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L’Ikebana en fac de sciences

Depuis quelques années l’art floral est au programme des ateliers culturels de la Faculté des Sciences Paris Sud à Orsay. Nous avons soumis un questionnaire aux participants des ateliers pour vous donner un aperçu de ce qui se vit et se  transmet au sein de ces cours et souligner la place que cet art tient dans la vie des étudiants, des chercheurs et des docteurs en génétique et microbiologie, physique, chimie.

Le beau et le vrai s’y mêlent, l’art et la science s’y rejoignent. L’ikebana, art éphémère basé sur l’asymétrie, le vide, cette philosophie, cet art de vivre trouve ici une écoute nouvelle. En effet cet art inconnu pour la plupart des étudiants a exercé la  fascination de l’exotisme et de la découverte. Peut-être que l’art de faire revivre les fleurs, de recréer un jardin intérieur serait  très proche de la nature et parlerait ainsi aux esprits scientifiques.

Sciences ou Art : ” Tout est harmonie pour qui sait voir “

Que vous apporte la pratique de l'art floral dans votre vie ?

Sérénité, Détente, ouverture d’esprit.

Pourquoi avez-vous choisi cette option ?

J’ai toujours rêvé d’associer l’art et la science.

Que vous apporte la pratique de l’art floral dans votre cursus universitaire ?

Un état d’esprit plus serein qui m’aide à gérer le stress des études et parce qu’il y a un rapport avec la nature.

Quelles sont les qualités que vous pensez travailler en pratiquant cet art ?

  • La sérénité d’abord, et aussi l’équilibre. Pour moi, c’est aussi apprendre à aller à l’essentiel. De manière importante, cela m’apporte un moment pour moi-même, avec moi-même, ce que j’ai du mal à m’accorder.
  • Patience, créativité, développement du sens de l’harmonie, être dans l’instant.

Avez-vous l’impression de créer ? Est-ce que les règles ne vous brident pas trop ? Etes-vous satisfaits de vos réalisations ?

  •  Oui, j’ai réellement le sentiment de créer. Cela m’apporte un certain plaisir de composer avec un minimum de règles et de dépasser ces contraintes. Je suis le plus souvent satisfaite de mes réalisations. Elles correspondent souvent à ce que je veux exprimer. De voir sa propre évolution dans le temps est aussi une source de joie.
  • Oui la création a sa place, les règles ne brident pas trop, elles guident. L’imaginaire peut se développer. Il peut être parfois difficile de créer mais le résultat peut être impressionnant.

Pensez vous que la création et la beauté sont liés dans l’art de l’Ikebana ?

Oui mais aussi la simplicité et l’harmonie. C’est un privilège de pratiquer l’Ikebana, de pouvoir entrer insensiblement dans la sphère de la création tout en réalisant quelque chose qui vous parle, que vous trouvez beau. C’est un moment d’émotion, un pur bonheur. Et si on commence ainsi la journée, c’est tout simplement fantastique.

Comment vivez-vous votre atelier ?

  • Pendant l’atelier, je suis capable de faire abstraction, dans une certaine mesure, de ce qui m’entoure et j’éprouve un sentiment profond de liberté. C’est un moment tout à fait privilégié, empreint d’authenticité pendant lequel je ressens une certaine intimité, une sorte de complicité avec les plantes, les fleurs. Elles me sont livrées, mais il y a tout un chemin à parcourir pour les sentir véritablement proches. Cela devient somptueux quand les fleurs dialoguent entre elles, sous vos yeux. Par exemple, récemment, lors d’un atelier, j’ai eu envie de donner un nom à mon bouquet ” La rencontre “. Pourquoi pas ? Les peintres, les sculpteurs donnent un nom à leurs œuvres. La nôtre est éphémère, certes, mais n’en est pas moins une. Je crois qu’elle nous apporte le même type de bonheur, de plénitude, d’abord pendant, mais aussi après. Il peut s’y ajouter une certaine fierté. C’est moi qui ai réalisé cet arrangement ?
  • Au-delà des réalisations elles-mêmes, l’Ikebana modifie doucement notre vision du monde, en tout cas notre rapport à la nature.
  • C’est une joie d’apprendre un art qui m’était totalement inconnu et une reconnaissance du  travail par mes collègues et proches.

Essayez vous de vous inspirer des cours pour créer une décoration florale chez vous ?

Oui, je crée souvent des bouquets chez moi en gardant l’esprit de l’Ikebana. Je prends beaucoup de plaisir à imaginer un bouquet avec ce que je peux trouver chez le fleuriste, dans mon jardin, parfois des éléments de structure que j’ai gardés. C’est un grand moment de vie. C’est une création réelle, surtout si l’enjeu est important et si je peux disposer de suffisamment de temps.

Est-ce important pour vous ce contact avec des plantes et fleurs ? Pourquoi ?

  • Oui, le contact avec les plantes et les fleurs est important pour moi. Outre la beauté des éléments utilisés, il me révèle à moi-même, me permet de découvrir en moi des zones cachées, secrètes. Il se crée un véritable cheminement en soi, pendant qu’on réalise un bouquet et il est différent à chaque fois. Parfois, on cherche son chemin avec acharnement, on construit son bouquet, on le modifie, on apporte de nouvelles touches, ou même on détruit tout et on repart à zéro. Parfois, au contraire, le chemin s’impose à vous, on l’empreinte sans même y penser. Cela m’est arrivé de dire à la fin d’une séance d’atelier : ce bouquet, il s’est fait tout seul !
  • Oui, c’est important pour moi de toucher les fleurs, de les arranger, c’est une manière de se rapprocher de la nature qui devient trop distante dans nos vies.

Est-ce important pour vous ce contact avec des plantes et fleurs ? Pourquoi ?

Oui, sans aucun doute.

Merci à Simone, Marjorie, Emilie, Elisabeth, Marie-Coralie.

 

Propos recueillis par Claire Delort et Valérie Lehmann.

Petite exposition pour les journées du Printemps de la culture à Orsay – © C. Delort

L’évolution de l’art floral et les nouvelles tendances

Comment l’Art floral a-t-il évolué au fil du temps ? Regard très personnel d’Isabelle Rabin, décoratrice florale et enseignante d’art floral, témoin de ces changements…

Hier...

Nous sommes loin en effet de la « bouquetière » du XVe siècle qui « fait ou agence des bouquets de fleurs naturelles » et qui devient ainsi, progressivement, une figure marquante du peuple. Il est très loin également ce temps où la fleur se pavanait dans les « supports de calèche ». Loin encore celui des premiers « jardins ouvriers » introduits en France en 1893 par l’abbé Lemire qui évolueront jusqu’aux « jardins familiaux », ceux qui ont peut-être été une petite goutte d’eau permettant au plus grand nombre de s’approprier, dans le quotidien, cette relation à la fleur qui fait de nos jours notre plus grand bonheur en Art floral. On ne peut oublier les siècles de gloire des sublimes jardins Royaux de France et de Navarre, ainsi que l’Art liturgique au temps de Saint François de Salle, de Thérèse d’Avila au XVIIe siècle et de ses Visitandines du Saint Coeur de Jésus…
Le raccourci est un peu… bref ! Nous avons passé sous silence l’après-Révolution portée par le catholicisme populaire du XIXe siècle, avec les grandes figures naturalistes : Marcel Swabe et son critique Paul Bourget, les brillants botanistes relayés par Zola et Marcel Proust. Cette riche période, passant du naturalisme au symbolisme, nous a ouvert « grand » le regard sur la nature.

...et aujourd’hui

Nous allons « plonger » maintenant, dans ce qui fait notre quotidien depuis une trentaine d’années. Bien après les « bouquetières », nos grands mères dans les années 1930, dans « le 91 » par exemple, ont organisé la cueillette des fleurs, dans les jardins et entreprises familiales de rosiéristes, ainsi que leur mise en place dans des grands paniers d’osiers. J’ai retrouvé ces mêmes paniers d’osiers, intacts, à Rungis remplis de pivoines et de roses de jardins. Dans les années 80, Rungis regorgeait de fleurs provenant des terres horticoles de la région parisienne. L’Art floral de ces années-là était confiné dans les différentes écoles à Paris et en province. En effet, les échanges entre nos écoles (travail de recherche) et le monde d’un fleuriste dans sa rentabilité n’étaient pas encore à l’ordre du jour.

Evolution

Beaucoup de fleurs de jardin circulaient et emplissaient ainsi les étals et nos tables d’études. Profusion de fleurs… Progressivement, nous sommes passés des bouquets d’époque à des compositions plus contemporaines, épurées. Des mots tels que masse, ligne, courbe, géométrie ont fait partie de notre vocabulaire. Parallèlement le monde des décorateurs donnait une plus grande place à la fleur dans leurs évènements prestigieux. Le « budget fleurs » avait autant d’importance que celui du traiteur. Pour satisfaire au côté grandiose des manifestations florales, il a fallu rivaliser d’ingéniosité et de créativité. C’est là que nos horticulteurs de la région parisienne se sont vus sollicités de toutes parts pour nous procurer « le » végétal inconnu sur les étals de Rungis, l’écorce bizarre, « la » branche tordue à souhait, jusque-là laissées négligemment de côté, pour eux sans importance. Les fleuristes ont vu leur conception évoluer. Le mot décorateur à côté de celui de fleuriste fait désormais partie intégrante du monde de la fleur. Elles sont loin les Bouquetières ! Pendant ce temps, l’intégration dans nos compositions florales, de toutes sortes de matériaux aussi bien végétal, minéral, en fer, en plastique et autres matières étonnantes, nous sont proposés à profusion. Cette « intrusion » aux côtés de la fleur a permis un regard plus global sur nos compositions. C’est là que les mots masse et ligne prennent tout leur sens. Pour ma part, il m’est impossible de choisir les éléments nécessaires à une composition florale sans penser « couleur et masse ». La couleur surtout, le matériau ou la variété de la fleur m’importe peu. C’est le rapport entre les textures que je privilégie, tant celui des différents matériaux entre eux que celui de taches d’une même couleur à partir de matériaux distincts. Je me rappelle le temps où j’allais chercher mon inspiration le long des vitrines des grands couturiers. Le orange et le rose fuchsia n’avaient pas spécialement droit de cité dans nos écoles ! Mais c’était tellement séduisant… sur le tissu !

À l’excès…

Conquise par « le » carton en décembre 2010 à la SNHF, et dans l’enthousiasme de la nouvelle texture à expérimenter, le lys blanc prévu pour l’occasion resta dans les cartons ! Conclusion : la masse et la texture, oui, mais pas au point d’oublier ce qui doit rester un Art… floral. La fleur a changé aussi : depuis quelques années, la renoncule est devenue énorme et très en vogue, la rose d’Afrique du Sud est devenue bleu marine ou noire, deux fois plus grosse, et tient remarquablement mieux que toutes les autres. Pour la masse, c’est parfait, pour le budget aussi, puisqu’il en faut moins ! Cependant, on peut se poser la question de savoir pourquoi et comment ?
Bien entendu, il n’est pas en notre pouvoir d’influencer telle ou telle proposition du marché de la fleur. L’évolution de nos compositions florales : plus en masse, plus en rondeur, ponctuées de taches de couleur et nécessitant plus d’espace, ne pourrait-elle pas contribuer par notre demande de « toujours plus » à aller au-delà de la bonne mesure, au delà du juste milieu ? C’est une question que je laisse à votre réflexion.

Isabelle Rabin

L’auteure remercie Sylvie Fayet-Scribe, professeur à l’Université de Paris 1, spécialiste sur le sujet de l’intégration de la fleur à travers les siècles.

Résultats de l’essai “Variétés de tomates tolérantes au Mildiou” en 2012

Les conditions de culture de l’essai préconisaient une absence totale de traitement afin de vérifier le comportement des variétés aux attaques de Mildiou.

Nous avons reçu 32 réponses sur 50 expérimentateurs, certains ayant perdu la culture avant la récolte pour diverses raisons. Les feuilles de notation, ainsi que les explications complémentaires sont très bien renseignées.

Plusieurs expérimentateurs ont envoyé des photos. Dans quelques cas, les plantes manifestent des symptômes de Mildiou, mais aussi des symptômes d’autres maladies cryptogamiques ou bactériennes.

L’année 2012 a été très particulière avec un printemps froid et humide, un été tardif pour certaines régions. Ces conditions climatiques ont été très favorables au développement de maladies cryptogamiques surtout pour la tomate. Dans d’autres régions, la grêle a causé des dégâts importants, détruisant parfois la totalité des plantes.

Les semis de l’essai ont été plus ou moins bien réussis, de nombreux semis de rattrapage ont dû être faits.

En étudiant les feuilles de notation, il semblerait que les régions situées au Nord de la Loire ont été plus touchées que celles du Sud. L’apparition des premiers symptômes dès le début Juillet confirme cette observation.

Etant donné la destruction partielle du feuillage (maladie et taille), il est difficile de juger la production et le calibre des fruits.

L’ensemble de ces éléments nous amène à ne pas pouvoir publier cette année une comparaison pertinente des qualités et défauts des différentes variétés testées, ce dont nous vous prions de bien vouloir nous excuser.

Quelques explications sur le Mildiou de la Tomate (source : les maladies de la tomate, D. BLANCARD, Editions QUAE, 2009).

Il y a deux mildious sur TOMATE : le mildiou aérien Phytophtora infestans et le mildiou terrestre Phytophtora nicotianae que nous n’aborderons pas ici. Les symptômes sont légèrement différents (fruits tachés mais lisses, non bosselés).

Le P. infestans est le même que sur la pomme de terre mais l’infection tomate-pomme de terre est plus facile que pomme de terre-tomate.

Le P. infestans serait originaire de Bolivie-Equateur mais on ne peut occulter une possible origine Mexique.

Le P. infestans a deux types sexués A1 et A2. Jusque dans les années 1980, l’Europe n’avait que le type A1. Les dégâts étaient peu importants. Puis est rentré probablement du Mexique, le type A2 au milieu des années 1980 et il y eut beaucoup de dégâts à la fois sur Tomate et sur Pomme de Terre. Comme beaucoup de micro-organismes parasites, il y a des RACES.

A ce jour, on a identifié 8 races mais il s’agit bien du même parasite qui attaque de manière différente des variétés génétiquement différentes en terme de gènes de tolérance.

On dispose à ce jour de 3 gènes qui apportent des résistances partielles. En Europe, au milieu des années 70, les sélectionneurs ont introduit le gène Ph2 qui a apporté une faible protection, plutôt un retard dans le développement des symptômes.

Mais de nouvelles races du parasite sont apparues et le gène Ph2 ne couvre pas les 8 races connues. Aux USA, les sélectionneurs ont introduit le gène Ph3 en le cumulant avec le Ph2. Les premières variétés Ph2+Ph3 cultivées aux USA ont été rapidement abandonnées suite à l’apparition de nouvelles races de P.infestanscontournant ces gènes. Le gène Ph3 n’a pas été développé pour l’instant en Europe. En plus, il s’agit de « résistance partielles ». Donc, la résistance au mildiou aérien est plus que problématique.

En France, seul le gène Ph-2 est disponible dans des variétés commercialisées, mais son efficacité reste relative. En effet, la résistance n’est que partielle, c’est-à-dire qu’elle ne fonctionne que vis-à-vis de certaines souches de Phytophthora infestans. En pratique son intérêt sur le terrain est très limité.

La sélection est active sur ce problème et s’oriente vers l’introduction de résistances polygéniques présumées plus durables qui ont été identifiées dans les espèces sauvages apparentées à la tomate.

Nous n’envisageons pas de nouvel essai pour l’année 2013, pour une question de délai d’obtention des semences nécessaires. Par contre nous envisageons pour l’année 2014 un essai de courgettes non coureuses, légume pour lequel des évolutions génétiques intéressantes sont apparues depuis quelques années.

Les moyens naturels de lutte antiparasitaire

En 1960, La SNHF était déjà à la pointe de la diffusion des connaissances sur la protection des plantes !
Un bon moyen de lutte contre les idées reçues qui, par méconnaissance des sujets abordés, sont trop souvent évoquées. 

Notre revue Jardins de France a publié le texte d’une causerie donnée à la SNHF le Vendredi 29 avril 1960.

Les conférenciers ; Pierre GRISON, universitaire et Daniel MARTOURET, ingénieur horticole, tous deux chercheurs à la station de zoologie INRA de Versailles ont fait  un panorama de l’évolution de la recherche et des applications pratiques, en France et dans le monde sur la protection des plantes, depuis la seconde moitié du 19ème siècle.

De manière simpliste et erronée, on  a tendance à présenter en opposition  le XXème siècle comme étant l’ère du « tout chimique » et le début de notre siècle paré des vertus écologiques centrées sur l’Homme et le respect de son environnement.

Vous découvrirez, à la lecture de cet article que les premières recherches en matière de lutte biologique remontent aux années 1880 et que c’est PASTEUR qui a eu le premier l’idée d’utiliser des micro-organismes pathogènes contre les insectes.

Dès les années 1950, tous les dangers pour l’Homme et les équilibres biologiques de l’emploi massif des antiparasitaires chimiques sont reconnus et le risque de résistances des insectes aux produits chimiques est énoncé.

Dés 1960 toutes les grandes règles d’usage de ce que l’on appelle de nos jours la protection biologique intégrée sont posées :

  •  Le respect des bonnes pratiques, jadis appelées « règles culturales »
  • Les effets du climat
  • Le synchronisme des cycles proies/ prédateurs
  • Les hôtes intermédiaires
  • La flore spontanée refuge
  • Le risque des hyper parasites

La conclusion de cette conférence est d’une étonnante fraîcheur !

 « La conception classique et fort généralisée autrefois (avant 1960!) d’une opposition entre l’emploi de facteurs biologiques et celui de la lutte chimique est maintenant abandonné pour faire place à des formules plus nuancées »

«  Elles peuvent (les méthodes) apporter des solutions, parfois efficaces, mais toujours harmonieuses et satisfaisantes à la fois pour la connaissance biologique des savants et pour l’intérêt économique des collectivités agricoles ».

Eh oui ; ce que l’on ne connaissait pas encore sous le concept de développement durable, à l’époque, avait déjà un pilier économique !

Michel Javoy

Les zones humides : capitales pour la biodiversité

Ces milieux sont produits par l’accumulation de précipitations répétées sur des sols imperméables ou mal drainés. Des étendues d’eau peu profondes se forment dans des dépressions de terrain, sur les rivages des lacs, des fleuves ou des océans. Elles peuvent aussi être constituées par le bras mort d’un cours d’eau. Le dépôt d’alluvions, qui ralentit le cours des fleuves et des rivières, peut aussi donner naissance à la formation de milieux marécageux.

Les zones humides naturelles

Les marais, marécages, tourbières et mangroves sont les milieux humides les plus riches en biodiversité sont des milieux proches, mais qui ont chacun leurs spécificités.

  • Les marécages sont des étendues d’eau stagnantes, avec une durée temporaire. Ils traversent une période d’assèchement chaque année, en fonction des saisons.
  • Les étangs sont analogues aux marécages, mais la présence d’eau y est continue et permanente.
  • Les marais sont de vastes étendues composées d’étangs et de marécages dans lesquelles se développent une importante végétation aérienne (saules, peupliers, aulnes…)
  • Les tourbières sont formées par l’accumulation de débris végétaux dans des dépressions de terrain où s’accumule de l’eau stagnante.
  • Les mangroves sont typiques des zones tropicales qui sont alternativement couvertes ou découvertes selon les marées.
  • Les lagunes sont des plans d’eau salée ou saumâtre, encastrées dans les terres et constamment ou occasionnellement reliées à la mer.
  • D’autres zones réunissent des conditions proches de celles de ces zones typiquement humides, comme les lacs, le lit des fleuves et des rivières, les deltas et les estuaires. Ces milieux naturels jouent également un rôle important pour la survie des espèces typiques des zones humides.

Les zones humides artificielles

Les zones artificielles créées par l’homme pour différentes raisons peuvent également jouer un rôle dans la préservation des espèces typiques des marais. Il s’agit des canaux, des marais salants, des étangs de pisciculture, des rizières, des lacs de retenue ou des réservoirs d’eau destinés à la régulation des cours d’eau ou à l’irrigation des cultures.

D’autres zones humides ou aquatiques artificielles sont constituées pour l’agrément. Il s’agit des étangs ou des bassins, qui nous intéressent particulièrement pour leurs fonctions esthétiques et écologiques dans les parcs publics ou les jardins d’amateur.

Les bassins et les étangs des parcs publics, par la surveillance particulière dont ils font l’objet dans les périodes de sécheresse assurent la stabilité d’un milieu favorable aux espèces qui s’y installent.

Les mares sont de petits étangs où l’eau est présente tout au long de l’année, même si le niveau d’eau est variable au cours de l’année.

Contrairement aux trous d’eau ou aux étangs piscicoles, les mares sont continuellement en eau, et permettent à la vie sauvage de se développer naturellement à l’intérieur de la mare et sur ses abords.

Les petits étangs et les bassins aménagés dans les jardins d’amateur sont un moyen efficace d’augmenter la biodiversité des jardins, tant dans les milieux urbains qu’à la campagne. Même de taille modeste, ces aménagements forment un vaste réseau qui peut servir de refuge ou de relais à de nombreux animaux.

L'évolution dans le temps et dans l’espace

Les zones humides sont propices à l’apparition d’une flore variée, très spécialisée, avec des préférences marquées pour certaines niches de l’écosystème.
Dans le sol humide, faiblement inondé des berges des étangs ou des mares, qui sont particulièrement riches en éléments nutritifs, on retrouve des plantes particulières comme les joncs (Juncus), roseaux (Phragmites), massettes (Typha) ou iris (iris des marais, Iris pseudacorus).

Plus loin, dans les parties continuellement immergées, on trouve des plantes qui prennent racines dans la vase, mais développent leur feuillage et leurs fleurs à la surface de l’eau. Il s’agit des nénuphars (Nuphar lutea), potamots (Potamogeton), nymphéas (Nymphaea) et des renouées aquatiques (Polygonum).
D’autres plantes comme les sphaignes (Sphagnum), les salvinies (Salvinia natans), les fougères d’eau (Azolla), les lentilles d’eau (Lemna) flottent à la surface des étangs, alors que certains végétaux tels que Myriophyllum, Elodea ou Ceratophyllum vivent complètement submergées.

Au cours du temps, les zones humides finissent naturellement par disparaître, sous l’effet du comblement progressif et de l’installation successive de peuplements végétaux. Ainsi, l’étang qui se forme initialement est une étendue d’eau claire, dépourvue de végétation sur ses rives. Progressivement, la dégradation de déchets végétaux ou animaux s’accumulent et sont dégradés par des bactéries, enrichissant l’eau et les berges en éléments nutritifs.

Ces premiers éléments permettent la vie des algues, qui s’accumulent à leur tour et enrichissent encore le milieu.
Des plantes aquatiques émergent progressivement de l’eau, et l’enchevêtrement de leurs racines favorise l’accumulation des débris végétaux et la formation d’un sol riche. C’est la phase d’envasement ou atterrissement.

Le marais étend progressivement son emprise, la dépression de terrain se comblant peu à peu sous l’effet de l’accumulation de débris. Il finit par disparaître complètement, laissant un sol plat mais saturé en eau, caractérisé par la présence de Carex.

A la fin de cette phase d’évolution, le milieu est profondément transformé. Selon les cas, le terrain forme une tourbière ou un bois de feuillus, dans lequel s’établissent des plantes arborescentes qui affectionnent particulièrement l’eau (saules, aulnes, peupliers).

Les cycles naturels des zones humides

Les milieux humides permettent un développement rapide de la végétation. Cette production,  appelée production primaire, est cinquante fois plus importante dans une zone humide que pour une prairie, et 3 à 8 fois plus importante que celle d’une terre cultivée ou d’une forêt tropicale. La zone humide est donc un milieu particulièrement fertile.

Cette abondance d’éléments nutritifs permet la prolifération de nombreux organismes microscopiques comme les diatomées ou d’autres végétaux unicellulaires. Les premiers habitants du milieu aquatiques permettent l’arrivée et le développement des petits animaux comme les crustacés, les mollusques ou les copépodes.

C’est le point de départ d’une chaîne alimentaire complexe.
Cette abondance de matière organique est extrêmement favorable au développement d’une vie animale intense. La richesse des interactions entre les animaux et les végétaux, dans un milieu riche, constitue un véritable creuset pour la biodiversité.

Les zones humides sont un milieu précaire et menacé, notamment par l’action humaine. Par le comblement des lacs ou des marais, ou l’aménagement des berges des fleuves et des rivières qui empêche la formation de nouvelles zones humides, qui remplaçaient auparavant le phénomène d’atterrissement naturel.

L’installation de zones humides artificielles est par conséquent un moyen efficace, qui vient en soutien des opérations de maintien des zones naturelles. L’avenir de nombreuses espèces animales et végétales est lié au maintien et au développement de ces milieux, et le jardinier amateur peut jouer un rôle important dans cette démarche.

David Lafarge

Fourche, bêche ou louchet ?

Quel est le bon outil pour retourner la terre : fourche, bêche ou louchet ?

Principes de base

1. Un bon jardinier a de bons outils.
2. Le choix de l’outil dépend de la nature du sol qui peut être très différent selon les régions.

Les bêches (1)

Conseillées pour les sols légers ou peu collants, sans cailloux.
Pour retourner la terre avant la mise en culture, diviser des souches de vivaces, enfouir le fumier et les amendements divers, transplanter les plants et les petits arbustes.

Les louchets (2)

Permet de travailler les sols lourds collants et argileux plus facilement qu’avec une bêche Pour retourner la terre avant la mise en culture, enfouir le fumier et les amendements divers dans des sols à terre peu caillouteuse, transplanter les plants et les petits arbustes.

Les fourches à bêcher (3)

Pour retourner les sols lourds et caillouteux, et pour travailler la terre proche de végétaux déjà plantés sans abimer leurs racines.

Article de Violaine Holtzmann (Fiskars)
et Dominique Van Straelen

Des jardins de liberté

En quelques décennies, nos jardins ont cédé aux passions libertaires des jardiniers plus poètes que géomètres. Adieu la ligne droite dont le cordeau était la dernière manifestation de la rectitude et de l’équerre (vieux outils renvoyés au grenier des vieilles lunes). Au revoir les rangs d’oignons… si chers au marquis du même nom. Il n’y a plus de jardins domestiques dont l’âge d’or fut à coup sûr le XIXe siècle et sa bourgeoisie triomphante. Le jardinier allemand, un certain Schoen, en charge des jardins de Monceau à Paris appartenant alors à Louis-Philippe, futur roi des Français, l’exprima lorsque celui-ci, sentant sa gloire prochaine, voulut faire porter à toute sa domesticité le même habit à ses armes. Schoen lui retourna la livrée en déclarant : « Un jardinier ne sera jamais un domestique ». À l’égal du charbonnier maître chez lui, le jardinier est maître dans son jardin et la seule règle qu’il respecte est celle de la nature.

Jardins anglais où, à chaque détour, une surprise attend le visiteur, jardins à la française aux lignes géométriques et aux cultures réduites où les brouettes honorées du postérieur du Roi Soleil avaient seules le droit de se promener… Le Nôtre et La Quintinie furent seuls autorisés à conserver sur la tête leur large chapeau en présence du roi à l’instar des ducs et princes de sang.

La brouette aujourd’hui est prise à bras le corps par les ouvriers qui en ont fait un outil précieux autant que humble. Et maintenant, que devient la ligne droite dans nos jardins ? Est-elle roulée en boule comme un vieux cordeau au fond d’un tiroir ? L’oeil du jardinier est-il le seul instrument de la rectitude ?

En disparaissant, ce signe de la rigueur a libéré la fantaisie qui, comme les enfants, sommeillait en nous. Aujourd’hui, il est de bon ton de jardiner en rond et dans les jardins où les pieds de tomates se dressent parmi les fleurs annuelles, les artichauts s’épanouissent à l’abri de la haie champêtre. Les légumes se marient aux autres cultures et il semble que cela fasse beaucoup de bien à tout le monde. Le jardinier retrouve cette vérité que les plantes ont toujours sue : ensemble, elles se protègent mutuellement des parasites et des maladies dans des proportions non négligeables, faisant mieux que le jardinier ayant encore recours à une chimie destructrice et « tueuse de vie ».

J’interromps ici mon bavardage car un petit pois me téléphone, Napoléon est perché dans le cerisier et la chicorée rentre de son exil bruxellois aussi pâle qu’une endive et le chou de Milan offre sa pomme et la fraîche romaine offre son pain. Tout le jardin est en émoi. L’alguadulce montre un pas de séguedille au petit tarbais, heureux retraité. Le nombril de bonne soeur a l’air fl agada et ne me parlez pas de la Vérone qui parle d’amour à la trévise tandis qu’un gros pétsaï s’amourache d’une mandarine.

Le jardinier est en désordre mais ce n’est qu’un effet de l’art du jardinier en liberté.

Michel Lis
Le jardinier, Moustache Verte
Chroniqueur, reporter, journaliste et auteur
Conférences et échanges Jardiner autrement – Saintes, 16 février 2012

Jardiner : pourquoi ? Pour qui ?

Qu’est ce que jardiner ? Pourquoi et pour qui jardine-t-on depuis des temps immémoriaux ? Le sens commun indique deux types de raisons, dans toutes les sociétés qui disposent de la notion de jardin. On crée et entretient un jardin pour se nourrir et pour des usages esthétiques et symboliques. Plus il est alimentaire, plus le jardin satisfait des besoins humains organiques essentiels. Plus il est ornemental ou rituel, plus il répond à des usages esthétiques et symboliques.
Dans les deux cas, le jardin adopte les formes d’une relation fonctionnelle et technique à la nature : aux sols, aux climats et aux plantes ; celles que le jardinier par son travail décide de lui donner, parfois en mélangeant les deux finalités. J’aimerais montrer que, quelles que soient les intentions du jardinier, le jardin n’est pas seulement un lieu d’utilités alimentaires, symboliques et ornementales, et par conséquent de contraintes écologiques et techniques, mais également un outil de conquête, et un lieu de libération et de résistance sociale. Et que c’est pour ces raisons qu’il a traversé les âges et les cultures, qu’il a pu se renouveler sans cesse, et qu’il change encore aujourd’hui.

Le jardin comme résistance culturelle au donné naturel

Dans les sociétés primitives qui vivent dans les forêts, le jardin est le lieu de l’échange symbolique avec les esprits. Chez les Achouars, tribu Jivaro de l’Amazonie décrite par l’anthropologue Philippe Descola (2005), il existe des enclos de jardins dont les plantes cultivées (manioc) sont nommées comme si elles appartenaient à la famille. De même, les animaux sauvages chassés tout autour sont désignés comme des parties prenantes de la vie tribale qui dépend d’eux.
Dès que les jardins apparaissent dans la Grèce et la Rome antiques, ou bien dans les royaumes chinois, ils sont subordonnés à la demeure aristocratique comme lieu habité du commerce avec les divinités et les hommes. Face à une nature beaucoup plus hostile qu’aujourd’hui, le jardin symbolise le pouvoir des hommes d’écarter les menaces de la nature, autant que leur capacité à en tirer parti à des fins individuelles ou collectives. Il en sera de même dans la plupart des jardins du monde occidental à partir de la fin du Moyen Âge européen. Soit en faisant appel aux sciences et aux techniques de chaque époque (géométrie, optique, hydraulique, architecture, botanique, etc.), soit à partir du XVIIIsiècle à l’art pictural du paysage dans les jardins dits paysagers, pittoresques ou « de l’homme sensible » (Baridon, 1998).
Dans ces situations, comme l’écrit Sartre (1943), « la réalité humaine rencontre partout des résistances et des obstacles qu’elle n’a pas créés ». En brisant cette adversité, les créateurs des techniques de jardins s’affranchissent du donné naturel (le relief, l’eau, le sol). Ils montrent comment ils peuvent tenir les fins qu’ils s’assignent pour eux et pour leurs commanditaires. Car si le jardin est outil de libération, il est aussi instrument de pouvoir politique.

Le jardin comme outil de conquête culturelle et de pouvoir

Quand la conquête coloniale française s’installe en Afrique du Nord, les urbanistes qui mettent en oeuvre la ville européenne à côté des opl commencent presque partout à mettre en place des jardins publics. Le jardin du Hamma à Alger à partir de 1850 ; le parc du Belvédère en 1890 à Tunis ; le jardin du Triangle de vue, puis le jardin d’essai à Rabat au Maroc dans les années 1910. Certes, les nouvelles idées hygiénistes d’urbanisme étaient en vogue pour lutter contre les graves épidémies qui décimaient les villes traditionnelles partout dans le monde. Elles exigeaient de créer des parcs, des rues et avenues vastes et aérées dans les villes. Mais surtout elles devaient faire face à une autre adversité : la résistance de la culture arabo-islamique à la conquête européenne. Pour cette raison autant urbanistique que politique, le jardin colonial s’est adapté aux situations. D’abord purement utilitaires (des jardins d’acclimatation des plantes cultivées dans les trois capitales), ils sont devenus d’agrément notamment à Tunis et Rabat à l’intention des colons français, espagnols et italiens. Et dans ces derniers cas, en introduisant après le style haussmannien des architectures néo-mauresques témoignant de l’intérêt stratégique du colonisateur pour la culture urbaine maghrébine. D’une manière comparable, les jardins publics européens ont migré vers les villes des colonies espagnoles (Buenos Aires, La Plata), portugaises (Rio de Janeiro), et anglaises (Amérique du Nord, Inde). Imposée aux dépens de celle des sociétés locales, la liberté du colonisateur a fait usage du jardin comme outil au service des États européens et de leurs modèles économiques et urbains. De manière symétrique, les minorités sociales font également usage des jardins comme instruments de (re)-conquête de leurs libertés.

Pierre Donadieu
Professeur émérite, ENSP de Versailles-Marseille
Conférences et échanges Jardiner autrement – Paris 9 février 2012

Manifeste pour une cité verte

Pour nos villes de demain

Le 4 octobre 2011, Val’Hor, interprofession de l’horticulture et du paysage, a rendu public le « Manifeste pour une Cité Verte », fruit de deux ans de réflexions et de travaux menés par le Cercle Cité Verte. L’académicien  Erik Orsenna et Dominique Douard, président de Val’Hor, ont animé un groupe de travail composé de personnalités d’univers très différents. Résultat : 70 propositions et 10 actions prioritaires en vue d’une meilleure intégration du végétal dans les projets publics et privés.

Le manifeste rappelle que :
– Les jardins et les paysages sont des éléments essentiels de nos vies et de nos villes.
– Au cœur du développement économique et social, les jardins comme des paysages réclament des savoirs d’excellence, gages de la croissance verte.
– Il ne sera pas possible d’agir sans la puissance publique, des citoyens, des élus, des professionnels…
– La nécessité de préserver une filière d’excellence menacée.

Des partenariats seront conclus avec les associations d’élus, sur le modèle de celui qui a déjà été signé avec l’Association des maires de France (AMF). « C’est un document ouvert destiné à définir des grandes lignes et grandes actions, mais laisse aux collectivités la possibilité de s’adapter », insiste Dominique Douard qui regroupe la profession. Le « Manifeste pour une Cité Verte » a été officiellement présenté à Nathalie Kosciusco-Morizet, Ministre de l’Ecologie et du Développement Durable.
www.valhor.com

Les fruits moulés de la SNHF

La SNHF possède une très belle collection de fruits moulés dont l’aspect si proche de la nature trouble plus d’un visiteur. Voici l’histoire de cette étonnante collection.

Historique de la collection

1859 : Henri-François Michelin, secrétaire du Comité d’arboriculture de la SNHF, trouve dans une armoire quelques fruits moulés qui avaient été donnés par M. Chevet père. Il met de l’ordre dans la collection et l’augmente peu à peu, grâce, notamment à M. Liron d’Airoles, pomologiste nantais, qui lui fait don de quelques pièces et à M. Lédion.

1861 : la SNHF passe une commande à Théodore Buchetet, peintre et membre de la SNHF, pour la réalisation de nouveaux fruits. La guerre de 1870 et la maladie l’empêcheront de terminer. Après sa mort en 1883, il ne se trouva personne pour reprendre son œuvre.

1869 : la SNHF est en mesure d’exposer dans ses vitrines les spécimens de presque toutes les variétés admises par le Congrès pomologique de France.

1878 et 1889 : présentés à l’Exposition Universelle de Paris, les fruits moulés de la SNHF obtiennent par deux fois la médaille d’or.

1889 : publication du catalogue de la collection par M. Michelin qui souhaitait que la collection devienne un « document d’utilité publique ». Au total, il recensa : 11 abricots, 14 cerises, 5 figues, 42 pêches, 13 brugnons et nectarines, 125 pommes, 34 prunes et 453 poires, soit 697 fruits en plâtre.

2005 : il en reste 300, plus ou moins en bon état.

Technique et usage

Technique : du plâtre fin préparé est mis dans un récipient où l’on trempe le vrai fruit. Lorsqu’il est sec, on remplit le moule avec du plâtre et on laisse sécher. Le moule est ensuite ouvert pour extraire le fruit moulé. Il ne reste plus qu’à ajouter une queue, à peindre et à vernir. La réalité est obtenue grâce à la qualité de la peinture et à de petites imperfections volontaires, comme de petits trous de vers ou des tavelures brunies.

Usage : Ces fruits pouvaient servir aux nombreuses expositions des sociétés savantes horticoles du XIXe siècle, surtout lorsqu’elles avaient lieu hors saison. La collection de la SNHF était très demandée tant par des établissements publics que par des particuliers. Tous les spécialistes furent donc invités à donner leur avis pour améliorer l’aspect scientifique de la collection.

« Elle offre des tableaux parlants qui instruisent dans le présent et qui deviendront des pièces historiques pour l’avenir ».  Rapport de M. Michelin, conservateur des collections en 1861

Ce type de collection est rarissime en France. Actuellement, il n’en existerait que trois en plus de celle de la SNHF :
–     Muséum National d’Histoire Naturelle de Nantes : 268 pièces en cire
– Jardin du Luxembourg : une centaine de poires réalisées récemment
– Collection de Charles Baltet (1830-1908), horticulteur et pépiniériste à Troyes

Lettre de M. Michelin, datée du 11 février 1864, informant le président de la SNHF de l’acquisition de 49 pièces et précisant que M. Buchetet a remis gracieusement en état la collection après son exposition à Londres.

Lettre de M. Buchetet, datée du 10 avril 1861, remerciant la SNHF de l’avoir été choisi comme peintre-mouleur de la collection.

Anne-Sophie Berthon