Cours d’illustration botanique

L’approche scientifique, la mémorisation, la transmission passent aussi par ce geste qui nous vient de la nuit des temps :

le trait, la trace, l’empreinte, la gravure

Cette connaissance est archivée et permet à des générations chaque fois éblouies d’apprendre et de comparer.

La SNHF a toujours été attentive à cet Art qu’est La peinture botanique qu’elle archive aussi dans sa remarquable bibliothèque.

La Section Beaux Arts invitera très prochainement Elisabeth Vitou comme professeur pour accueillir des élèves passionnés par cet Art exigeant sous forme de stages dans ses murs mais aussi in situ dans des Jardins ou lors de voyages d’observations.

EN 2018, la section Beaux Arts de la SNHF vous propose de suivre des ateliers de 3 jours de cours d’illustration botanique.

Prochaine session : 24, 25 et 26 mai 2018

Durant 3 jours, Elisabeth Vitou, membre de la Société française d’illustration botanique, qui a suivit une formation à l’illustration botanique dans l’atelier de Béatrice Saalburg, transmettra sa passion pour cette discipline à la Société Nationale d’Horticulture de France.

L’illustration botanique

L’illustration botanique est une discipline artistique de la botanique qui consiste à représenter la forme, la couleur et les détails des espèces de plantes, souvent en aquarelle sur une planche botanique, mais parfois aussi en pastel ou en gravure. Cette représentation botanique a un but pédagogique et scientifique.

Regarder le végétal autrement

Peindre le végétal est plus qu’une pratique artistique : c’est une manière de méditation. La discipline demande patience et concentration. La récompense est dans le regard des autres qui souvent n’avaient pas vu la plante sous l’aspect décrit par le peintre et s’étonnent des détails apportés par l’artiste. C’est lui qui montre son sujet en lui imprimant son savoir-faire.

L’aquarelle botanique requiert de la précision et du soin ; on dit qu’il s’agit d’une « aquarelle sèche » car on y utilise peu d’eau. Pour rendre la transparence et la profondeur des couleurs d’une fleur il faut souvent de nombreux « passages » de pigments. L’ombre et la lumière doivent circuler et la composition du dessin est très importante pour rendre compte des spécificités du sujet.

Il existe quelques conventions dans une peinture botanique. Par exemple, la lumière vient toujours de la gauche et on ne représente pas l’ombre portée.

Quelques aspects techniques

La plante continue à vivre et il arrive qu’elle meurt avant qu’on ait eu le temps d’achever son travail. Le dessin permet de continuer à travailler alors que le sujet n’est plus exploitable. Mais si le dessin préalable n’est pas bon, l’aquarelle ne le sera pas non plus.

Certains peintres botaniques dessinent leurs sujets à l’extérieur avec précision et prennent des notes de couleurs et des photos puis achèvent leur travail dans l’atelier. Une technique largement utilisée consiste à dessiner son sujet grandeur nature sur une feuille de croquis, puis à le reporter sur une feuille d’aquarelle grâce au calque. Le calque en noir et blanc permet également de mieux comprendre les ombres et les lumières.

Le matériel

Encres et crayons :
Pour le dessin plus scientifique on peut utiliser l’encre de chine. On peut aussi choisir de représenter une partie du sujet à l’encre de chine. Les crayons de couleur, aquarellables ou non, sont également très populaires et donnent de très jolis effets. On peut aussi peindre à la gouache.

Papiers :
Auparavant on peignait sur parchemin (peau de chèvre ou de mouton) et sur vélin (peau de veau mort-né). Bien que l’aquarelle botanique soit dite « sèche » on a besoin d’un papier épais grammage 300 g voire 640g. On utilise un papier satiné qui permet de travailler en détail et qui ne laisse pas l’eau stagner dans les creux comme pourrait le faire un papier torchon.

Pinceaux :
Ils sont le plus souvent fins. En poil de martre ou d’écureuil. Leur qualité est une garantie de réussite.

Elisabeth Vitou

« In tracing the commonest object, a plant or the stump of a tree, you learn something every moment. »
W. Hazlitt

C’est grâce à l’amicale persuasion de Béatrice Saalburg qui ouvrait alors son propre atelier de peinture botanique qu’Elisabeth Vitou a commencé à s’initier à cette technique qui lui paraissait correspondre à son goût des plantes et des jardins ainsi qu’à sa formation d’historienne de l’art.

Plus encore que la plante elle-même, c’est la petite histoire qu’elle raconte à celui qui sait la regarder, son cycle, sa vie et sa mort, qui retient son attention. Elle prend également rapidement conscience que l’illustration botanique en tant que telle lui paraît parfois trop bridée, voire répétitive… Y adjoindre une touche personnelle, plus proche des canons artistiques que botaniques, tout en respectant les codes de base (compréhension et vérité scientifique de la plante) lui semble aller de soi. Et certains sujets s’y prêtent tout particulièrement : algues, graines, tiges, lichens…

« A première vue, les aquarelles d’Élisabeth Vitou se rangent dans un genre défini qui a ses adeptes, ses communautés, ses règles de l’art et quasiment ses rites. Avec cependant de sa part des déplacements qui nous mènent subtilement ailleurs – vers l’art tout court. (…)
Nous sommes en des temps où l’absence de règles – tout peut passer, ” anything goes “, comme disait Feyerabend – contraint les artistes soit au conformisme soit à l’expressivité et, pire, souvent aux deux. Certains du coup renoncent purement et simplement à ” faire de l’art ” par impossibilité de se déterminer : ils sont conscients des risques d’une grandiloquence gratuite. Elisabeth Vitou, dont la vocation est récente mais a été façonnée et entretenue par une vie entière dans le domaine de l’art, a choisi une pratique fortement codifiée qui lui assigne des règles simples mais elle la décale mine de rien. Telle est sa solution pour retrouver le plaisir de l’art – celui d’en faire et celui qu’il nous procure. »
Yves Michaud, 2017

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