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La section AAO en déplacement en Essonne et Seine-et-Marne

Excellente journée hier en Essonne et en Seine et Marne organisée par la section AAO (Arbres et Arbustes d’Ornement) de la SNHF.

Une matinée délicieuse

Matinée “délicieuse” au jardin de Berville à la Genevraye (prix Bonpland 2016)  avec France Jobert , terminée par un déjeuner végétarien excellent, réalisé avec les produits du jardin potager.

 

Les couleurs d’automne débutantes (cornus, liquidambar, érables, nyssa, fusains etc), les fleurs du moment ( asters, anémones du japon, sedum etc.) et l’eau très présente dans la propriété nous ont  ravi.
Le potager “classique”  et les buttes de permaculture débordaient de beaux légumes : poireau, carotte, radis japonais, mizuna, moutarde, amaranthe, chou kale etc..

Les Jardins de Berville en Seine-et-Marne . Prix bonpland 2016

Nichés dans le Gatinais, les jardins de Berville ouvrent à la visite pour la première fois au mois de juin 2015. Au cœur d’une propriété du XVIIè siècle longée par le canal du Loing, ces jardins de 6 ha, ont été imaginés il y a 20 ans par une passionnée-collectionneuse de plantes.

Qu’ils soient botaniques, arbustifs, couvre sol ou lianes les rosiers sont présents dans toute la propriété ; ils envahissent les murs, berges et massifs. De mi-mai à fin juin c’est une explosion de couleur et de parfum. Le potager clos de murs est composé de 2 grands mixed-border ou les vivaces, pivoines et rosiers cohabitent avec les légumes anciens et insolites. Ces grandes plates-bandes fleuries encadrent les carrés du potager cultivé biologiquement en respectant les rotations des cultures et l’association des légumes. La biodynamie est testée depuis 1 an.

Trois vergers, dont un expérimental sont plantés de variétés anciennes : cerisiers, pommiers, poiriers, pruniers… Le verger expérimental est un verger planté classiquement puis transformé avec l’installation de 8 grandes buttes en verger permaculturel appelé également « jardin forêt ».

Inspirées des méthodes de Seep Holzer et de Richard Wallner ces buttes sont devenues essentielles, à la fois pour une production plus importante de légumes mais aussi pour un confort de travail. La culture de plantes nourricières est privilégiée, autant pour la consommation de la propriété que pour les oiseaux, insectes et les autres auxiliaires.

Autour d’un ruisseau et d’une pièce d’eau « Le Jardin Anglais » (ayant existé au 19 siècle) est planté d’essences remarquables. Il est à l’automne éclatant de couleurs.

Ce grand jardin est en totale harmonie avec le cadre naturel et le romantisme du lieu. La diversité des plantations, le respect de la nature offrent aux visiteurs une promenade pleine d’émotions et d’enseignements.

Une après-midi passionnante

Après-midi passionnante au domaine de Courances, plus particulièrement dans la plaine située entre le château de Courances et le château de Fleury-en-Bière (propriétés de la famille de Ganay) où Julien Plasse et ses collègues nous ont accueillis.

Au programme : explication du projet de la ferme de Chalmont,  de la grande culture bio, de l’agriculture de conservation, de l’agroforesterie, du maraîchage sur sol vivant et maraîchage bio.

Des sujets actuels très intéressants qui ont captivé l’attention des participants jusqu’à 18 h 30.

L’aventure agricole à Courances en Essonne

Rares sont les châteaux à détenir encore un territoire agricole. Et surtout à 50 kms de Paris ! Sur près de 500 ha, à l’extrémité ouest de la Forêt de Fontainebleau, entre le château et le village de Courances (91) et ceux de Fleury-en-Bière (77), d’ouest en est, s’étend donc un ensemble de champs, d’un seul tenant, coupé seulement par l’autoroute du Sud, (juste au nord du péage de Fleury).

Dix cousins propriétaires ont choisi d’y tenter une nouvelle agriculture, de passer de l’agriculture conventionnelle à l’agroécologie et à l’agriculture biologique. Progressivement, en ne labourant plus, en ne laissant plus de sols nus, en pratiquant les semis sous couverts de l’agriculture de conservation pour reconstituer la vie des sols.

A l’hiver 2014-2015, le plus important projet d’agroforesterie (70 ha) en Ile-de-France sera mis en place dans ce même but de remettre de la vie dans les sols. Une cinquantaine d’hectares de légumes en plein champ bio, irrigués est également prévue – un maraîchage à une autre échelle que le nouveau potager bio (en 2015) du château (2.8 ha) !

Les camélias, des fleurs durant 8 mois !

Pour le commun des mortels, les camélias sont en fleurs du milieu de l’hiver au milieu du printemps.

C’est effectivement la période essentielle, le « gros du peloton » (80 à 90% des variétés horticoles) fleurit de février à mi-avril : mais si on aime, que la passion l’emporte, que l’on souhaite prolonger cette période, c’est tout à fait envisageable avec les camélias précoces qui démarrent dès le mois d’octobre et pourquoi pas aller jusqu’à la fin mai avec les plus tardifs.

Précisons au préalable que l’on retient ici, les périodes de floraison dans les régions aux hivers et printemps doux (Bretagne, côte atlantique, Manche), où le climat convient le mieux aux camélias et correspond à ses régions d’origine. Dans les zones plus septentrionales à l’hiver plus marqué, les fleurs sont naturellement moins présentes de décembre à février, ce qui provoque une explosion de la floraison sur mars et avril.

D’une année à l’autre, dans la même région, il y a également des variations liées aux facteurs climatiques changeants : été plus ou moins sec (période où se forment les boutons), automne et hiver plus froids que la normale…

Pour être complet dans l’approche, il faut aussi souligner que l’emplacement du jardin et la place des camélias dans le jardin ont aussi leur influence sur la période et la durée de la floraison (l’exposition au nord et à l’ombre retardant la période d’épanouissement).

Pour rester sur une image « Tour de France », nous allons donc évoquer les cultivars qui font la course en tête, ceux qui fleurissent dès l’automne et finir par la queue du peloton, ceux qui permettent de profiter d’une floraison tardive, jusqu’à fin mai suivant les années.

A l’automne, les fleurs sont quand même plutôt rares au jardin, raison de plus pour apprécier Camellia sasanqua au port buissonnant, aux petites feuilles et petites fleurs très faciles à associer dans les massifs ou haies fleuries, y compris au soleil car cette espèce le supporte bien et même y fleurit plus abondamment.

camélias ‘Pink Goddess’ © Pépinières Stervinou
‘Pink Goddess’ © Pépinières Stervinou

Ces variétés de C. sasanqua fleurissent pour la plupart d’octobre à décembre : le choix est vaste, citons-en quelques-uns parmi les meilleurs :

En rose : ‘Plantation Pink’, vigoureux et dense idéal en haie. ‘Showa no Sakae’, bien parfumé, au port retombant adapté aux pentes ou aux poteries. ‘Pink Goddess’, grandes fleurs simples parfumées sur une plante dressée au port régulier.

En blanc : ‘Early Pearly’, fleur parfaite et ‘Survivor’, petites fleurs lumineuses sur un feuillage vert sombre.

camélias ‘Yume’ © Pépinières Stervinou
‘Yume’ © Pépinières Stervinou

En rouge : ‘Hiryu’ (kanjiro) est une valeur sûre, excellent en haie libre ou formée. ‘Yuletide’ aux petites fleurs simples rouge vif est aussi remarquable pour sa floraison de Noël (novembre-janvier).

A la même période, ‘Yume’ (x de sasanqua) aux fleurs bicolores rose et blanc est un cultivar de petite taille, charmant en pot.

Dès la Toussaint en Bretagne et courant novembre, apparaissent les tout premiers camélias «classiques» à grandes fleurs : trois variétés anciennes, connues des amateurs peuvent garnir les bouquets, les tables de fin d’année : ‘Nobilissima’, un blanc de référence datant du 19e siècle ; ‘Gloire de Nantes’, rose semi-double très florifère à croissance lente et un peu plus tard (décembre) ‘Madame Lourmand’, autre variété nantaise, fleurs simples blanc pur.

A ces anciens, il faut absolument ajouter, parmi les précoces, certains hybrides plus récents, de grande valeur : ‘Freedom Bell’, rouge vif en clochettes ; ‘St Ewe’, très vigoureux aux fleurs simples rose vif ; ‘Inspiration’, fleur plus grande que ‘St Ewe’.

Certains C. japonica pointent aussi le bout de leur corolles dès la fin décembre : ‘Takanini’, rouge foncé, très florifère ; ‘Ave Maria’, floraison classique rose tendre ; ‘Sanpei Tsubaki’ et d’autres…

camélias ‘Madame Lourmand’ © Pépinières Stervinou
‘Madame Lourmand’ © Pépinières Stervinou

Ne pas oublier l’espèce C. transnokoensis, aux fleurs blanches miniatures parfumées.

Nous l’avons dit, février à début mars voit éclore l’essentiel des cultivars de C. japonica et ses hybrides (impossible de les citer, tellement ils sont nombreux !) ainsi que les hybrides de C. reticulata, à très grandes fleurs (et qui aiment le soleil !). Les camélias champêtres, espèces ou hybrides à petites fleurs et petites feuilles, sont aussi au mieux de leur floraison en cette fin d’hiver.

A la fin de la débauche des fleurs apportée par les mois de mars et avril, il serait dommage d’oublier les retardataires qui accompagnent la floraison les azalées, rhododendrons et autres arbustes printaniers.

Voici une petite sélection de ces camélias tardifs, qui suivant les années et la précocité du printemps, peuvent encore être en fleurs à la fin du mois de mai :

Dans les coloris rose, citons : ‘Spring Formal’, rose vif classique ; ‘Nuccio’s Caméo’ à grandes fleurs ; ‘Kerguelen’, au feuillage argenté ; les hybrides ‘Olé’ et ‘Mimosa Jury’ ; ‘Spring Festival’, un hybride à petites fleurs de grand intérêt.

camélias ‘Kerguelen’ © Pépinières Stervinou
‘Kerguelen’ © Pépinières Stervinou

Dans les rouges : ‘Black Lace’, ‘Holly Bright’ au feuillage de houx, ‘Blood of China’ ou ‘Margherita Coleoni’, très vigoureux et bien sûr le célèbre ‘Coquettii’.

Parmi les derniers C. japonica blancs à fleurir, on ne peut qu’admirer ‘Janet Waterhouse’, ‘Nuccio’s Gem’ ou ‘Dahlonega’, légèrement teinté de jaune primevère.

Nous sommes début septembre, il ne reste plus qu’un mois à attendre avant de voir apparaître les premières fleurs de la prochaine boucle !

Martine Soucail et Alain Stervinou pour la section AAO

camélias ‘Holly Bright’ © Pépinières Stervinou
‘Holly Bright’ © Pépinières Stervinou

La taille « douce » des arbustes

Consciente de la multiplicité des interactions de nombreux facteurs pour chaque plante, j’ai cherché à simplifier les données. Mon but a été d’aider les jardiniers amateurs en dégageant les règles essentielles de taille.

Dans cet esprit de simplification, j’ai fait le choix de ne pas aborder les différents rôles des bourgeons apicaux ou axillaires, végétatifs ou floraux.

Pourquoi tailler ?

Le jardinier doit garder à l’esprit 2 buts essentiels de la taille :

  • stimuler la vigueur végétative de l’arbuste pour maintenir le volume et en dégager le port général,
  • favoriser la floraison.

Attention, certaines plantes fleuriront d’autant plus qu’elles ne sont pas taillées (cornouiller mâle, la plupart des viornes, cognassier du Japon, céanothes persistants…)

La taille doit donc tenir compte de 3 facteurs qui déterminent :

« Quand tailler » : l’époque et le site de fleurissement

« Comment tailler » : le mode de renouvellement des rameaux

Hibiscus syriacus

la taille douce des arbres

Automne année 1

la taille douce des arbres

Automne année 2

la taille douce des arbres

Taille hivernale

Quand tailler ?

Il y a, en règle générale, 2 périodes fortement déconseillées pour la taille :

  • juste avant la chute des feuilles. En effet il faut laisser aux substances nutritives accumulées dans les feuilles le temps de migrer vers l’intérieur pour une bonne mise en réserve,
  • juste au débourrement. Car ce sont les jeunes feuilles qui vont permettre à la plante de repartir. (sauf si on veut, a contrario, retarder le développement de la plante.)

Les périodes conseillées vont dépendre de :

L’époque de floraison :

  • hivernale : tailler après la floraison, en fin d’hiver.
  • printanière : tailler de référence après la floraison pour les arbustes acrotones. Les arbustes basitones peuvent être taillés en éclaircie sur souche en hiver, sans raccourcir les rameaux conservés.
  • estivale : prévoir une taille hivernale.

L’époque de l’induction florale qui détermine le site de fleurissement :

  • de longs mois avant l’épanouissement des fleurs pour les plantes fleurissant sur les bois d’1 an ou plus,
  • quelques semaines avant l’épanouissement des fleurs pour les plantes fleurissant en été sur le bois de l’année.

Site de fleurissement :

  • plantes fleurissant sur les bois d’1 an ou plus : tailler après la floraison.
    Exemples : Abelia, céanothe à feuillage persistant, ciste, Deutzia, Escallonia, Forsythia, Hydrangea macrophylla, serrata, quercifolia, Kerria, Neillia, Philadelphus, Physocarpus, spirées de printemps, Syringa, Weigelia, Wisteria.
  • plantes fleurissant sur les bois de l’année : tailler en fin d’hiver. Exemples : Campsis, Caryopteris, céanothe à feuilles caduques, Ceratostigma willmottianum, Diervilla, Fuchsia magellanica, Hibiscus, Hydrangea ‘Annabelle’, Indigofera, Lagerstroemia, lavatère, Lespedeza, Leycesteria, Perovskia, Phygelius capensis, rosiers remontants, spirées d’été, Vitex.

Comment tailler ?

Avant tout, il faut comprendre la classification des arbustes suivant leur mode de renouvellement des rameaux : basitone, mésotone ou acrotone.

Arbustes basitones

Basitonie : faculté de la plante à développer chaque année à partir de la souche ou à partir de la base des rameaux, des ramifications (peut disparaitre en l’absence de taille).

Les arbustes basitones sont régénérés à la base en supprimant de vieux bois.

Exemples : Abelia, Caryopteris, Cornus alba, petits Deutzia, Fuchsia magellanica, Kerria japonica, Perovskia, petits Philadelphus, Potentilla, Rubus idaeus (framboisier), Salvia grahamii, Spiraea, Weigelia.

Arbustes mésotones

Mésotonie : faculté de la plante à développer vers le milieu des rameaux préexistants des pousses vigoureuses (avec une perte de vigueur des rameaux de plus d’1 an).

Les arbustes mésotones accroissent leur volume soit à partir de rameaux verticaux (par exemple le Sambucus), soit à partir de rameaux inclinés (par exemple le Kolkwitzia).

Pour ces arbustes la taille n’est pas une nécessité mais permet une limitation du volume et une régénération partielle des rameaux.

Exemples : grands Berberis, Buddleja alternifolia, Cotoneaster, Deutzia, Kolkwitzia, grands Philadelphus, Sambucus.

Arbustes acrotones

Acrotonie : faculté de la plante à développer plus fortement les bourgeons situés à l’extrémité des rameaux de l’année précédente que ceux situés à leur base ou sur la souche.

Les arbustes acrotones forment des rameaux vigoureux à longue durée de vie. La taille permet une mise en valeur de la structure. L’acrotonie peut être stricte, c’est-à-dire que la souche n’émet aucun rejet et que l’arbuste ne se développe que par le prolongement des rameaux préexistants.

Exemples : Buxus, Callistemon, c éanothes persistants, Cercis, Elaeagnus persistants, Euonymus persistants, Ilex, Ligustrum, Malus, Osmanthus, Photinia, Pieris, Prunus, Pyracantha, Viburnum tinus.

L’acrotonie peut être forte avec une basitonie plus ou moins importante. Le renouvellement des rameaux se fait simultanément sur la souche et à partir des rameaux préexistants.

Exemples : Amélanchier, Chaenomeles japonica, Corylus avellana, Syringa, nombreux Viburnum.

Attention : il est rare qu’une plante n’ait qu’un mode de renouvellement des rameaux. Elle présente simplement une tendance plus ou moins forte vers un de ces trois modes.

Les méthodes conseillées

Il y a différents types de taille en fonction du mode de renouvellement des rameaux :

Recépage annuel (rabattage total sur souche) : juste en fin d’hiver

Arbustes concernés : ceux dont le bois meurt pendant l’hiver sous nos climats, fleurissent sur le bois de l’année et ont une basitonie variable.

Exemples : Artemisia, Ceratostigma willmottianum, Elsholtzia stauntonii, Fuchsia magellanica, Indigofera, lavatère, Lespedeza, Leycesteria, Perovskia, Phygelius capensis, Salvia grahamii.

NB : Il est possible de laisser une charpente à Ceratostigma, Indigofera, Lespedeza, Salvia.

Taille sur charpente qui confère une stature plus élevée et un port plus rigide : en fin d’hiver.

a

a + 1

a + 2

Arbustes concernés : ceux capables de former une charpente ou dont les bois d’un an ne gèlent pas, fleurissent sur le bois de l’année et ont une forte acrotonie.

Exemples : Campsis, Caryopteris, céanothes caduques, Hibiscus, Hydrangea arborescens, paniculata, rosiers remontants.

Sélection des bois d’un an sur souche ou suppression sur la souche d’un tiers des rameaux par an (pour aérer la souche et favoriser le départ de nouvelles pousses) : en fin d’hiver.

Arbustes concernés : végétaux de développement assez faible et à basitonie forte.

Exemples : Cornus alba, Hydrangea ‘Annabelle’, Kerria, potentilles, spirées d’été.

Réduction du volume à la cisaille.

Arbustes concernés : Ceux strictement acrotones, n’ayant aucune basitonie ni aucune aptitude à repercer sur bois âgé dépourvu de feuilles. Les jeunes bois doivent être taillés régulièrement à la cisaille pour les régénérer.

Exemples : Buxus, Cistus, Cytisus, Erica et Calluna, Genista, Lavandula, Rosmarinus, Salvia officinale, Santolina, Teucrium, Thymus.

Eclaircissage de branches et mise en valeur de la structure.

Arbustes concernés : ceux à forte acrotonie avec ou sans mésotonie.

Basitonie, mésotonie, acrotonie peuvent être des termes rébarbatifs. Mais en regardant nos plantes, on en comprend bien le sens. Par exemple, la spirée d’été a une souche qui s’élargit, on la dit basitone. Le buis n’a qu’un seul pied, dont les rameaux grandissent. Il n’émet aucun rejet de façon naturelle. On le dit acrotone.

Tailler n’est plus alors une tache obligatoire et parfois fastidieuse. En plus des 2 buts cités en introduction, elle offre le plaisir de comprendre la plante et de l’aider à « s’épanouir » pour embellir notre jardin.

Texte de Nicole Sallé, membre de la section AAO
Schémas de Pascal Prieur

Bibliographie

PRIEUR Pascal, La taille raisonnée des arbustes d’ornement, Editions Ulmer, 2006, 256 p.

Février : c’est le moment d’élaguer !

Tous les mois, retrouvez les conseils de la section arbres et arbustes d’ornement pour bien entretenir vos plants, découvrir ou redécouvrir des variétés originales…

La nature est endormie et dans certaines régions, sous la neige. Mais la section AAO (Arbres et arbustes d’ornement) veille !

C’est le moment d’élaguer vos arbres d’ornement pour leur donner ou leur conserver une structure.

Après le nettoyage des branches mortes ou dangereuses, il faut supprimer les branches malingres et celles qui reviennent vers le centre de l’arbre.

Ensuite, vous pouvez continuer en effectuant une taille de transparence. Comme son nom l’indique, cette taille n’arrête pas le regard et permet de profiter de la vue et des plantations effectuées plus loin, tout en donnant plus de lumière et donc plus de place pour des plantations sous leurs ombrages.

élaguer vos arbres et arbustes d’ornement
La première opération est assez facile à réaliser. La seconde demande du temps car chaque geste effectué doit l’être avec une notion esthétique.

Cela demande un peu plus de réflexion mais le résultat en vaut la peine et il est aussi valorisant pour l’arbre que pour celui qui a réalisé ce toilettage !

Et si votre jardin vous laisse encore un peu de temps, admirez ces beaux résineux rencontrés et identifiés à l’Arboretum de Chèvreloup lors de notre sortie le 31 janvier avec Georges Callen.

Cedrus atlantica avec ses cônes entiers au premier plan et au second plan, les « chandelles » qui subsistent lorsque les cônes ont perdu leurs écailles.

Deux beaux juniperus chinensis Aurea.

Janvier : les conseils de la section AAO

Tous les mois, retrouvez les conseils de la section arbres et arbustes d’ornement-camélia pour bien entretenir ses plants, découvrir ou redécouvrir des variétés originales…

Janvier : les conseils de la section AAO

Arroser les camélias

Pour les camélias particulièrement mais pour les arbustes persistants en général  !

Mettre un paillage avant le froid d’environ 15 cm pas plus, sans enterrer le collet et à 5 cm autour du tronc.

En période de grand froid et si la terre est sèche et non gelée, il faut penser à arroser.

Écarter le paillis et arroser à l’eau tiède et non calcaire, sur les 50 cm du paillis autour de l’arbre.

Remettre le paillis sans couvrir le collet et recommencer l’opération si nécessaire (quantité d’un arrosoir).

Attention, le camélia n’aime pas la neige. Il faut le protéger ou secouer l’arbuste pour faire tomber la neige.

Les camélias en fleurs

Après les Camellia sasanqua, les Camellia japonica prennent le relais. Le Camellia x williamsii ‘Ste Ewe’, rose vif, simple est magnifique en ce mois de janvier.
Certains Camellia sasanqua sont toujours en fleurs.

Des arbustes à découvrir

Le Chimonanthus praecox

Merveilleuse douceur d’hiver, le Chimonanthus praecox est un arbuste caduc originaire de Chine qui porte sur ses rameaux dénudés des fleurs en coupe de 2 à 3 cm de diamètre, jaune ivoire, cireux à cœur marron pourpré et très parfumées en janvier-Février.

Janvier : les conseils de la section AAO
KENPEI, CC BY-SA 2.1 jp, via Wikimedia Commons

De croissance lente, il peut atteindre 3 mètres  de haut sur 2 mètres de large dans un sol même calcaire mais bien drainé et une exposition abritée du vent.
N’hésitez pas à le planter. Il est sans problème.         

Le Correa backouseana

Un arbuste persistant peu connu : le Correa backouseana est un arbuste à petites feuilles rondes,  qui se couvre de clochettes jaune pâle pendant tout l’hiver.

D’une rusticité moyenne, (-6 -7), résistant aux embruns, il se plaira  dans les régions océaniques mais aussi dans des endroits protégés.

Retour sur les inondations de printemps [section AAO]

L’eau du ciel, cette bien aimée !

Elle nous est indispensable à tous et pour ma part, je l’aime autant que le soleil. Mais parfois il y en a trop, ce fut le cas ce printemps, fin mai début juin, en Essonne, dans la communauté de communes du Val d’Essonne , dans le secteur de Mennecy, Ballancourt, Auvernaux.

retour sur les inondations du printemps 2016

Les terrains agricoles de toute la plaine environnante étant saturés d’eau ainsi que les fossés de drainages et les mares existantes qui la recueillent, l’eau a comblé tous les points bas et a mis plus d’un mois à disparaître, laissant quelques dégâts au passage…

Le bilan après l’évacuation de l’eau

Les plantations existantes dans les cuvettes ont été noyées , et lors du bilan après l’évacuation de l’eau, la résistance des végétaux fut intéressante à constater.

Certaines plantes ont été très sensibles à l’asphyxie des racines : Choisya ternata, Viburnum tinus, Cotoneaster franchettii, d’autres moins sensibles et de nombreuses ont très bien résisté ou ont fait de nouvelles pousses deux mois plus tard.

Toute la partie potager avec oignons, tomates, haricots vert, pommes de terre courges et courgettes n’a bien sûr pas survécu.

Les plantes qui n’ont pas résisté Les plantes qui repartent au bout de deux mois Les plantes ayant bien résisté mais à suivre
Prunus lusitanica Forsythia Cassis
Ligustrum japonicum Rosier ‘Pierre de Ronsard’ Liquidambar
Corylus contorta   Quercus ilex
Cotoneaster franchetti Ficus carica
Viburnum tinus Deutzia gracilis
Prunus ‘Reine Claude’ Juglans
Prunus cerasus Euonymus japonicus
Prunus domestica Rosier ‘Ghislaine de Féligonde’
Photinia Betula
Philadelphus  
GROSEILLER
FRAMBOISIER
Lonicera fragrantissima
Choisya ternata
LIERRE (en tapis sous les arbustes)

Des travaux d’ampleur importante : nettoyage des fossés, vidage des mares pour désenvasement et nettoyage, agrandissement ou création de nouvelles mares ont été réalisé ou sont en cours d’étude pour remédier à ce problème.

nettoyage des fossés, vidage des mares pour désenvasement et nettoyage, agrandissement ou création de nouvelles mares

 

En Île-de-France et en province, des dégâts matériels importants ont été constatés lors de ces  inondations du printemps 2016  et les grosses pluies, les tornades ou les ouragans font des ravages partout dans le monde, en ce moment à Haiti… avec des dégâts énormes qui donnent froid dans le dos quand on voit l’ampleur des dégâts et le nombre de victimes.

Il faut compter avec Dame Nature  qui nous offre aussi des moments paisibles…

Claudine de la section AAO

[section AAO] Les arbustes font de la résistance !

Malgré les journées ensoleillées, les matinées et les nuits d’octobre sont fraîches. L’automne est là et petit à petit, le jardin tombe dans une douce léthargie sans sombrer pour autant dans une « langueur monotone ».

En observant bien son jardin, on constate que courageusement quelques plantes fleurissent encore ou bien attirent l’attention par leur fructification.

Petit inventaire de ces arbustes qui font de la résistance

 

Dans la famille Abelia : Abelia grandiflora n’en finit pas de fleurir pour accompagner son cousin Abelia chinensis, actuellement en pleine floraison. Ce dernier joue la vedette en diffusant son délicieux parfum aux alentours.

Arbustes
Abelia Grandiflora CC-BY-2.0 Juni de Kyoto, Japan

L’Heptacodium miconioides  avec sa floraison blanche et légèrement parfumée a pris un peu de retard et certains sont en fleurs actuellement. Nous avons décrit cet arbuste peu connu dans notre bulletin 2015.

Heptacodium miconioides
Heptacodium miconioides

Le Camellia sasanqua, peu répandu dans les jardins, est pourtant un bel arbuste qui fleurit à l’automne, solide et très florifère, parfumé,  dont la floraison précède celles des camélias japonica de plusieurs mois et, qui plus est, accepte le plein soleil. A découvrir absolument.

CC-BY-2.0 junichiro aoyama
Camellia sasanqua CC-BY-2.0 junichiro aoyama

Deux fructifications originales

Celle du Leycesteria formosa appelé arbre aux faisans.

Et celle du petit arbre injustement méconnu le Clerodendron trichotomum décrit dans notre bulletin AAO sorti en septembre 2016  dont les fructifications sont spectaculaires.

Éliane de Bourmont, présidente de la section AAO

Leycesteria formosa CC-BY-2.0 H. Zell
Leycesteria formosa CC-BY-2.0 H. Zell
Clerodendrum trichotonum
Clerodendrum trichotonum

[Section AAO] Visite du fruticetum de l’école du Breuil

Le 18 mai dernier, la section arbres et arbustes d’ornement se rendait à l’école du Breuil pour une visite du fruticetum.

Ce domaine – ouvert au public – comprend un arboretum qui compte plus de 1200 arbres d’une part et d’autre part la partie jardins de 13 ha où sont implantés les bâtiments de l’école.

Les jardins comprennent des carrés de vivaces, un jardin de rocailles, un plan d’eau aménagé, une roseraie, des vergers, un jardin de plantes dites commerciales (les annuelles) et enfin le fruticetum, jardin botanique spécialisé dans la présentation d’arbustes.

fruticetum de l’école du Breuil

Un fruticetum est un jardin botanique spécialisé dans la présentation d’arbustes.

La visite

Nous sommes accueillis par Gérard Barbot, directeur des études. Lors de notre cheminement jusqu’au fruticetum, il nous présente les lieux, leur histoire et leur fin pédagogique, leur rôle dans le cadre de la formation des futurs jardiniers paysagistes.

fruticetum de l’école du Breuil

A titre d’exemple, dès l’entrée se trouvent des carrés de plantes vivaces entourés de petites haies différentes : aubépine, laurier-tin, weigélia et en particulier Syringa x laciniata ou lilas persil formant une haie au feuillage très découpé et léger, d’un beau vert franc en cette saison.

fruticetum de l’école du Breuil

Nous longeons une plate-bande de vivaces et nous remarquons qu’elles sont toutes soigneusement étiquetées comme le sont d’ailleurs tous les végétaux du jardin. En effet, les étudiants doivent apprendre entre autres choses le nom de toutes ces plantes et c’est d’une grande utilité pour la visite.

De l’autre côté se trouve un jardin de rocaille sous les arbres, joliment planté de petits œillets, d’ancolies, d’heuchères…

 

Le zéro pesticide à l'école du Breuil

Les bâtiments de l’école se trouvent au fond de la roseraie. On en profite pour nous expliquer les difficultés rencontrées lors du passage au « zéro phyto, zéro engrais et le moins d’entretien possible » pour tout le jardin, mais en particulier pour la roseraie et le verger. nous avons également parlé de l’intérêt du mélange des plantes pour limiter l’expansion de maladies, notamment. Ainsi on conçoit maintenant une roseraie avec des roses et des vivaces.

fruticetum de l’école du Breuil

L'école du Breuil

L’école du Breuil assure la formation à différents niveaux (Bac pro, BTSA, licence professionnelle) aux métiers de l’aménagement paysager : jardinier, chef de chantier, chef d’entreprise de paysage.

http://www.ecoledubreuil.fr/

Retrouvez la suite de cet article de Monique Gervais et bien d’autres dans le prochain bulletin AAO à paraître à l’automne.

Arbres et arbustes d’ornement

section arbres et arbustes d'ornementLa section AAO est une section généraliste, large porte d’entrée à la SNHF. Conviviale, elle se réunit régulièrement pour proposer des activités variées aux amateurs intéressés par le végétal et plus spécialement les arbres et arbustes d’ornement mais aussi pour échanger et enrichir les connaissances des uns et des autres par le partage de leurs expériences.

Par ses activités diverses et ses contacts avec les professionnels, elle aide ses adhérents à découvrir des plantes, à savoir les utiliser et enrichir ainsi  la palette végétale de leur jardin.

Dans son rôle de diffusion du savoir, elle participe aussi aux différentes actions de la SNHF (Hortiquid, fiches plantes etc..)

Eliane de Bourmont, présidente de la section AAO

Les activités

section arbres et arbustes d'ornementUne section voyageuse

La section organise tout au long de l’année de nombreuses visites de jardins et de parcs exceptionnels comme la vallée aux loups, l’arboretum Vilmorin de Verrières-le-Buisson, le potager du roi à Versailles ou encore le jardin de Camille They à Saint Denis, lauréate du prix Bonpland.

Une section impliquée dans les différents projets de la SNHF
  • lors du prix Bonpland
  • dans le jury du prix de la SNHF à Saint-Jean de Beaureagard
  • dans le réseau des experts HortiQuid, le service de réponse aux questions dédié aux jardiniers
Les éditions de la SNHF

La section AAO édite chaque année en septembre un bulletin dans la collection plantes et botaniques de la SNHF.

Les projets

section arbres et arbustes d'ornementDeux voyages sont en projet, le premier en Rhône-Alpes et le second en Bretagne à l’occasion du pré-congrès de L’International Camellia Society en 2017. Ainsi qu’une présentation d’un jardin “beau” toute l’année avec la section  Art des jardins.

Le lancement d’une journée ou d’une soirée « Forum, table ronde ». L’objectif :  réunir les membres des différentes sections et échanger sur leur domaine d’expertise respectif.

J’ai adhéré à la section AAO pour le plaisir de rencontrer des amateurs éclairés, partager nos connaissances, et ainsi progresser.

Au sein de la section, les activités et donc les demandes de participation, sont très variées. C’est très enrichissant et très motivant de s’intégrer à une équipe où chacun peut apporter sa contribution selon ses compétences.

Je me sens, grâce à cette implication active, faire partie de la grande famille de la SNHF.

Nicole Sallé, membre de la section AAO

Multipliez les camellias

Retrouvez tous les conseils de la section pour multiplier les camellias.

Le greffage

La meilleure saison pour greffer vos camellias se situe de février à avril, avant le départ de la végétation.
Les porte-greffes ont vécu 3 à 5 ans dans leurs pots. Ils mesurent environ 5 à 10 millimètres de diamètre.

Après l’avoir étêté, fendez votre porte greffe selon la diagonale, sur 2 cm de longueur. Le greffon est une brindille de l’année précédente. Gardez trois feuilles et raccourcissez-les afin de diminuer l’évaporation. Taillez votre  greffon en biseau.

Insérez le greffon. Les cambiums du greffon et du porte-greffe doivent être en contact. Ligaturez (raphia par exemple) et recouvrez d’une bouteille en plastique qui maintiendra l’atmosphère humide.

Placez dans un endroit abrité et ombragé. N’arrosez pas avant le démarrage du greffon. Puis, arrosez avec parcimonie. Aérez légèrement en enlevant le bouchon de la bouteille Quand les premiers bourgeons apparaissent, habituez la plante à l’air ambiant en enlevant progressivement le bouchon de la bouteille puis toute la bouteille. Déplacez progressivement la plante vers un espace plus lumineux.

Le marcottage

Vous devrez enterrer une branche basse de l’arbuste ou la recouvrir d’une butte de terre après l’avoir ancrée au sol.

Auparavant vous aurez prélevé sur cette branche, à l’endroit que vous désirez enterrer, un anneau d’écorce  de 2 centimètres de longueur.

Vous devrez saupoudrer ou badigeonner cet anneau d’hormone de bouturage. N’oubliez pas de supprimer une partie du feuillage.

Le marcottage aérien

Choisissez l’extrémité d’une branche vigoureuse. Découpez et supprimez un anneau d’écorce de 2cm de longueur.

Saupoudrez ou badigeonnez  d’hormone de bouturage. Entourez la blessure de mousse des bois.

Empaquetez avec du papier d’aluminium et fermez aux deux extrémités de votre manchon. Les racines apparaitront au mois de juin.  Vous planterez votre camellia après l’avoir sevré du pied mère en septembre / octobre.

Françoise Brivet
section Camellia