Cours d’illustration botanique

L’approche scientifique, la mémorisation, la transmission passent aussi par ce geste qui nous vient de la nuit des temps :

le trait, la trace, l’empreinte, la gravure

Cette connaissance est archivée et permet à des générations chaque fois éblouies d’apprendre et de comparer.

La SNHF a toujours été attentive à cet Art qu’est La peinture botanique qu’elle archive aussi dans sa remarquable bibliothèque.

La Section Beaux Arts a invité Elisabeth Vitou comme professeur pour accueillir des élèves passionnés par cet Art exigeant sous forme de stages dans ses murs mais aussi in situ dans des Jardins ou lors de voyages d’observations.

 

En raison de la situation sanitaire, le port du masque sera vivement recommandé tout au long du stage. Les repas seront pris à l’extérieur.

Pour l’année 2020, la section Beaux Arts de la SNHF vous propose de suivre des ateliers de 3 jours de cours d’illustration botanique.
Deux niveaux de stage sont prévus:

  • Stages mensuels destinés aux élèves ayant déjà pratiqué.
  • Stages trimestriels destinés aux débutants: la tige (4e trimestre 2020); la feuille (1er trimestre 2021); bulbe, graine, racine (2trimestre 2021).

En cas d’affluence, les sessions sont susceptibles d’être dédoublées. 

Jeudi 10,  vendredi 11 et samedi 12 septembre
Thème: composition automnale
de 10h à 17h
> Inscription en ligne

Jeudi 08,  vendredi 09 et samedi 10 octobre
(stage réservé aux débutants)
Thème initiation à l’illustration botanique: la tige
de 10h à 17h
> Inscription en ligne

Jeudi 22,  vendredi 23 et samedi 24 octobre
(stage réservé aux confirmés)
Thème structures: tiges et brindilles
Le stage sera animé par Ariane Mercier et Elisabeth Vitou.
Les élèves auront le choix entre une approche “traditionnelle” ou la technique de la miniature.
de 10h à 17h
> Inscription en ligne

Jeudi 12,  vendredi 13 et samedi 14 novembre
Thème à définir – Tous niveaux
de 10h à 17h
> Inscription en ligne

 

Durant ces sessions, Elisabeth Vitou, présidente de la section Beaux-Arts de la SNHF, membre de la Société française d’illustration botanique, et formée dans l’atelier de Béatrice Saalburg, vous transmettra sa passion pour cette discipline.

Retour en images sur l’exposition
“Travaux d’élèves, deux années de cours”
Retour en images sur l’atelier de
novembre “Peindre en grisaille”
Retour en images sur le stage
“Peindre les fleurs à la manière de
Maria Sybilla Merian”

L’illustration botanique

L’illustration botanique est une discipline artistique de la botanique qui consiste à représenter la forme, la couleur et les détails des espèces de plantes, souvent en aquarelle sur une planche botanique, mais parfois aussi en pastel ou en gravure. Cette représentation botanique a un but pédagogique et scientifique.

Regarder le végétal autrement

Peindre le végétal est plus qu’une pratique artistique : c’est une manière de méditation. La discipline demande patience et concentration. La récompense est dans le regard des autres qui souvent n’avaient pas vu la plante sous l’aspect décrit par le peintre et s’étonnent des détails apportés par l’artiste. C’est lui qui montre son sujet en lui imprimant son savoir-faire.

L’aquarelle botanique requiert de la précision et du soin ; on dit qu’il s’agit d’une « aquarelle sèche » car on y utilise peu d’eau. Pour rendre la transparence et la profondeur des couleurs d’une fleur il faut souvent de nombreux « passages » de pigments. L’ombre et la lumière doivent circuler et la composition du dessin est très importante pour rendre compte des spécificités du sujet.

Quelques aspects techniques

La plante continue à vivre et il arrive qu’elle meurt avant qu’on ait eu le temps d’achever son travail. Le dessin permet de continuer à travailler alors que le sujet n’est plus exploitable. Mais si le dessin préalable n’est pas bon, l’aquarelle ne le sera pas non plus.

Certains peintres botaniques dessinent leurs sujets à l’extérieur avec précision et prennent des notes de couleurs et des photos puis achèvent leur travail dans l’atelier. Une technique largement utilisée consiste à dessiner son sujet grandeur nature sur une feuille de croquis, puis à le reporter sur une feuille d’aquarelle grâce au calque. Le calque en noir et blanc permet également de mieux comprendre les ombres et les lumières.

Le matériel

Une liste de fournitures basiques est disponible ci-dessous.
Elle reste indicative, notamment en ce qui concerne les couleurs proposées qui peuvent être évidemment remplacées par d’autres (privilégiez si possible les couleurs transparentes).

La liste des fournitures

Elisabeth Vitou

« In tracing the commonest object, a plant or the stump of a tree, you learn something every moment. »
W. Hazlitt

C’est grâce à l’amicale persuasion de Béatrice Saalburg qui ouvrait alors son propre atelier de peinture botanique qu’Elisabeth Vitou a commencé à s’initier à cette technique qui lui paraissait correspondre à son goût des plantes et des jardins ainsi qu’à sa formation d’historienne de l’art.

Plus encore que la plante elle-même, c’est la petite histoire qu’elle raconte à celui qui sait la regarder, son cycle, sa vie et sa mort, qui retient son attention. Elle prend également rapidement conscience que l’illustration botanique en tant que telle lui paraît parfois trop bridée, voire répétitive… Y adjoindre une touche personnelle, plus proche des canons artistiques que botaniques, tout en respectant les codes de base (compréhension et vérité scientifique de la plante) lui semble aller de soi. Et certains sujets s’y prêtent tout particulièrement : algues, graines, tiges, lichens…

« A première vue, les aquarelles d’Élisabeth Vitou se rangent dans un genre défini qui a ses adeptes, ses communautés, ses règles de l’art et quasiment ses rites. Avec cependant de sa part des déplacements qui nous mènent subtilement ailleurs – vers l’art tout court. (…)
Nous sommes en des temps où l’absence de règles – tout peut passer, ” anything goes “, comme disait Feyerabend – contraint les artistes soit au conformisme soit à l’expressivité et, pire, souvent aux deux. Certains du coup renoncent purement et simplement à ” faire de l’art ” par impossibilité de se déterminer : ils sont conscients des risques d’une grandiloquence gratuite. Elisabeth Vitou, dont la vocation est récente mais a été façonnée et entretenue par une vie entière dans le domaine de l’art, a choisi une pratique fortement codifiée qui lui assigne des règles simples mais elle la décale mine de rien. Telle est sa solution pour retrouver le plaisir de l’art – celui d’en faire et celui qu’il nous procure. »
Yves Michaud, 2017