[CNJP25] PALMARÈS DES LAURÉATS DU CONCOURS NATIONAL DES JARDINS POTAGERS
Chaque année, le Concours national des jardins potagers récompense des jardins potagers remarquables en termes de diversité des légumes cultivés, des bonnes pratiques de jardinage et de l’esthétique même du jardin.
Ouvert à tous les jardiniers, ce rendez-vous annuel est organisé conjointement par l’Association Jardinot, la Société Nationale d’Horticulture de France, SEMAE (l’interprofession des semences et plants) et la Fédération Nationale des Jardins Familiaux et Collectifs.
Le jury, composé de personnalités du jardin et représentants des organisations partenaires, ont désigné les lauréats en fonction de différents critères de sélection en examinant de façon très attentive les dossiers des jardiniers dans chacune des catégories suivantes :
- jardin potager privatif,
- jardin potager dans un ensemble collectif de jardins,
- jardin potager dans un environnement paysager,
- jardins potager à vocation pédagogique,
- jardins partagés, mis en place et cultivés au sein d’une entreprise ou par une association,
- jardins potager thérapeutique.
Les membres de notre jury vous emmènent à la rencontre des grands prix de l’édition 2025 et de leurs potagers remarquables !
Nous remercions la mairie du 7ᵉ arrondissement qui nous a ouvert ses portes pour cette 25ᵉ cérémonie de remise des prix du Concours national des Jardins Potagers et Bruno Lamberti de la Section Art floral de la SNHF pour les très belles décorations florales et potagères du pupitre et du buffet.
Découvrez la remise des prix en vidéo
[Re]découvrez en image les jardins des lauréats lors de la cérémonie de remise des prix du Concours National des Jardins Potagers publié par Pascale Levallois sur sa chaine YouTube Mon coco potager.
LES GRANDS PRIX 2025
CATÉGORIE 1 : JARDINS POTAGERS PRIVATIFS
GRAND PRIX – mention potager du sud : André CATHERIN à Biziat (Ain)
En une vingtaine d’années, cette terre agricole argileuse est progressivement devenue une terre de jardinage. Aucune structure géométrique, mais nous marchons sur des planches ou des tuiles pour ne pas tasser le sol.
André recherche la précocité en utilisant divers abris en plastique et des couches chaudes de matières organiques, il utilise l’eau stockée dans les abris pour augmenter l’inertie thermique la nuit. Dans ses réflexions, le jardinier utilise toutes les sources d’informations ; les officielles et les autres. En fonction des résultats il retient où il élimine.
Les différents ustensiles de jardinage sont stockés aux abords du jardin : feuilles de film, vieilles tuiles pour un abri temporaire pour le froid mais aussi pour une couverture rapide en prévision d’une averse grêligène attendue. Les besoins en eau des plantes sont réalisés à partir de grandes réserves d’eau de pluie issue de la couverture de la maison. Un bassin en forme de mare accueille l’eau à l’extérieur. Il a été rapidement colonisé par la faune et la flore habituelles. Le paillage des sols est pratiqué mais aussi la réduction de la transpiration des plantes en usant de feuilles de bambous nombreux sur la parcelle. Les plantations, se font toujours à partir de plants semés ou repiqués ; Le temps d’occupation des sols est réduit et la gestion des plantes contre les bioagresseurs est plus facile.
Depuis de nombreuses années, André construit des composteurs de différentes tailles en forme de tours avec des moyens d’irrigation spécifiques. Dans ces tours, il cultive principalement des fraisiers et des pommes de terre. Les palettes de bois indispensables à ces constructions sont des déchets industriels. Il anime des ateliers à l’aide de documents, de matériaux et d’outils.
La plupart des matériaux et produits utilisés, palettes, tuiles, réservoir d’eau, feuilles de films sont issus du troc et de la « récup » auprès d’entreprises et de particuliers.
Fils de maraîcher il a gardé le goût de l’observation des plantes cultivées, comme il le dit si bien : « J’ai toujours vécu dans un jardin en tant qu’observateur, puis très vite acteur car mon père nous motivait, mes frères et moi, en nous réservant un bout de terrain ou la récolte était notre argent de poche ». Cette joie, il la retrouve tous les matins en faisant le tour de son jardin avec ses animaux en liberté : poules, chien, chat etc. !! André vise aussi l’autonomie alimentaire en fruits et légumes quelles que soient les rigueurs climatiques.
De sa carrière professorale, il est rompu à l’exercice de la pédagogie de transmission et des échanges. Le jardin reçoit chaque année de très nombreuses visites d’élèves d’école, de jardiniers amateurs et professionnels. Il diffuse aussi ses connaissances au travers d’écrits (revue les quatre saisons, jardin familial de France…)
Apprendre, essayer, cultiver, perfectionner, échanger, transmettre sont les maîtres-mots d’André Catherin.
CATÉGORIE 2 : JARDIN POTAGER DANS UN ENSEMBLE COLLECTIF DE JARDINS
GRAND PRIX : Fabienne VÖLLMY Jardins familiaux de la Parette à Marseille (Bouches-du-Rhône)
Un jardin riche et généreux sur une dalle en béton, en plein cagnard, ouvert aux vents,
C’est possible !
Il fait chaud à Marseille ! Fabienne nous ouvre la porte de son petit jardin. 70 m2 dense de diversité et d’ombrage. Quel plaisir de passer sous la tonnelle rafraîchissante. Au-dessus de nos têtes, chayotte, concombre, maïs et hélianthus.
Puis on arrive devant le container de rangement, d’où partent 3 allées étroites. Il ne faut pas perdre de place ! Beaucoup de cultures en hauteur pour faire de l’ombre, portées par des structures en cannes de Provence récoltées sur les terrains tout proches. Les ombrières et les limites de parcelle sont toutes naturelles faites par des plantes grimpantes ou de la vigne.
À chacune des trois allées, ses carrés de culture et une incroyable diversité de plantes. Par exemple, sur la première allée : carré d’aromatiques avec shizo, estragon du Mexique, carré de légumes perpétuels : oignon, poireau, carré maïs et haricots, carré de tagètes et tomates grecques, carré de mélisse et citronnelle.
Fabienne fait cohabiter beaucoup de plantes qui s’entraident, l’une protégeant l’autre. Elle recherche les espèces résistantes aux maladies et à la chaleur en profitant des échanges avec d’autres jardiniers et des envois de graines de sa sœur en Australie. Elle aime voir les animaux de son jardin : insectes butineurs et pollinisateurs, lézards dans un coin de pierres, oiseaux qui reviennent dans ce coin de verdure…
Cinq années de travail acharné pour transformer ce sol très peu épais (sur dalle) et constitué d’argile compacte et pierreuse, en sol cultivable.
Énormément d’apports de matière organique, broyat et compost qui mériteraient un peu de complément d’argile de surface pour éviter le dessèchement en créant un complexe argilo-humique. L’arrosage est bien pensé en goutte à goutte.
Maintenant qu’elle sait cultiver, Fabienne aimerait bénéficier d’une surface plus grande. Elle vise l’autosuffisance en légumes, en particulier pour tout ce qui est rare (et donc cher) dans le commerce. Elle profite pleinement de sa production de légumes et de fruits, goûteux et bien mûrs à la cueillette.
Elle apprécie beaucoup les contacts avec d’autres jardiniers et les échanges d’expériences que cela permet. Elle voudrait communiquer autours d’elle ses valeurs : protection du vivant, non au plastique et au gazon synthétique devant les cabanons, oui à l’entraide et à la connaissance des plantes.
Tout cela demande de l’énergie ! Fabienne n’en manque pas et elle nous explique : « Un jardin, c’est comme un enfant. Il faut s’en occuper tout le temps. Et si on le laisse un moment, on le retrouve tout échevelé ».
CATÉGORIE 3 : POTAGERS DANS UN ENVIRONNEMENT PAYSAGER
GRAND PRIX : Isabelle RAIMBOURG – Lycée agricole de Chambray à Mesnil-sur-Iton (Eure)
Isabelle nous accueille dans ce magnifique potager de 4.400 m² clos de murs du 19ème siècle qui jouxte le château de Chambray.
Lorsqu’elle reprend le potager en 2014, il est totalement en friche. A force de patience et d’organisation, elle va réussir à le transformer en un lieu riche en plantes aromatiques, médicinales, fleurs comestibles, fruits et légumes d’hier et d’aujourd’hui (435 variétés présentes). Isabelle coordonne le CREE (centre de ressources et d’éducation à l’environnement) du lycée de Chambray et est épaulée par une équipe motivée et passionnée.
Les lycéens des alentours viennent régulièrement pour suivre des ateliers pratiques, ainsi que des personnes âgées pour réveiller leurs sens olfactifs. Il est facile de repartir avec les graines des légumes observés. L’objectif est de sauvegarder le patrimoine végétal normand. Tout au long de la visite, de très nombreux panneaux décrivent précisément la variété observée et concourent pleinement à la pédagogie du lieu. A travers des QR Code le visiteur peut réaliser 3 jeux en autonomie avec l’application Activ’Mémoire.
En cheminant sous l’arche des rosiers, l’on découvre les 8 parcelles bordées de petits fruits et de fleurs qui offrent un univers foisonnant et illustrent chaque thème choisi :
- Cultures maraichères pour fournir en quantité les cuisines du lycée en légumes,
- Cultures buttes en spirale pour accueillir les 3 sœurs, courge maïs haricots.
- Cultures des légumes du centenaire du catalogue Vilmorin et expérimentation de nombreux légumes secs,
- Parcelle des aromatiques condimentaires et salades,
- Culture des fraisiers, choux de saint Saëns, céréales et engrais verts, embellis par la magnifique collection de dahlias de Coutances,
- 4 Parcelles dédiées aux légumes normands répartis par département,
- 2 serres tunnels, l’une dédiée à la culture des tomates et l’autre pour recevoir les groupes et ateliers.
Exposées sud, les anciennes serres en verre et châssis en brique offrent les conditions idéales pour les semis délicats et pour abriter de nombreuses plantes exotiques.
Les murs ceinturant le potager permettent de palisser 11 variétés de poiriers déjà installés et d’utiliser les cognassiers pour greffer de nouvelles variétés de pommes.
« La particularité de ce jardin potager est qu’il résulte à la fois d’un héritage historique, d’un travail collectif, de la volonté de transmettre des connaissances sur les plantes et le jardinage au naturel, et d’ouvrir ce magnifique site au plus grand nombre. »
CATÉGORIE 4 : JARDIN POTAGER À VOCATION PÉDAGOGIQUE
GRAND PRIX : Baptiste PIERRE – Le Potager Extraordinaire à La-Roche-Sur-Yon (Vendée)
Le Potager Extraordinaire, situé à l’origine à la Mothe Achard, s’implante sur le site de Beautour, ancienne demeure de Georges Durand, célèbre naturaliste et botaniste vendéen. Après de longs mois de travaux, il ouvre ses portes au public le 1er juillet 2023.
Sur une surface de 7 hectares dont 10.000 m² consacrés au potager, le Potager Extraordinaire se laisse découvrir progressivement, espace après espace, après avoir traversé le bureau de Georges Durand, rempli de curiosités. La visite sous la conduite de Baptiste Pierre, directeur du conservatoire du Potager Extraordinaire et jardinier botaniste, est passionnante. C’est un véritable régal pour en savoir plus sur toutes les plantes alimentaires présentées avec moult anecdotes et histoires.
La visite commence avec le bizarretum et la présentation de plantes étonnantes, se poursuit avec le potager expérimental qui illustre une diversité de techniques culturales avec les explications correspondantes, avant d’arriver au niveau de la bibliothèque potagère qui met en scène une magnifique collection de plus de 1.000 espèces et variétés de légumes. Impressionnants également, les deux grands tunnels qui nous entrainent dans l’univers des gourdes avec la dernière collection d’Europe de lagenaria (classée CCVS) et dans celui de la tomate avec plus de 500 variétés présentées.
A côté de ces tunnels, la vie érotique des plantes est l’occasion de découvrir le travail remarquable réalisé par le Conservatoire du Potager Extraordinaire pour maintenir des variétés en partenariat avec des jardiniers, des entreprises ou des agriculteurs. Le parcours se termine avec le potager exotique et ses légumes originaires des différents continents et avec la superbe graineterie qui conserve un véritable trésor : une collection de 3.000 graines d’espèces et de variétés différentes.
Le jury est impressionné par la diversité des plantes présentées, la créativité du parcours, l’harmonie des aménagements et le soin apporté aux cultures. Pendant tout le parcours, Baptiste nous explique qu’il est en recherche permanente de nouvelles idées avec une démarche d’amélioration permanente pour ce lieu magique et fascinant.
Sur le plan pédagogique et éducatif, rien n’est laissé au hasard : étiquetage de toutes les plantes, accès à des informations complémentaires sur les végétaux via des QR-Codes, panneaux informatifs et explicatifs, jeux ludiques, bornes sonores en forme d’arrosoir, ateliers pratiques, créatifs et de dégustation, visites guidées avec les jardiniers du parc… Tout est fait pour émerveiller et surprendre les visiteurs, petits et grands. Le Potager Extraordinaire propose également un programme d’éducation à l’environnement et à la culture scientifique spécialement conçu pour les scolaires.
A noter que le Potager Extraordinaire se démarque également par son fort engagement social, offrant des opportunités d’insertion à des individus en situation de fragilité professionnelle. Deux équipes de salariés, en parcours inclusif, ont la charge de la mise en place et de l’entretien du potager Extraordinaire ainsi que de l’activité de maraîchage qui produits les plants et approvisionnent en légumes bio des restaurateurs et des commerces de proximité.
Bravo à Baptiste et à toute l’équipe du Potager Extraordinaire pour ce lieu merveilleux et enchanteur qui nous sensibilise à la préservation de la diversité végétale et nous éveille aux enjeux d’une alimentation durable.
CATÉGORIE 5 :J ARDINS PARTAGÉS, mis en place et cultivés au sein d’une entreprise ou par une association
GRAND PRIX : Caroline LE FLOCH – Les Jardiniers de la Forêt Nourricière à Villenave-d’Ornon (Gironde)
Une maison de la culture – verte
Si habituellement nos centres de jardins sont situés en périphérie des villes et fermés au public, nous nous retrouvons face à un sentiment très fort d’être en présence, certes à l’état de germe, mais de ce qui pourrait être un nouveau concept.
Quelle est la situation actuelle ?
Sur ce terrain communal, le critère – lien social- est mis en exergue.
C’est ainsi que nous y avons perçu un remarquable lien associatif où l’accueil et le partage ont un sens profond, en un mot, celui de la solidarité.
Ce centre de jardins n’est pas seulement un lieu des bonnes pratiques du jardinage qui ne demandent d’ailleurs qu’à être diffusées, mais aussi d’apprentissage, de loisirs ou chacun, au travers de parcelles individuelles ou partagées peut exprimer, selon son identité, sa créativité. C’est ainsi que l’on peut y découvrir des légumes particuliers tels que cette cucurbitacée volubile originaire du Mexique appelée chayotte mais aussi « christophine », « chouchou » aux Antilles ou à la Réunion et aussi cette malvacée originaire d’Afrique appelée gombo, ces choix de légumes étant le résultat d’un partage entre les jardiniers de cette « Maison de la culture verte » dont certains sont originaires des Antilles.
C’est aussi cette très belle dynamique qui renforce le sentiment d’appartenance à la communauté et c’est dans cet esprit, qu’un bac surélevé accueille des personnes en fauteuil roulant.
Le critère pédagogique est aussi présent. Ainsi, des enfants des écoles et dès l’âge de trois ans, sont initiés au jardinage ainsi qu’au nourrissage des oiseaux, passage qui reste pour eux un lieu obligé.
Sur le plan technique, nous avons constaté à titre d’exemple que s’agissant du compost, la règle des trois bacs était parfaitement appliquée, avec en plus, un autre bac dédié aux toilettes sèches.
Pour l’anecdote, dans ce jardin sous biocontrôle, nous avons appris que gastéropodes et autres limaces étaient, la nuit, retirés à la main ! Quoi de plus naturel et efficace ?
CATÉGORIE 6 : JARDIN POTAGER THÉRAPEUTIQUE
GRAND PRIX : Blandine JANKOWSKI – Jardin des Mélisses – CHU de St-Etienne – Pôle psychiatrique à Saint-Priest-en-Jarez (Loire)
Ce jardin est un lieu bien particulier, il est situé dans le grand hôpital de Saint-Étienne, on y accède par l’entrée des bâtiments dédiés à la psychiatrie. Cette activité est membre de la FFJNS (Fédération Française Jardin Nature et Santé) qui rassemble des initiatives sur ces thèmes.
Inséré harmonieusement dans l’hôpital à l’initiative de Mme Blandine JANKOWSKI, le jardin potager est situé dans un assez grand espace comprenant différentes zones.
Le « jardin des Mélisses » est un potager très bien entretenu avec de petits secteurs consacrés à des « médiations » différentes : Potagères en bandes encadrées, certaines surélevées. – Aromatiques – Serre – Pergola – Cabane.
Toutes la zone est ouverte aux patients et aux soignants qui y circulent librement par de belles allées, des bancs permettent de s’y reposer et de contempler. Des tables avec bancs permettent de boire et manger à plusieurs. Deux zones ont été installées par des étudiants du Lycée agricole voisin sur des thèmes travaillés par eux. Compte tenu de la spécificité du lieu, les aspects de sécurité doivent être pris en compte (outils, plantes toxiques, …). De petits émaux très artistiques avec des textes très courts à la façon de « Haïku » décorent les planches entourant les cultures. Ces émaux comportent aussi des dessins créés par les patients.
Les travaux techniques sont réalisés par les jardiniers de l’hôpital. Certains travaux d’entretien sont réalisés par des patients à leur demande (arrosage, désherbage, récoltes, …)
Les récoltent sont utilisées soit directement à la cuisine du service, soit partagés et emportés par les patients lors de leurs permissions de sortie.
Tout cela fonctionne parfaitement grâce à une équipe de soignants très motivés.
De nombreuses médiations sont organisées avec les patients en petits groupes de quatre à cinq selon les pathologies, organisés par les médecins psychiatres spécialisés (dépressions, troubles bi polaires, schizophrénie, …) pour travailler les senteurs, le toucher, les odeurs, les goûts, …
Certains patients sont accueillis très rapidement dans ce jardin dès leur passage aux urgences avec des résultats très encourageants ce qui a amené le service médical à se tourner plus favorablement vers cette thérapie.
Les visites vers le public extérieur sont aussi organisées et différents projets pour améliorer et enrichir leurs médiations notamment par des activités artistiques liées aux plantes sont aujourd’hui à l’étude.
Le jury a souhaité décerner cette année une distinction particulière à un jardinier pour l’ensemble de sa contribution à la mise en valeur du potager sur une longue période.
Prix d’honneur : Jean ARIBAUD à Riols (Hérault)
CATÉGORIE 1 : JARDINS POTAGERS PRIVATIFS
A l’entrée du jardin de Jean, nous ressentons le travail accompli. A l’ombre du grand mirabellier chargé de fruits, les rosiers terminent leurs floraisons. Jean nous montre son rosier-témoin particulièrement sensible au mildiou et sa tour de ”bio »contrôle avant traitements. Contre le mildiou, il utilise le soufre sublimé, déposé sur des coupelles ou des tuiles à proximité des plantes et contre les autres maladies cryptogamiques, une préparation d’huiles essentielles (sarriette, clou de girofle et oranges douces ) et un peu de bouillie bordelaise faiblement dosée si nécessaire. Le résultat est impressionnant. Tous les légumes sont sains avec un feuillage bien vert.
Et il y a une foule d’insectes dans le jardin, dont beaucoup de belles abeilles charpentières, attirés par les rangées de nigelle, zinnia, tournesol, capucines en mélange… et une petite jachère fleurie. Jean leur offre même à boire avec une coupelle abreuvoir et une ardoise d’atterrissage.
Jean nous explique que cette année, il a voulu créer un jardin forêt. Résultat : les allées sont étroites et permettent juste le passage. La végétation sur la falaise au-dessus du jardin fait une ombre utile et cache une réserve de biodiversité. De petits arbres fruitiers sont disposés autour du potager. Jean les produit et les conduit lui-même.
Aucun espace n’est inutilisé sur 100 m². Un rang de beaux oignons de Lézignan, à côté d’oignons espagnols Rocodoro et autre Marso des Cévennes, attend d’être récolté. Les courgettes et aubergines sont sur deux étages pour faire de l’ombre au sol. Les concombres montent sur des grilles. Les courges sont posées sur des plateaux en hauteur. Et les tomates mises en place en mai sous leurs ombrières en canisses sont impressionnantes, saines et fermes. Jean est fier de nous expliquer que grâce aux ombrières aucun bouquet ne manque à l’appel, malgré la chaleur de juin. En plus des haricots verts classiques, il cultive une curiosité, le haricot grain local, un coco nain précoce qui donne des « quarantounes », originaire de Quarante près de Narbonne.
Jean va à l’essentiel avec efficacité et maîtrise. Il tire le meilleur de son potager de 100 m². Ses secrets : des variétés adaptées, éprouvées souvent locales et une connaissance du milieu et de ses besoins.
Le résultat est là : 150 kg de tomates utilisées séchées, en soupes, ou en bocaux ! La production globale de légumes de printemps et d’été est très supérieure à ses besoins familiaux, mais Jean nous rassure avec un sourire « à la récolte, les voisins sont là pour donner un coup de main ! »
Il transmet sa passion à ses deux petits-enfants et n’hésite pas à ouvrir son jardin aux randonneurs, touristes et étudiants ains qu’à échanger des conseils avec les jardiniers. Comme il nous le précise, « je suis passionné de techniques de greffage et de légumes anciens et je voudrais partager mon humble savoir avec les générations futures afin qu’à leur tour elles goutent le bonheur simple d’un panier de fruits et de légumes du jardin ».
PALMARÈS 2025
CATÉGORIE 1 : JARDINS POTAGERS PRIVATIFS
Prix spécial autonomie alimentaire : Adrien PERRIN à Saint-Marcel-L’Éclairé (Rhône)
Plus qu’un jardin potager
Ce jardin très pentu situé sur le bord d’une vallée étroite des Côteaux de Lyon a été rendu cultivable, à partir d’un terrain nu, grâce à d’importants travaux de terrassements. Le jardin potager est constitué de nombreuses planches très bien entretenues avec différentes espèces et variétés potagères choisies avec soin. Par exemple, une production importante en tomates (sous serre) qui seront ensuite mises en bocaux, plusieurs variétés de pommes de terre, de raisin de table. On y trouve aussi des haies en Lycium (baies de Gogi), de grandes vignes des différentes variétés sans oublier les fleurs ici et là pour l’aspect esthétique.
Coté inattendu, on découvre la culture d’une ancienne variété de blé, qui récoltée, battue, passée au tarare, triée sera moulue pour faire une farine de type 85 qui sera valorisée sur place par la fabrication du pain et autres produits.
Tout aussi inattendu, du maïs est cultivé pour la fabrication de polenta, mais aussi du tournesol oléique pour faire prochainement de l’huile. Ici, peu de place au hasard, tout est méthodiquement prévu, bien au-delà du potager classique.
L’arrosage n’est pas en reste, car on découvre un stockage de l’eau et système d’irrigation extrêmement élaboré : piscines, grande mare (avec nénuphars et poissons pour lutter contre les moustiques) château d’eau, réserve de 10.000 litres dans des cuves protégées par de la laine de mouton afin d’éviter le gel. La distribution de l’eau est effectuée par un système d’irrigation enfoui avec de très nombreuses vannes équipées d’un système de rappel, goutte à goutte ou asperseurs à basse pression, cela selon les emplacements et les cultures, cet arrosage étant totalement indépendant d’une parcelle à l’autre …
Ce jardinier très compétent est constamment à la recherche de pratiques originales qu’il met en œuvre avec succès pour son plaisir et celui de sa famille. Il prévoit d’augmenter ses surfaces en cultures pour inviter des voisins à participer.
3ᵉ prix : Marie-Anne SANQUER-GERBAULT à Saint-Jean-De-Le-Porte (Savoie)
Dans un espace en pente attenant à la maison enclavée au bout d’une impasse, Marie-Anne et son mari ont créé ce jardin.
« Lorsque j’ai acquis cette maison, le jardin n’était qu’un pré de fauche, une piste de ski où mes enfants faisaient de la luge » nous dit Marie-Anne.
Pour pouvoir la cultiver, cette pente a été divisée en 4 niveaux descendants. Le premier est consacré aux fleurs. Le potager a été aménagé sur les deux niveaux suivants sous forme de 4 buttes surélevées.
Chaque butte est divisée en carrés de 40cm x 40cm qui sont plantés de légumes et de fleurs associées, la dernière butte étant réservée aux tomates. Cette disposition permet une grande diversité d’espèces et de variétés.
L’eau des toitures est utilisée pour l’arrosage. Une astucieuse fabrication locale d’oyas permet d’optimiser l’irrigation.
Des décoctions sont préparées pour lutter contre prédateurs et maladies et aussi renforcer la vitalité des plantes. Le paillage est largement utilisé.
Une grande liberté est laissée aux couvres-sols pour garnir les allées et les espaces non cultivés. « Notre jardin est une forêt vierge en miniature…il ressemble à l’Amazonie où on a travaillé pendant des années » écrit Anne-Marie. Elle récolte ses graines qui sont conservées dans des pots.
Des arbres fruitiers de différentes formes, cordon, palmettes, éventail garnissent ce jardin.
Marie-Anne est aussi apicultrice et anime un rucher école.
Un calendrier des semis permet d’organiser et de gérer ce jardin.
« Aujourd’hui, nous avons pleinement conscience que nous ne cultivons pas la nature, nous la soignons. Soigner était mon métier, maintenant je soigne différemment, mais c’est réjouissant ».
2ᵉ prix : Thomas ZUJEW à Volmerange-Les-Boulay (Moselle)
Le jardin aux carrés
Distingué au CNJP en 2023, ce jardin a depuis évolué. Ainsi, une serre a été édifiée, des rosiers comestibles aux parfums de rose, orange, groseille et fraise ont été plantés. Pour les saisons à venir, il est attendu : une ruche, un poulailler, une finalisation du système d’arrosage.
Au-delà de l’activité proprement botanique, le côté pédagogique n’a pas été omis puisqu’un partenariat avec la mairie et l’école primaire est envisagé.
Thomas est un jeune jardinier aux nombreuses idées prometteuses maîtrisant son sujet, assorti de pratiques très respectueuses de l’environnement.
Facile d’accès son potager est desservi par les allées gravillonnées mettant en valeur les carrés potagers où le critère nourricier est bien présent, les récoltes engrangées suffisant à l’alimentation d’une famille en frais, conserves et congélation. Le détail poussé à l’extrême fait que Thomas tient une comptabilité quasiment analytique des économies qu’il réalise !
Dans cet espace accueillant, structuré et fonctionnel, il mixe végétaux, minéraux et objets métalliques statiques comme le hérisson de Jardinot à l’entrée de la serre ou animés comme les éoliennes, coccinelles ou encore le Graoully, ce légendaire dragon cracheur de feu ancien emblème du football club de Metz, sans oublier une très longue tonnelle longeant les fruitiers qui devrait se couvrir d’une plante liane telle que le houblon. Tout est ainsi fait pour créer un écosystème paysager accueillant pour petits et grands.
1er Prix : Élisabeth ENTZINGER-LEMAIRE à Pontarlier (Doubs)
C’est un potager d’altitude (864m) avec des variations de température importantes (0° la nuit, 28° à midi) que cultive Elisabeth. Elle travaille dans un centre médico psychologique et pour elle « le jardinage réduit le stress, permet de se recentrer, créer du lien avec voisins, amis, collègues, apprendre chaque jour, créer, tester, transmettre, échanger en plus des motivations écologiques »
Le jardin est constitué de bacs surélevés cultivés en permaculture et d’une serre Dolmen de 12m² pour les cultures à protéger, les allées sont recouvertes de BRF ou engazonnées, le tout dans un univers verdoyant qui donne un aspect esthétique fort agréable.
Pour le jardin, l’arrosage est fait à l’arrosoir avec l’eau de pluie récupérée des toitures et pour la serre ce sont des oyas qui sont utilisés.
Elizabeth qui, enfant, « n’aimait pas mettre ses mains dans la terre, ni équeuter les haricots verts » fait maintenant tous ses semis et cultive une belle diversité d’espèces et de variétés avec cette année plus de 169 pieds de tomates dans 50 variétés. Elle expérimente aussi la culture des patates douces en sac et celle des pommes de terre sous gazon.
Devant son travail très prenant psychologiquement, jardiner est devenu presque une addiction pour elle, et Jean-Marc, son mari a installé des lumières solaires et ainsi, de 18 à 22/23h00 elle est dans son jardin et sa serre.
Elle tient un cahier de culture où elle note les événements du jardin et les retours d’expérience.
Son objectif dès qu’elle sera à la retraite : « recevoir régulièrement les enfants de l’hôpital de jour où elle travaille de 3 à 8 ans, lesquels n’ont jamais touché la terre, dans un but thérapeutique ».
CATÉGORIE 2 : JARDIN POTAGER DANS UN ENSEMBLE COLLECTIF DES JARDINS
Nominé : Evariste RATTINA – JARDINS FAMILIAUX de Wissous (Essonne)
L’association des jardins familiaux de Wissous, présidée depuis 18 ans par Évariste Rattina et affiliée à la FNJFC, gère deux sites de 20 et 10 parcelles. Créée sur des terrains privés inoccupés, sa gestion est facilitée par la commune. Le dynamisme et la rigueur de son président constituent la principale force de l’association.
Originaire d’Inde, Evariste cultive une parcelle de 150 m² selon ses traditions, avec des espèces locales à sa culture et des méthodes naturelles. Il choisit des espèces et variétés qui ne demandent pas trop de soins mais qui nécessitent néanmoins une surveillance appropriée. Il arrose en fonction des besoins des plantes et paille certaines cultures pour éviter tout gaspillage. Ici, le principal problème concerne l’eau et la récupération pluviale ne suffit malheureusement pas l’été. A côté des légumes agencés classiquement, de nombreux petits fruits (framboisiers, muriers, fraisiers, groseilliers, cassissiers) et arbres fruitiers (citronnier, abricotier, prunier, pêcher, figuier…) sont l’occasion de faire de délicieuses confitures, A noter la présence de pieds de raisin de table et d’un très beau plaqueminier qui offre à l’automne de magnifiques kakis.
Malgré des ennuis de santé qui l’ont temporairement empêché d’entretenir son jardin comme il le souhaitait, le jury salue une gestion exemplaire, un fort esprit collectif et un véritable dynamisme.
Nominée : Cécile GARNIER – JARDINS FAMILIAUX de Wissous (Essonne)
Cécile Garnier nous a reçus dans le cadre verdoyant des jardins familiaux de Wissous, où elle cultive avec son mari une parcelle de 200 m² depuis dix ans. Dès l’entrée, le visiteur est frappé par la richesse visuelle et biologique du lieu : fleurs et légumes s’y mêlent harmonieusement, attirant une multitude de papillons et d’insectes. Ce jardin, à la fois productif et ornemental, reflète une approche respectueuse de la nature et un goût affirmé pour l’esthétique.
Cécile choisit ses variétés au fil de ses visites aux journées horticoles de Saint-Jean-de-Beauregard, véritables sources d’inspiration. Passionnée d’expérimentation, elle s’appuie également sur les conseils du youtubeur Philippe Fetx, connu sous le nom F1rcx. Autodidacte, elle s’est formée sur le tas, complétant son expérience par les ressources disponibles en ligne.
2ᵉ Prix : Jean-Bernard JOUIN – Jardins familiaux de Reims à Betheny (Marne)
C’est un potager traditionnel, situé dans un ensemble de 400 jardins familiaux gérés par l’ARJF (Association Rémoise des Jardins Familiaux). Jean-Bernard définit ainsi son jardin : « c’est un jardin à la Française avec de larges allées de pelouse parfaitement droites ». Absent lors de la visite, c’est Jean-Luc Hérault, qui le seconde dans l’entretien du jardin, qui le fait visiter.
Les planches de cultures rectangulaires ou carrées sont espacées et séparées par des allées engazonnées. Le jardin est agrémenté nombreux de rosiers -spécialité de Jean-Bernard- et de fleurs ce qui donne un aspect esthétique très agréable.
L’arrosage se fait à l’arrosoir à partir d’une pompe à main située au bord du jardin ce qui oblige à bien gérer et à économiser l’eau.
Pour enrichir le sol la ville de Reims fournit tous les ans un compost en complément de celui obtenu avec le composteur du jardin. Deux plates-bandes sont cultivées en permaculture. L’une est couverte d’une ombrière qui abrite des courges et des aubergines. L’autre est plantée de pieds de tomates.
Dans les autres planches on trouve une bonne diversité de cultures significative d’un jardin nourricier. Les petits fruits rouges sont aussi présents : fraises, framboises, groseilles, cassis…
Dans un cahier de jardin sont notées les dates et nature des travaux, les semis, les repiquages.
Pour Jean-Bernard, le jardin c’est : “le bonheur d’être au grand air, la joie d’aller gratter la terre le matin à 7 h et ramener des produits à la maison, le plaisir de nouer des relations amicales avec d’autres”.
1ᵉ Prix : Georges SABATIER – Jardins familiaux de Tours (Indre-et-Loire)
Un dessin de jardin qui à première vue pourrait être qualifié de « A la française » avec ses planches bien alignées et ses passe pieds protégés. Dans la pratique c’est le résultat d’une évolution constante et jamais finie du jardinier Georges, retraité des services des espaces verts de la Ville de Tours. Il a gardé l’idée des choses bien organisées pour mieux suivre les évolutions. Il aime à dire « mon maître est Dame nature » il observe et ne fait que ce qui est nécessaire pour produire des légumes de qualité. Ce jardin de 300m² est situé dans un groupe de jardins ayant plus de 50 ans d’existence. Il n’utilise pas d’hybrides et préfère les variétés locales en lien avec l’Union pour les Ressources Génétiques du Centre Val de Loire. La tomate est en rangs dispersés sur de fortes structures pour les supporter les branches car elles ne sont jamais taillées !
De faible fréquence d’arrosage avec de fortes quantités d’eau envoient progressivement les racines des plantes en profondeur. De vielles astuces efficaces, telles que les pièges à taupins sous forme de morceaux de pomme de terre enterrés sont utilisées.
Une haie naturelle de cornouiller entoure le jardin. L’eau de pluie est récupérée et des nichoirs à oiseaux sont fixés sur des troncs.
La passion du beau, du bon et du bien anime Georges. Son jardin, situé à un angle de voies d’accès, est son meilleur « Blog ». Jardiner c’est aussi discuter et partager.
CATÉGORIE 3 : JARDIN POTAGER DANS UN ENVIRONNEMENT PAYSAGER
Prix d’encouragement : Philippe-Maurice DE BROGLIE – Château de Broglie (Eure)
Monsieur de Broglie nous a accueillies dans ce jardin potager de 5.000 m² qu’il a réhabilité il y 10 ans.
Ses motivations ? “Remettre de la vie au potager, entretenir ce merveilleux site et être au contact avec la nature. La volonté de restaurer cet espace potager qui apparaît sur les plans du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours”.
S’étendant sur 2 ha, il est structuré en carrés de 5 x 5 m plantés de légumes traditionnels et de fleurs, entourés d’allées enherbées.
Le long des hauts murs d’enceinte poussent des arbustes à petits fruits rouges et des fleurs, notamment une grande rangée de pivoines.
L’ancienne serre restaurée de 100 m2 accolée à l’un des murs, abrite une belle collection de tomates, « originales dans leurs formes et leurs couleurs » : Brandywine rouge, Striped Roman, Cerise Raisin Vert, Gold Dust, Ananas…
Des arbres sur tige : lauriers, oliviers, saule crevette, apportent quelques lignes verticales qui manquaient à ce potager à l’horizontale.
Trois jardiniers participent aux travaux du potager. Les semis sont réalisés à partir des graines récoltées tous les ans. Après repiquage, les plants sont mis en place dans les carrés en alignements réguliers, sans paillage.
Le jardin ouvre ses portes lors de la vente de produits locaux en circuit court, pour la « Fête des bons plants » à chaque printemps, ainsi qu’aux enfants des écoles et aux touristes.
Pourquoi l’envie de jardiner ? “Le jardinage a de multiples bienfaits sur notre bien-être et notre bonheur. Cela apaise, relie à la nature”.
2ᵉ Prix : Claude et Roger LASNIER à Auterive (Tarn-et-Garonne)
Un jardin trompeur
Dans ce potager « subtil et sophistiqué », nous nous retrouvons à l’inverse du schéma habituel puisque la maison a été bâtie et organisée pour le paysage.
Sans doute influencée par ses visites des jardins d’outre-manche, Claude qui était professeure d’anglais a créé, de toutes pièces, cet espace ou un peintre poserait volontiers son chevalet, séduit, qu’il serait très certainement par la variété et l’accord des coloris et où l’on retrouve ce charme typique des jardins « à l’anglaise », au fouillis qui n’en est pas un.
Intimiste, il se dégage de ce lieu un charme tout en discrétion.
Ainsi dans une belle harmonie, alternent et se conjuguent, s’entremêlent sans s’attacher aux convenances habituelles, des plantations de fruits et légumes, entre ombre et lumière, cette visite s’apparente à une balade romantique.
En second lieu, il s’agit du jardin de Roger, où l’on reconnait bien là l’architecte qui a adopté un très classique système géométrique fait de carrés surélevés assurant la production potagère.
Ces deux concepts qui n’en font qu’un forment un écosystème de bon goût, autonome, équilibré et nourricier, réalisés dans un parfait partage complice d’amour et d’humour.
Comme ils le disent : « Monsieur est d’abord le profiteur du jardin de Madame, avant que Monsieur ne me pique l’eau pour nous nourrir… » et Monsieur de répondre « J’ai toujours été le plus grand fan du jardin de Madame ». Un partage parfaitement réussi qui aboutit à des récoltes qui suffiraient aux besoins d’une grande famille nombreuse.
CATÉGORIE 4 : JARDIN POTAGER À VOCATION PÉDAGOGIQUE
Prix spécial forêt nourricière : Alexis de COURSON – Association Noisette à Chars (Val d’Oise)
Pour Alexis de Courson, l’envie de créer un jardin-forêt pour vivre au plus près de la nature s’est intensifiée pendant le confinement dû au Covid. Avec son épouse Anna et sa sœur Sophie, ils créent l’Association Noisette et concrétisent leur projet il y a 4 ans en faisant l’acquisition d’une forêt de 6 000 m² dans le Parc Naturel du Vexin dans le Val d’Oise. C’est un jardin qui s’inspire du fonctionnement d’une forêt, avec plusieurs étages de végétations comestibles : des arbres fruitiers, des arbustes à petits fruits, des plantes vivaces ou aromatiques.
“Nous expérimentons le principe de jardin-forêt comestible en testant différentes approches et en observant ce qui fonctionne, en laissant la nature nous guider. Notre objectif est de créer un écosystème résilient et autonome qui nécessite le moins possible de maintenance et d’entretien. En laissant la nature suivre son cours, nous visons à créer un jardin productif, durable et respectueux de l’environnement”.
Après un gros travail de nettoyage du terrain, qui servait de dépôt d’épaves de voitures, et d’abattage d’arbres malades, 60 arbres fruitiers de différentes espèces ont été plantés en chantier participatif.
Dans “l’allée des petits fruits”, les enfants de l’école de Chars ont plaisir à cueillir et à manger.
Dans la petite serre de 25 m2 construite sur le flanc de la maison poussent des tomates, des kiwis, des kiwaïs… L’arrosage se fait grâce à un réservoir d’eau de pluie tout proche.
Près de la maison s’étendent le jardin d’herbes aromatiques et le potager qui sont délimités par des pierres ou du bois tressé.
Dans le potager “les adventices sont désherbées manuellement le premier mois”. Ensuite les plantes sauvages et les fleurs côtoient librement les plantes cultivées.
Une rivière, une source, deux mares environnent le jardin et la nappe phréatique peu profonde alimente naturellement en eau le jardin.
Dans un cahier de cultures sont notées les dates de plantation, de récolte, les variétés, les conditions météorologiques et les observations sur la santé des plantes.
Leur objectif n’est pas d’obtenir un rendement important, mais d’apprendre en observant la nature, de partager leur expérience et d’échanger avec les visiteurs, notamment lors des “dimanches Noisette” organisés le 1er dimanche de chaque mois, avec des visites guidées, des ateliers de taille de fruitiers, de greffe. Ils sensibilisent également chaque année les 200 élèves de l’école de Chars à la nature et à la biodiversité lors des animations qu’ils organisent dans la forêt comestible.
2ᵉ prix : Jean-Yves GUYARD et Nathalie BOUCHARD – Arboretum de Versailles-Chèvreloup à Le Chesnay-Rocquencourt (Yvelines)
Créé en 2018 à l’initiative d’un groupe d’amis, dont J.-Y. Guyard, président de la Société d’Horticulture des Yvelines, le jardin pédagogique de l’Arboretum de Chèvreloup bénéficie d’un cadre privilégié au sein de l’arboretum.
Une convention de Partenariat entre le MNHN et la SHY permet la mise à disposition gracieuse d’un terrain dédié au jardinage pour adultes et enfants.
En échange du respect des horaires et des règles liées aux arbres et à la participation à des événements organisés au sein de l’Arboretum tout au long de l’année.
À l’ombre des arbres, ce lieu de fraîcheur réunit une trentaine de membres, recrutés surtout lors de la Journée des associations. L’ambiance y est conviviale: les anciens forment les nouveaux et les bénévoles, les membres expérimentés multiplient les initiatives au bénéfice de tous.
Le jardin a participé au projet européen INCREASE en testant plusieurs variétés de haricots et mène de nombreux essais, notamment en syntropie, afin de nourrir le sol et d’expérimenter de nouvelles pratiques. Les amendements sont naturels : compost, corne, fumier et paillage de feuilles en hiver. Au centre, un jardin mandala illustre la rotation des cultures sur quatre ans, et un espace floral, développé avec la section d’art floral de la SHY, alimente la confection de bouquets. Les récoltes, non comptabilisées, sont partagées équitablement entre jardiniers.
L’École des Mains Vertes initie les enfants de 8 à 12 ans au jardinage. Encadrés par quatre jardinières bénévoles, ils cultivent toute l’année une parcelle de 12 m², apprennent la vie des plantes et rapportent leurs récoltes. Le matériel, les graines et les plants sont fournis, et les cours se tiennent chaque mercredi matin à l’Arboretum, même pendant les vacances.
1er prix : Alain HUBERT – Jardin école de la Société Régionale d’Horticulture de Clamart (Hauts-de-Seine)
Au cœur de Clamart, le jardin école de la SHRC incarne la passion et la transmission du savoir-faire horticole. Sur un terrain communal de 360 m², dont 100 m² dédiés au potager, une dizaine de bénévoles cultivent une vingtaine d’espèces en agriculture biologique : tomates, courges, choux et bien d’autres, sous serre ou en plein air. Depuis 2020, Hubert Alain, retraité et animateur infatigable, coordonne ce lieu d’apprentissage et de partage.
Le jardin accueille chaque année 11 classes de cinq écoles, de la maternelle au primaire, soit près de 200 élèves. Trois ateliers rythment l’année : plantation de bulbes, semis de printemps et dégustation estivale. Guidés par les bénévoles, les enfants découvrent les gestes du jardinage, la reconnaissance des plantes et la vie du sol, à l’aide de fiches pédagogiques conçues sur mesure.
Des collégiens viennent également y compléter leur formation. Le jardin école propose aussi un cycle d’ateliers « Créer un potager bio » pour ses adhérents : six séances alliant théorie et pratique sur la rotation des cultures, le paillage, l’arrosage ou le semis. Deux journées portes ouvertes permettent enfin aux Clamartois de découvrir ce lieu convivial et exemplaire, véritable laboratoire de biodiversité et d’éducation au jardinage durable. Ce jardin pédagogique est un exemple d’action collective réussie qui favorise la création de liens entre les citoyens et les différentes générations.
CATÉGORIE 5 :JARDINS PARTAGÉS MIS EN PLACE ET CULTIVÉS AU SEIN D'UNE ENTREPRISE OU PAR UNE ASSOCIATION
Prix d’encouragement : Christophe BICHON – Jardin partagé du quartier de Nocaze à Montelimar (Drôme)
À Montélimar, le jardin partagé du quartier de Nocaze est un carré de verdure de 400 m², niché entre des immeubles qui sont en pleine rénovation. Dans ce quartier prioritaire de la ville, la municipalité a décidé de suivre le vœu exprimé par les habitants : la transformation d’un terrain vague goudronné, devenu une friche-dépotoir, en jardin communautaire.
Le goudron est enlevé, les clôtures posées et le nouveau jardin démarre en avril 2023. Il est géré par le Centre Social du quartier mandaté par la mairie, qui demande une adhésion de 6,5 euros et fait signer à chaque participant une charte de bon usage. Il est divisé en deux espaces : un jardin familial, avec des parcelles attribuées, et un jardin partagé. La première adjointe déléguée à l’environnement, Mme Magnano-Bellier, nous dit à quel point elle est satisfaite du fonctionnement de cet espace qui est bien accepté et protégé par tous et qui crée du lien social, avec les visites des enfants des écoles. Un agrandissement de l’espace cultivé est prévu, si les crédits suivent…
Christophe est l’animateur du jardin partagé. Il est auto-entrepreneur et facture au Centre Social ses 30 interventions annuelles de 3 heures ainsi que la fourniture de semences et de plants.
La visite du jardin partagé avec les personnes impliquées montre un espace très propre, aux allées recouvertes de broyat. La terre argileuse est amendée avec du fumier de cheval et du compost de déchetterie. Les cultures sont paillées avec du vieux foin. Un début de cultures en hauteur et d’ombrières végétales, avec les bambous rapportés par Christophe, agrémente le jardin. Si les adhérents semblent encore manquer de maîtrise du jardinage, le rôle de Christophe est essentiel pour la transmission des savoirs aux jardiniers et la pérennité de cette belle réalisation.
Le jury a été impressionné par le résultat du travail collectif réalisé en si peu de temps. Deux ans, c’est très court.
Prix spécial îlot de verdure en ville : Émile BÉVILLON à Saint-Étienne (Loire)
Nature en ville
Dès l’’entrée, nous sommes accueillis par le maître des lieux pour nous guider vers ce jardin, dont l’entrée se fait par la porte d’un petit immeuble dans une rue peu passante de St-Étienne. Un long couloir sombre et étroit que nous n’aurions pas trouvé sans y avoir été invité, et nous voilà débouchant dans une étonnante verdure, un « Jardin extraordinaire… » !
Dans cet espace insolite, bien à l’abri des regards de la rue, encastré entre des immeubles assez anciens en cours de rénovation, se trouve un potager partagé, minuscule par sa surface, mais foisonnant de légumes et de fleurs entremêlés, formant un petit îlot de verdure vraiment surprenant et très agréable bien à l’abri du vent.
On nous explique que les habitants de chaque immeuble qu’ils soient propriétaires ou locataires possèdent chacun une petite surface., un « petit lopin de terre ». Lorsqu’il est arrivé, ces jardins étaient en fort mauvais états. C’est ainsi, qu’il a commencé à prendre en charge l’aménagement des jardins dépendants de son immeuble. Planté de nombreux arbres fruitiers colonnaires pour transformer cet espace et le rendre agréable à vivre. Ensuite, il y a installé de nombreuses espèces potagères placées selon les espaces disponibles tant sur sa parcelle que celles dédiées aux autres habitants de l’immeuble sans se préoccuper de l’association des espèces qu’il nous a présentée et qu’il cultive avec soin tout en réservant deux espaces aménagés pour se reposer « dans la nature », alors que nous sommes en pleine ville. On y trouve sur l’un des deux, une petite mare de « type japonisant » avec des poissons et un coin café. Un lieu propice tant à la détente qu’à la réflexion sur les cultures à venir.
On ressent chez ce passionné compétent le besoin de cultiver des plantes de toutes sortes réussissant le défi de faire cela en pleine ville, et c’est comme nous avons pu le constater, un pari ainsi qu’une réussite, faisant de ce jardin un lieu à la fois étonnant, productif et agréable à vivre.
1er prix Céline RONFORT : Les Jardins de l’abbaye – Association des Idées Plein la Terre à Dol-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine)
Du bel ouvrage !
Les Jardins collectifs de l’Abbaye sont implantés en plein cœur de Dol-de-Bretagne, à proximité d’une maison de retraite. D’une surface de 2.700 m² dont 820 en potager, nos jardins sont en effet ouverts à toutes les familles. Ces jardins sont l’archétype d’une production nourricière, on y retrouve tous les composants du traditionnel jardin potager. Mais bien plus qu’un simple potager cultivé collectivement, ils constituent un espace vivant, ouvert à tous, où se cultivent à la fois légumes, liens humains et savoir-faire.
Lieu de rencontre et de mixité, chacun vient participer à sa manière pour planter, arroser, récolter ou simplement profiter du calme et des couleurs. On y retrouve des légumes, des fleurs mellifères, des herbes aromatiques, des petits fruits, quelques arbres fruitiers, ainsi que des espaces pour favoriser la biodiversité et attirer les pollinisateurs. Bien équipés, ils disposent d’une serre vitrée de 80 m², d’un grand abri fixe de 220 m² et d’un local qui sert pour se réunir, échanger et ranger les outils.
Porté depuis juillet 2024 par l’association « Des Idées Plein la Terre », le jury a pu apprécier le travail réalisé depuis seulement un an pour ce projet profondément humain qui se veut à la fois nourricier, éducatif, écologique et solidaire.
Des compétences, de la bonne volonté, un état d’esprit constructif, de la solidarité : tous les ingrédients sont réunis pour la réussite de ce projet qui mérite d’être encouragé et distingué.
CATÉGORIE 6 : JARDIN POTAGER THÉRAPEUTIQUE
2ᵉ prix : Association Jardin Santé et Partage – Le jardin du rouge-gorge – Communauté religieuse Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine)
Thierry, kinésithérapeute en activité, et passionné de plantes et de curiosités botaniques, nous accueille au nom de l’Association Jardin Santé et Partage à Issy-les-Moulineaux. Le jardin fait partie du grand parc du séminaire St Sulpice attenant à l’église St Sulpice.
Le jardin « le rouge gorge » est un espace de curiosités, de découvertes, de travaux et de détente pour des patients atteints d’autisme ou de troubles du spectre autistique, de troubles cardiaques, psychologiques, sociaux ou physiques. Ils viennent d’un établissement spécialisé de Meudon.
Le jardin mi ombragé, comprend une partie haute et plate, au niveau de la rue, et une partie basse, très pentue. La surface totale est de 900 m².
Prêté par la communauté religieuse Saint-Sulpice depuis un peu plus d’un an, le travail accompli par l’Association Jardin Santé et Partage avec l’aide de Cécile Favier et Marie-France Estevenon est impressionnant : remise en état du terrain qui était en friche, débroussaillage, installation de clôture, amélioration de la terre, création d’allées, plantation, entretien… création de bacs de cultures, de coins détente, tous fabriqués avec des produits de récupération par lui et ses proches
Le jardin est riche en variétés pour stimuler tous les sens, en plantes utilitaires, comestibles et en fleurs. Les plantes médicinales, aromatiques ou tinctoriales y trouvent une bonne place et servent à certains ateliers faits sur place (ateliers couleurs, atelier « Tataki Zomé » d’impression végétale sur tissus…).
Les légumes sont plutôt cultivés dans la partie en pente, On accède à ces surfaces par un escalier qui a été remis en état, et qui permet de faire des exercices physiques tels que monter et descendre l’escalier pour certains patients. Les légumes récoltés sont partagés avec les jardiniers patients et les bénévoles.
Les patients participent suivant les séances et les saisons aux activités de jardinage, mais cela ne constitue pas l’essentiel de la séance. Ils retirent des bénéfices psychologiques par le seul fait de sortir de leur établissement et de se trouver dans un lieu « refuge ». Ces visites leur permettent d’avoir de la joie, de l’émerveillement, et de reprendre un peu confiance en eux.
Les bénéfices physiques sont également importants : porter un arrosoir plein d’eau, un seau de terreau ou se baisser, ramasser les herbes… gestes simples mais parfois compliqués pour certains, qui deviennent plus faciles avec le temps.
L’encadrement est assuré par le personnel des établissements de santé qui profite également du jardin et fait de nombreuses découvertes. Le lien social entre les jardiniers, les encadrants et les patients, est bénéfique pour tous et propice à une amélioration de l’état de santé des patients.
1er prix : Dorothée MACHILS – Foyer d’accueil médicalisé ‘La maison d’Ulysse’ à Bullion (Yvelines)
La maison d’Ulysse est un établissement médico-social de type Foyer d’Accueil Médicalisé, situé à Bullion dans les Yvelines. Il accueille 28 adultes autistes ou ayant des troubles du spectre autistique. Ils reçoivent un accompagnement personnalisé pluridisciplinaire (socio-éducatif, pédagogique, psychologique et médical), basé sur la prise en compte de chacun, dans sa globalité et sa singularité.
Aurélien Bourdeau, le directeur nous explique que « La maison d’Ulysse est un lieu de vie, c’est la maison des résidents, dans une structure à taille humaine. On y cultive le bien vivre ensemble ».
L’ensemble du centre s’étend sur 3 ha, en pleine nature. Il comprend un potager thérapeutique d’une surface de 1.500 m², un verger de jeunes pommiers de plein vent, une ferme pédagogique avec ânes, chèvres, poules, et une grande partie en forêt.
Le potager cultivé en permaculture comprend des parcelles rectangulaires de différentes tailles, bien démarquées avec des planches au sol, une serre de 36 m² pour abri, avec une grande table pour les semis (travail de la motricité fine) et 4 grands bacs à 1 mètre de hauteur, comme des jardins suspendus. Les cultures y sont variées : plantes aromatiques diverses, blettes, choux, concombres, courges, courgettes, haricots verts, pommes de terre, tomates, fraisiers, petits fruits… Ce jardin s’insère parfaitement dans la nature environnante.
Dorothée est en charge du projet permaculturel du jardin thérapeutique depuis sa création en 2021. Elle accompagne dans leurs pratiques les 6 encadrants chargés des activités de jardinage avec les résidents et organise l’ensemble des séances au travers de plannings, des plans de plantation… Les encadrants repartissent, selon leurs groupes de résidents, les différentes tâches en concertation avec Dorothée
Comme elle nous le précise, « l’objectif du jardin est de développer la psychomotricité des résidents, pour faciliter leur quotidien. La permaculture joue ainsi un rôle fondamental dans le processus d’inclusion ».
Si certains résidents participent effectivement aux activités de jardinage, d’autres viennent dans une démarche plus contemplative ou pour une stimulation sensorielle ou cognitive.
Chaque séance de jardinage fait l’objet d’une transmission des tâches accomplies au personnel médical. Des réunions mensuelles permettent d’échanger sur l’évolution des comportements, et des apprentissages des participants et sont l’occasion d’élaborer de nouveaux projets en commun.
Dorothée nous indique que « le potager a évolué au fil des saisons pour répondre au plus près des besoins et contraintes des jardiniers en herbe. Il est le support de projets collectifs que nous mettons en œuvre. J’ai à cœur de chercher, expérimenter de nouveaux contenus d’ateliers afin d’apporter un accompagnement le plus personnalisé possible, sachant que parfois le mieux pour certains résidents, c’est d’être là au jardin assis en silence avec eux et les laisser profiter de la nature… ».
Le jury a ressenti un projet profondément humain, partagé entre le directeur, Dorothée et le personnel médical et paramédical dont les bénéfices sont importants pour les résidents.



























































































































































































« Stop aux maladies dans mon potager ».










































