentes à la SNHF.
Si cette offre vous intéresse, pouvez-vous nous répondre avant le 6 avril 2014 avant minuit, soit par courrier adressé à la SNHF en mentionnant  « ESSAI 2014 COURGETTES » soit par mail à l’adresse suivante : info@snhf.org en indiquant comme objet  « ESSAI 2014 COURGETTES ».

Etant donné que nous sommes obligés de limiter le nombre d’expérimentateurs, seront retenues les 50 premières candidatures reçues mentionnant  l’engagement ferme de nous envoyer en temps utile la grille de vos résultats renseignée de façon complète et précise.

Merci d’avance de votre réponse et de votre collaboration !

Les courgettes sont de nouveau testées en 2018 ! Inscrivez-vous jusqu’au 31 mars pour participer à ces essais !

Le jardin miniature

La réalisation du jardin miniature relève à la fois de la composition florale, de la maquette et de l’art du jardin. Il ne s’agit pas d’un paysage mais d’une composition réalisée avec des végétaux et des accessoires évoquant le style et l’ambiance du jardin que l’on choisit de représenter.

Les jardins miniatures

Jardin de style ou créatif

Le jardin miniature peut être de style italien, médiéval, andalou, méditerranéen, à la française… Il peut être aussi purement créatif : jardin de senteurs, futuriste, secret, de rêve…

Le jardin de style

Il est important de s’imprégner de son atmosphère par la consultation de documents et gravures. Cette démarche permet un juste choix des éléments végétaux et des accessoires. Par exemple des plessis ou fascines en branches pour un jardin médiéval, des poteries et des buis pour un jardin à l’italienne, des topiaires pour celui à la française ou encore des pierres et des plantes de rocaille pour un jardin méditerranéen.

Le jardin de création

La démarche est un peu différente, le choix des éléments demeurant tout aussi important. Ceux-ci doivent d’emblée suggérer le jardin imaginé. Par exemple des éléments modernes ou futuristes pour un jardin sur la lune ou encore des éléments parfumés pour celui de senteurs…

L'agencement du jardin : recherche de l’harmonie


Il est semblable à celui d’une maquette. Doivent être respectées : La perspective (l’utilisation d’un fond ou background peut être intéressante), la proportion (en rapport avec l’ensemble de la composition et en fonction de l’espace choisi), l’échelle (impliquant que toutes les composantes de l’ensemble soient à la même mesure). Le respect de ces principes est indispensable pour que le jardin soit miniature et surtout harmonieux.

L'exemple d'un jardin monastique médiéval

Le jardin monastique est voué au chiffre 4: Quatre allées en forme de croix symbolisant les 4 fleuves du Paradis dont la fontaine au centre est la source et quatre carrés entourés de plessis à l’origine en châtaignier. Des branches souples de bouleau ont été ici utilisées afin de respecter l’échelle des éléments du jardin.
-L’herbularius ou jardin des simples réservé aux plantes aromatiques et médicinales telles l’armoise, la mélisse, l’achillée, la rue, la tanaisie, la pulmonaire (…) Toutes en mini-plants pour rester à l’échelle.

-L’hortus ou potager où étaient cultivées les plantes à pot (exemple les choux réalisés avec des petites feuilles de galax ou de lierre) et les légumineuses grimpant sur des rames.
-Le verger lieu du cimetière symbole de félicité.
-Le jardin des senteurs ou de Marie dédié au culte marial, essentiellement constitué de plantes consacrées à la célébration des offices, ici de fleurons blancs ou de petites fleurs blanches.
 Le mur et sa barrière à claire-voie apportent fond et stabilité visuelle. Les plessis hauts sur les côtés permettaient les cultures en hauteur pour les cucurbitacées.

Le choix des éléments est important dans un jardin de création
L’exemple d’un jardin monastique médiéval

L'exemple d'un jardin « à la Française »



Pour travailler à la Le Nôtre, je me suis mise à son écoute, à son école en reprenant ce qui caractérise ses jardins : la maitrise de la perspective, les différences de niveau, la symétrie, le jaillissement de l’eau, les parterres de broderie.
 Mon jardin s’inspire de Vaux le Vicomte en appliquant les méthodes de Le Nôtre et les goûts du XVIIème. La perspective est travaillée, l’allée centrale n’est pas rectiligne au contraire, elle s’élargit pour couper l’effet de fuite sinon l’horizon se ferme trop. Les bassins ne sont pas ronds mais ovales pour renforcer l’effet de perspective.
 Pour admirer le jardin, un point de vue plus haut est nécessaire, le premier plan est à un autre niveau constitué d’une terrasse au gravier fin ornée de deux vases classiques.
 Les éléments sont disposés de façon symétrique, tapis de broderies, bordures de fleurs, banquettes de gazon et vases…
 Pas de jardin sans la magie de l’eau qui s’élance haut vers le ciel en défiant les lois de la gravité comme les jets d’eau qui ornent les bassins.
 Les parterres de broderies, dont les arabesques sont soulignées par des graviers de couleurs contrastées, allient maitrise des végétaux et de l’ornementation.
 Malgré tous mes efforts et mon application ce jardin reste perfectible, la forme ronde n’a pas facilité la tâche, une niche correspondrait mieux au format. Le printemps froid est pluvieux ne m’a pas permis d’utiliser les charmilles restées à l’état de bouton à la date du concours…

L’exemple d’un jardin « à la Française »

Un univers vivant

Créer des petits jardins est vite une passion, mettre un paysage dans une niche impose de résoudre un certain nombre de problèmes. A la base, bien connaître son sujet par une étude approfondie, se mettre à l’échelle, chercher des végétaux dont les fleurs et les feuilles sont petites, même chose pour les accessoires. Comment dans un espace dont la profondeur est courte (souvent 60cm dans une niche), donner l’illusion d’une profondeur ? En créant des plans dans cet espace comme pour une photographie et en travaillant sur la grosseur des végétaux et leurs couleurs en fonction de leur place.
 Chercher à créer une atmosphère pour ce petit univers vivant.

Jocelyne Vuillet ,  Claire Erny

Voyage en Belgique, « au-delà de l’imagination »

Pour le 25e anniversaire de ses activités de designer floral, Stef Adriaenssens a organisé l’exposition « Beyond Imagination », à Lier, sa ville natale. L’occasion rêvée pour la Section Art Floral de la SNHF d’aller à la rencontre de fleuristes belges et de proposer une journée de détente et de convivialité…

L’exubérance, une imagination sans limites, étaient bien au rendez-vous à Lier, le 24 novembre dernier ! Une quinzaine de membres de la Section Art Floral de la SNHF ont participé à ce voyage haut en couleur. Début novembre, l’an dernier, plus de quarante fleuristes passionnés originaires de  Russie, d’Angleterre, de France, des Pays-Bas et de Belgique se sont donné rendez-vous à Lier pour s’atteler à la réalisation du projet. L’ensemble des structures lourdes a été alors mis en place, tandis que les éléments plus fragiles ont été travaillés la semaine précédant l’ouverture de l’exposition.

L’exposition a eu lieu au  « Couvent des Sœurs Noires », dans le centre de Lier. La façade extérieure, ainsi que le jardin, situé à l’intérieur, étaient ornés de décors monumentaux, une forêt de sapins stylisés était implantée dans la cour du couvent. Toutes les nombreuses salles restituaient chacune une ambiance différente et rivalisaient d’élégance et de raffinement.

Les cerisiers en fleurs accueillaient les visiteurs

L’entrée était transformée en jardin de cerisiers en fleurs, tel un jardin japonais. La cuisine du couvent, avec son sapin décoré de gâteaux et ses couronnes de Noël, exhalait une bonne odeur de pain d’épice. Les salons mettaient en valeur d’étranges structures tressées en rameaux de  cornouiller, plus stylisées les unes que les autres.

Les corbeilles de fleurs, telles d’immenses corolles, et un sapin en forme de spirale géante suspendu au plafond étaient là aussi pour surprendre et étonner.

Le point d’orgue de l’exposition était la Chapelle où les arceaux en sapin ornés d’une pluie d’orchidées, de la neige sur le sol et une musique céleste ont composé un univers féérique. Après un repas convivial, l’après-midi fut consacré à la visite du Béguinage inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et de la boutique de Stef Adriaenssens.

Valérie Lehmann