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[CNJP18] Palmarès des lauréats du Concours national des jardins potagers

Le palmarès de l’édition 2018 du Concours national des jardins potagers a été dévoilé lors d’un grand moment de convivialité, de partage et d’échange entre jardiniers et passionnés. Tous les lauréats étaient conviés à la cérémonie de remise des prix qui s’est tenue le mercredi 05 décembre à la Société Nationale d’Horticulture de France.
Remise du prix spécial du jury 2018 à l’Association GACI

En effet, chaque année, le Concours national des jardins potagers récompense des jardins potagers remarquables en termes de diversité des légumes cultivés, des bonnes pratiques de jardinage et de l’esthétique même du jardin.

Ouvert à tous les jardiniers, ce rendez-vous annuel est organisé conjointement par la SNHF, l’Association Jardinot et le GNIS.

Un jury d’experts, composé de représentants de ces mêmes organisations, a sillonné, durant toute la saison estivale, les routes de France pour découvrir les jardins des 21 finalistes issus d’une première sélection réalisée sur dossier. Ces visites ont été  l’occasion de rencontrer et d’échanger avec des jardiniers passionnés et d’apprécier leurs jardins afin d’établir, conformément au règlement du concours, la liste des lauréats dans chacune des catégories suivantes :

  • jardin potager privatif,
  • potager dans un ensemble collectif de jardins (centre de jardins, jardins familiaux…),
  • jardin potager privatif situé dans un environnement paysager (château, grand parc…),
  • jardin pédagogique, réalisé sur initiative individuelle ou avec la participation d’associations de jardiniers ou de sociétés d’horticulture,
  • jardins partagés, mis en place et cultivés au sein d’une entreprise ou par une association.

Les membres du jury vous emmènent maintenant à la rencontre des grands prix de l’édition 2018 et de leurs potagers remarquables !

Les grand prix 2018

Le jardin privatif de Cathy BABAU au Pradal dans l’Hérault a séduit le jury pour son splendide potager de 1.300m² en déclivité, qui permet une vue panoramique sur toutes les plantations. Ce jardin aux couleurs chatoyantes et décoré avec goût est un véritable enchantement de verdure grâce aux paillages des cultures et à une technique d’arrosage originale. Celui de Francis MICHEL à Villeneuve-Saint-Georges dans le Val de Marne, réunit 2 parcelles pour un total de 600m² qu’il cultive depuis près de 35 ans. Avec une parfaite maîtrise technique, il obtient des résultats spectaculaires. Ce jardin est un excellent exemple de jardin vivrier qui respire la convivialité. Le magnifique potager du parc de Wesserling, dans le Haut Rhin, monument historique qui retrace l’aventure industrielle de l’ancienne « Manufacture Royale » est géré par l’association « les jardins de Wesserling » depuis 2003 et Florence CATTENOZ et Jean GRANELLO. Aménagé avec un souci d’esthétisme, il présente une impressionnante diversité de légumes. Enfin, le jury a souhaité cette année mettre à l’honneur le centre horticole jardin « Emile senteurs » animé par Étienne GRAVE, éducateur spécialisé à l’Association ARCHIPEL de Saint-André-lez Lille dans le Nord. C’est un outil pour le traitement thérapeutique dans les problèmes de santé mentale. Un parcours pédagogique est aménagé avec l’objectif d’améliorer le processus cognitif des patients : reconnaissance de types de menthes ou de types de paillages ; jetons pour retrouver des animaux et des végétaux… Les patients sont affectés à des travaux de jardinage, d’entretien ou de confection de mobilier de jardin.

Cat. 1 : jardin potager privatif

Grand prix : Cathy BABAU – Le Pradal (Hérault)

© C. BABAU / CNJP 2018

C’est dans un espace déshérité et avec un déficit pluvieux permanent, que Cathy BABAU a créé un potager remarquable qu’elle cultive depuis 6 ans (« que du bonheur » dit-elle).
Il présente plusieurs espaces sur un terrain de 1300 m² en déclivité, ce qui permet une vue panoramique sur toutes les plantations. Malgré la sécheresse ambiante, c’est un enchantement de verdure, de culture de légumes et de fleurs aux couleurs chatoyantes. Le secret de Cathy : les oyats, ces poteries en terre cuite poreuse, qui enterrés près des végétaux et régulièrement complétés avec de l’eau, leur permettent de prélever le liquide qui leur est nécessaire. L’utilisation du paillage permet aussi d’économiser cette eau précieuse qui est récupérée dans des cuves pour les longues périodes sans pluie. Des poteries judicieusement disposées agrémentent le décor, des petits pots en terre cuite sur des tiges permettent de repérer les variétés de tomates, un pancartage en planchettes de bois permet de se diriger, des citations sur ardoise incitent à la réflexion, des personnages mannequins disposés çà et là donnent de la vie , des abris à insectes , des nichoirs, un poulailler, un bassin, des parapluies ou des parasols pour faire de l’ombre, la liste est longues des découvertes à faire dans ce jardin.

Le jury apprécie particulièrement ces techniques de jardinage sans faille, sans utilisation de pesticides, avec une grande diversité de légumes et de fleurs qui sont agréablement mélangés. La recherche d’espèces ou de variétés particulières complète les éléments de cette visite, nous notons environ 30 variétés de tomates et l’incontournable oignon doux des Cévennes. Cathy BABAU est une passionnée de ce jardin qu’elle a créé de toutes pièces avec beaucoup de goût et de créativité.

Ce potager est exceptionnel, comme la jardinière qui nous explique que « ses motivations à jardiner sont une source d’inspiration. En effet, étant artiste peintre, j’aime la couleur, l’esthétisme, la matière et la fantaisie ». Nos lauréats sont souvent aussi des artistes !

Cat. 2 : potager dans un ensemble collectif de jardins

Grand prix : Francis MICHEL à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne)

© F. MICHEL / CNJP 2018

Son potager réunit 2 parcelles pour un total de 600m² qu’il cultive depuis près de 35 ans.
Francis est un jardinier extrêmement expérimenté. Il produit une impressionnante quantité de légumes variés de belle qualité destinés à sa famille et ses proches. Le jury note les asperges, des christophines et une grande variété de tomates. Sa méthode de production est plutôt conventionnelle mais sans excès et il obtient des résultats spectaculaires. Il essaie de nombreuses variétés tout en gardant les grands classiques.

Son épais paillage réalisé avec des déchets végétaux semble très efficace. Il lui permet de réduire les risques de contamination par le sol. Son terrain est très propre grâce à un travail continu aussi bien en hiver qu’en été.

Il passe toutes ses journées au potager. Pendant de nombreuses années il a enregistré ses récoltes, le temps passé, ses dépenses et a pu estimer que cela lui permet d’économiser plus de 1000 € par an, et de nourrir sa famille toute l’année.

C’est un excellent exemple de jardin vivrier performant, mais qui n’exclut pas la convivialité avec les voisins et favorise les liens familiaux : « Il y a aussi un côté éducatif avec mes petites filles qui découvrent comment poussent les légumes, et surtout cela permet d’éveiller leurs palais à des produits sans traitement chimique. »

Cat. 3 : jardin potager privatif dans un environnement paysager

Grand prix : Florence CATTENOZ et Jean GRANELLO
à Husseren-Wesserling (Haut-Rhin)

© F. CATTENOZ et J. GRANELLO / CNJP 2018

L’association « les jardins de Wesserling » gère depuis 2003 le potager du parc de Wesserling, monument historique qui retrace l’aventure industrielle de l’ancienne « Manufacture Royale ».

Il est divisé en plusieurs parties, un petit potager de 460m², un grand de 1200m², un espace aromatique de 300m², un univers petits fruits de 230m², et enfin un grand verger de 1250m².
Le potager se visite et de nombreuses manifestations sont organisées tout au long de l’année. « En référence au passé du site, nous présentons chaque année une allée textile  en choisissant dans les archives de l’écomusée des tissus imprimés à la manufacture au 19e siècle. Traités numériquement, ces échantillons agrandis sont présentés dans les parcelles reproduisant sur le terrain les motifs du tissu en mélangeant légumes et fleurs ».

Le jury note un bon niveau d’équipement : serre chauffée, tunnels, silo à compost, récupérateurs d’eau de pluie. Le mariage des fleurs et des légumes est appliqué systématiquement. Ici, il n’y a pas de produits chimiques utilisés. Paillage abondant et rotation des cultures sont pratiqués et le ramassage des doryphores et des limaces se fait à la main.

La grande diversité est impressionnante : plus de 150 variétés de légumes dont 12 en choux, 30 en tomates, de l’oca du Pérou, crosne, yacon, chervis, salsifis…De nombreuses informations sont à la disposition des visiteurs à l’aide de calicots textiles. C’est un très beau jardin, propre et bien entretenu. Une petite brasserie est à la disposition des visiteurs. La vente des légumes et de confitures faites sur place participent à l’équilibre financier de l’association. Comme l’explique Florence, les buts de ce potager sont multiples : pédagogique, esthétique, ludique, productif et social avec 15 personnes en insertion encadrés par plusieurs bénévoles.

Cat. 4 : jardin pédagogique

Grand prix : Étienne GRAVE, Association ARCHIPEL à Saint-André-lez-Lille (Nord)
© E. GRAVE / CNJP 2018

(Monsieur Claude DOGNON : Président d’Archipel)

Le centre horticole jardin « Emile senteurs » est animé par Étienne GRAVE, éducateur spécialisé. C’est un outil pour le traitement thérapeutique dans les problèmes de santé mentale. L’établissement compte 80 lits, mais 90% des personnes à problème sont en traitement hospitalier de jour à domicile.

L’association ARCHIPEL facilite les activités culturelles et sportives pour les personnes suivies en soin à l’EPSM (Établissement Public de Santé Mentale) et soutient l’activité jardinage.

Un parcours pédagogique est aménagé avec l’objectif d’améliorer le processus cognitif des patients : Reconnaissance de types de menthes  ou de types de paillages ; Jetons pour retrouver des animaux et des végétaux. Les patients sont affectés à des travaux de jardinage, d’entretien ou de confection de mobilier de jardin.

Le jardin est constitué de plusieurs espaces :

  • Un jardin potager de 480m² ;
  • Une grande serre avec un espace jeux et un espace rempotage pour les enfants ;
  • Une tonnelle végétale ;
  • Un poulailler ;
  • Un jardin clos pour les grands malades ;
  • Une grande serre pour tomates, poivrons et espèces nécessitant de la chaleur ;
  • Un espace vert avec un cheval, des chèvres, des oies…

Dans ces espaces aucun pesticide n’est utilisé. L’ensemble est très esthétique avec le mariage des légumes et des fleurs. On y pratique rotation des cultures, récupération d’eau, essai réussi de culture en lasagne. Les espèces et les variétés sont adaptées aux besoins de consommation. La production est consommée sur place (soupe journalière), mise en congélation ou emportée par les patients.

Des collections de romarins, de thyms (40 variétés), de menthes (105 variétés), de pélargoniums sont aussi des outils pour la reconnaissance des senteurs. L’équipe qui anime le jardin allie la pédagogie et la thérapie avec une grande connaissance des plantes et des pratiques de jardinage respectueuses de la nature. Étienne Grave indique : « Le jardin n’est qu’un outil d’accompagnement pour ces personnes en souffrance, et nous restons vigilant pour garantir notre travail d’éducateur. Enfin, nous mettons un accent fort sur l’accueil, l’échange, le lien social et ce jardin est un lieu que nous avons adapté au fil du temps. » Le jury a été très impressionné par cette réalisation exemplaire.

Le palmarès 2018

Catégorie 1 : Jardin potager privatif

Grand prix : Cathy BABAU à Le Pradal (Hérault)

© C. BABAU / CNJP 2018

1e Prix : Frédéric DENIZET et Annick HUBENS à Le Luc en Provence (Var)

© F. DENIZET / CNJP 2018

2e prix : Dominique MALANDAIN à Saint-Martin-de-Boscherville (Seine-Maritime)

© D. MALANDAIN / CNJP 2018

3e prix : Cécile DUREL à Sainte-Eulalie (Gironde)

4e prix : Martin HIVERT à Beaupouyet (Dordogne)

© M. HIVERT / CNJP 2018

Prix spécial du jury : Eve BACHELET à Saint-Pierre-de-Manneville (Seine-Maritime)

© E. BACHELET / CNJP 2018

Nominée : Elisabeth MULLER à Illtal (Haut-Rhin)

© E. MULLER / CNJP 2018

Nominé : Quentin PRINCE à Le Poinçonnet (Indre)

© Q. PRINCE / CNJP 2018

Catégorie 2 : potager dans un ensemble collectif de jardins

Grand prix : Francis MICHEL à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne)

© F. MICHEL / CNJP 2018

1er prix ex-aequo : Danuta BODET à Bourg-en-Bresse (Ain)

© D. BODET / CNJP 2018

1er prix ex-aequo : Agostinho MARTINS à Paris

© A. MARTINS / CNJP 2018

3e prix : Isabelle ROLANDO aux Andelys (Eure-et-Loire)

© I. ROLANDO / CNJP 2018

Catégorie 3 : jardin potager privatif dans un environnement paysager

Grand prix : Florence CATTENOZ et Jean GRANELLO à Husseren-Wesserling (Haut-Rhin)

© F. CATTENOZ et J. GRANELLO / CNJP 2018

Catégorie 4 : jardins ou parcelles pédagogiques

Grand prix : Étienne GRAVE à Saint-André-lez-Lille (Nord)

© E. GRAVE / CNJP 2018

1er prix et ordre du ROMARIN : Patrick FONTAINE à Montreuil (Seine-Saint-Denis)

© P. FONTAINE / CNJP 2018

Catégorie 5 : potagers partagés mis en place et cultivés au sein d’une entreprise ou par une association

1er prix : Hourya KONTATE à Arcueil (Val-de-Marne)

© H. KONTATE / CNJP 2018

Prix spécial du jury : Association GACI à Saint-Amé (Vosges)

© Association GACI / CNJP 2018
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Concours organisé en partenariat avec la FNMJ (Fédération Nationale des Métiers de la Jardinerie), 
La Vie du Jardin et des Jardiniers, CP JARDIN (Produits biologiques pour le jardin), 
NATURES MARKET (Nichoirs et abris pour auxiliaires) et DUMONA (Terreaux, supports de culture et paillage.

Et si le jardin était plus rentable qu’un livret A ?

La section potagers et fruitiers recherche dès à présent des jardiniers amateurs, situés dans différentes régions de France, motivés pour participer à cette grande enquête/étude qui permettra de recueillir des informations détaillées sur vos pratiques de jardinage, les coûts et les bénéfices que vous retirez de votre potager.

[section potager] essais concombres : comparaison de 5 variétés

Soucieuse de faire découvrir les différences variétales et de permettre aux jardiniers amateurs de continuer à récolter des légumes en quantité et en qualité raisonnables en utilisant moins de produits phytosanitaires la section potagers et fruitiers de la SNHF met en œuvre différentes actions. Pratiquement, depuis de nombreuses années des essais comparatifs de variétés de légumes sont organisés.

En 2017 elle a proposé de tester 5 variétés de concombre. Dans ces essais les jardiniers ne doivent effectuer aucun traitement phytosanitaire afin de mieux observer des différences de comportement entre les variétés.

Cette expérimentation a été proposée à un réseau de 52 jardiniers amateurs volontaires bien répartis sur le territoire français.

Avec les semences, chaque jardinier a reçu un protocole décrivant les opérations à effectuer, une feuille de notations ainsi que les descriptions des principales maladies et ravageurs des concombres.

Les semences des 5 variétés étaient “sous numéro”. Les noms des variétés ont été transmis aux jardiniers après le dépouillement des résultats de ces essais. Les 5 variétés proposées dans cet essai étaient :

  1. Marketer (épineux)
  2. Gynial (F1, lisse, gynoïque parthénocarpique)
  3. Crokdélice (F1, lisse, gynoïque parthénocarpique )
  4. Jazzer (épineux, foncé)
  5. Lemon (jaune, ovoïde)

Ces choix variétaux ont été faits afin d’essayer de mettre en comparaison des variétés de types assez différents.

Globalement, les résultats enregistrés ont été extrêmement variables selon les précautions prises, les lieux, les conditions climatiques et les accidents… Mais malgré les difficultés à l’occasion des semis, en période de cultures, selon les maladies et les particularités propre à l’année, difficiles dans certaines régions, ces essais ont permis d’obtenir des récoltes de bonne qualité chez un nombre suffisant de jardiniers expérimentateurs pour en tirer quelques tendances.

Comportement des variétés

De nombreux échecs ont eu lieu dès les semis . Ces difficultés étaient dues probablement à un défaut de régularité de l’humidité ou de la température au cours de la germination, ou à l’emploi d’un terreau de mauvaise qualité. Mais dans de bonnes conditions les 5 variétés ont levé assez rapidement, la variété 5 a eu toutefois une germination un peu défectueuse.

Après le repiquage, quelques maladies ont été signalées (anthracnose, botrytis, pythium du collet, alternariose, mosaïque) ainsi que quelques accidents (résidus d’herbicide, limaces, sécheresse …).

Les vraies difficultés sont apparues avec l’oïdium (d’abord sur la variété 1) à partir de juillet chez certains puis avec le mildiou à partir du mois d’août pour la grande majorité. Peu de différences significatives ont pu être enregistrées entre les variétés.

Dans la plupart des régions les premières récoltes ont commencé fin juin pour les variétés 1 à 4 et plus tardivement pour la variété 5. Les dernières récoltes se sont échelonnées entre la mi-août et la mi-septembre selon la date d’arrivée de l’oïdium puis du mildiou.

L’état sanitaire global est apparu légèrement meilleur pour les variétés 2,3 et 4.

La variété 5 plus tardive a produit de très nombreux fruits jaunes plus petits dont la récolte a été plus groupée.

Résultats sur la production

Variété Nombre de fruits

(moyenne)

Poids total récolté (kg)

(moyenne)

Poids moyen

(grammes)

1 Marketer 22 5,3 238
2 Gynial 17 3,1 188
3 Crokdélice 26 5,8 219
4 Jazzer 18 3,7 205
5 Lemon 40 5,1 149

Commentaires : Seules les données de 28 jardiniers ont été finalement utilisées pour ces résultats, dont uniquement 15 pour les données de production ci-dessus (réponses complètes pour les 5 variétés testées). 

Résultats gustatifs

Les comparaisons gustatives ont été jugées parfois difficiles à réaliser mais un très grand nombre de notations ont été effectuées ( plus de 75 dégustateurs y ont participé). Elles permettent de donner quelques tendances. Le stade de développement des concombres dégustés a certainement joué un rôle important dans les observations (tailles des pépins, croquant ou juteux…).

Dans l’ordre, les variétés les plus appréciées ont été : la 3 Crockdélice plus croquante et à goût plus persistant et la 2 Gynial goûteuse plus proche des concombres du commerce. Vient ensuite la 4 Jazzer assez appréciée. La 1 Marketer décroche sensiblement. Enfin la variété 5, Lemon est jugée intéressante par certains pour son originalité, mais avec peu de goût, une peau épaisse et de gros pépins.

Et après

Persuadée que le choix de variétés naturellement moins sensibles aux attaques de bioagresseurs est un atout essentiel dans le développement du biocontrôle dans la protection des plantes au jardin, la section potager et fruitier proposera en 2018 d’expérimenter une autre espèce, telle que la courgette, à un large réseau de jardiniers amateurs.

Visite des pépinières et roseraies Georges Delbard

Le 13 septembre dernier, une journée d’étude organisée conjointement par la section Roses et la section Potagers et fruitiers s’est déroulée sur le site des pépinières et roseraies Georges Delbard à Malicorne.

Lors de cette visite nous avons été accueillis par Henri et Arnaud Delbard qui nous ont présenté la société et son historique, riche de leur expérience de créateurs de variétés de fruitiers, rosiers et dahlias depuis 3 générations ainsi que l’état des recherches et des développements en cours.

Les membres des sections présents ont ensuite eu le plaisir de visiter le laboratoire et la chaîne de production des cultures in-vitro : 1 millions de porte-greffe et fruitiers et 50 000 en rosiers, les serres d’hybridation et de tests.


Le groupe est ensuite parti à la découverte de l’outil de production et de ses 650 000 rosiers et 180 000 fruitiers : stockage, conditionnement, expédition…

La pause déjeuner fut l’occasion d’échanger sur des pistes de partenariat.

La visite de la collection historique de fruitiers et des vergers tests a clôturé cette journée riche en échanges pour l’ensemble des participants.

Nous tenons à remercier vivement Henri et Arnaud Delbard pour la qualité de leur accueil et pour cette visite très intéressante et instructive qui nous a permis de mieux apprécier la dimension de cette entreprise.
Ce sont des contacts de qualité, qui peuvent contribuer à des échanges constructifs pour notre association comme pour l’entreprise Delbard.

Cette expérience est à renouveler et doit inciter l’ensemble des sections à partager et mutualiser leurs projets de sorties.

[Livre] Connaissez-vous Karel Capek ?

Karel Capek, l'année du jardinierConnaissez-vous Karel Capek ?
C’est un des plus grands écrivains Tchèques, né en 1890 et décédé à Prague en 1938 (un 25 décembre !). Mais c’est aussi un passionné amoureux du jardinage.

J’ai découvert au hasard d’une foire aux livres son bouquin L’année du jardinier  écrit en 1929.

Une petite merveille de poésie et d’émotion, et surtout d’humour, tout dans l’auto-dérision où chacun pourra se reconnaitre, car si l’auteur sait se moquer de lui, il se moque aussi de nous, mais tellement affectueusement que c’est un vrai bon moment que de lire ces lignes. Pas de conseils, mais de l’émotion, des odeurs, l’amour des végétaux…

Et surtout une sensation d’intemporelle. Ces lignes pourraient avoir été écrites hier ou même aujourd’hui. Un vrai bonheur.

Je vous choisis 2 petits extraits :

Le jardin n’est jamais fini. En ce sens, le jardin ressemble au monde et à toutes les entreprises humaines.

Et cette délicieuse prière :

Si ça pouvait servir à quelque chose, le jardinier tomberait à genoux tous les jours et ferait au Bon Dieu la prière suivante : « Mon Dieu, faites qu’il pleuve tous les jours, à peu près de minuit à 3 heures du matin, mais que ce soit une pluie lente et tiède, afin que la terre puisse bien s’imbiber ; qu’il ne pleuve pas sur la lavande et toutes les autres plantes qui Vous sont connues comme des plantes amies de la sècheresse ; si Vous voulez, je Vous en écrirait la liste sur un bout de papier ; et que le soleil brille toute la journée, mais pas partout (par exemple pas sur les rhododendrons), et qu’il ne soit pas trop ardent ; qu’il y ait beaucoup de rosée et peu de vent, une quantité raisonnable de vers de terre, pas de pucerons ni de limaces, pas de moisissures, et que, une fois par semaine, il pleuve du purin étendu d’eau et de la fiente de pigeon. Amen.

 Jean-Marc Muller, président de la section potagers et fruitiers

L’année du jardinier de Karel Capek aux éditions 10/18

[section potager] essais petits pois

En 2016, la section potagers et fruitiers a décidé de faire réaliser par son réseau de jardiniers amateurs un essai petits pois (Pisum sativum)ayant pour objectif d’évaluer le comportement de 5 variétés.

Les conditions climatiques en 2016, avec une pluviométrie excessive  et des périodes froides en fin de printemps, ont gravement pénalisé les résultats, plus particulièrement dans les régions septentrionales. Bon nombre d’essais n’ont pu être menés jusqu’au bout.

Des écarts très importants ont été enregistrés selon les expérimentateurs.

Les cinq variétés retenues pour l’essai ont été choisies arbitrairement parmi les variétés proposées aux amateurs parmi les 120 variétés du catalogue français. Actuellement près de 645 variétés sont inscrites au catalogue européen et peuvent être commercialisées en France.

Caractéristiques des 5 variétés testées

 

Variété Etablissements Inscription au catalogue          Type variétal

 

pmg[i]

 

1 / Kelvil                        Vilmorin 1984 ridé vert, gros grains, précoce 260 g
2 / Douce Provence    Catros-Gerand Domaine public lisse vert, gros grains, précoce 270g
3 / Avocette                 GSN semences 2006 ridés verts, très petits grains, tardive 100g
4 / Proval                      Tézier 1971 lisse vert, gros grains 230g
5 / Maestro                Gautier 2014 lisse vert, gros grains 190g

[i] Poids de 1000 graines (moyenne)

Déroulement

 57 échantillons de 5 variétés de petits pois numérotés ont été expédiés au printemps 2016 aux jardiniers qui en ont fait la demande. Sur les 45 réponses reçues 23 ont pu être exploitées et 18 seulement pour la partie quantitative (rendement).

essais petits pois 2016
Mai 2016 vue partielle des 5 variétés en expérimentation (photo jd Arnaud)

De nombreux essais ont été arrêtés en cours pour des raisons d’inondations principalement, de dégâts dus aux oiseaux ou d’erreurs malencontreuses.

Par contre les pertes dues à des maladies ont été relativement peu fréquentes et n’ont pas eu d’influences importantes sur les récoltes.

Les dates de semis ont été très échelonnées selon les régions et les expérimentateurs et ont eu une influence importante sur le déroulement de l’essai.

Les nombres (1 à 3) et les dates de récoltes  varient fortement selon les expérimentateurs et selon les variétés. Ils ont pu avoir une influence assez importante sur les résultats.

Les écarts de rendements entre les expérimentateurs ont été extrêmement élevés (du simple à plus du décuple). Mais ces écarts semblent avoir eu peu d’influence sur les différences entre les variétés car les hiérarchies dans les résultats sont cohérentes.

Les résultats délivrés ci-dessous sont des moyennes qui peuvent cacher d’importantes disparités.

Résultats sur les cultures et les rendements

Dès le départ, des observations et des notations ont montré des différences appréciables entre les 5 variétés :

  • N° 1 : Kelvil : très mauvaise germination, levée précoce
  • N° 2 : Douce Provence : précoce, vigoureuse,
  • N° 3 : Avocette  : levée plus tardive,
  • N° 4 : Proval : précoce,
  • N° 5 : Maestro : précoce,

En cours de culture différentes maladies et prédateurs ont été signalés chez certains expérimentateurs : l’oïdium, les limaces, les lapins, les pigeons, les rats taupiers, les sitones, le botrytis, le mildiou, l’aschochyta et l’anthracnose.

essais petits pois 2016
Peu avant les récoltes, les 5 variétés diffèrent par leur précocité, leurs tailles et la forme des gousses, des tiges et des stipules (photo A. Tachouères)

Le nombre de plantes et de gousses récoltées est très variable selon les variétés.

  • Le poids moyen de gousses récoltées est d’environ 6 kg par essai.
  • Le rendement moyen de l’essai en petits pois écossés toutes variétés confondues s’élève à 2,7 Kg pour 525 g semés (soit environ 5 pour 1)

Mais les écarts de rendements pour une même variété varient de moins de 100 g jusqu’à près de 2 kg selon les lieux d’essais.

Le taux de remplissage (poids des petits pois / poids des gousses pleines) varie selon les variétés . Il est le meilleur pour Avocette (près de 50 %), puis Kelvil, puis Proval et Maestro. Il est plus faible pour Douce Provence (40 %).

Pour les rendements en petits pois écossés Douce Provence arrive en tête suivi de Maestro, puis Avocette et Proval qui sont très proches, avec un rendement de 77 % du premier.

Kelvil est à 55 %, pénalisé du fait de sa mauvaise germination dès le départ dans ces essais.

Tests gustatifs

Plus de 30 amateurs ainsi que quelques professionnels ont participé aux tests gustatifs.

Les avis sont parfois contradictoires car les qualités recherchées ne sont pas les mêmes selon les amateurs. Les dates de récoltes et la conservation ont été faits dans différentes conditions, mais les mêmes tendances ressortent chez une majorité.

Les variétés reconnues les plus tendres sont Maestro puis Kelvil et Avocette à égalité

Les plus sucrées sont Maestro et Kelvil puis Avocette

La meilleure après congélation est Avocette

Proval arrive peu après les 3 premières

Douce Provence (variété plus ancienne du Domaine public) est moins tendre et peu sucrée

Les notes moyennes de l’ensemble des enregistrements[i] sont :

Avocette 3
Maestro 3
Kelvil 2,4
Proval 2,3
Douce Provence 2

 Globalement, dans cet essai, les deux variétés les plus appréciées pour leur valeur gustative sont Avocette et Maestro. Ce sont les deux variétés les plus récentes

[i] Au total, pour les qualités gustatives, 39 enregistrements provenant de 22 lieux différents ont été regroupés pour cette notation.

Jean-Daniel Arnaud, section potagers et fruitiers

Proposition d’essai de culture de courgettes non coureuses

La section potagers et fruitiers de la SNHF organise cette année un essai de culture de variétés de courgettes non coureuses afin de tester leur résistance à l’oïdium. La comparaison sera faite entre une variété classique et trois variétés récentes données comme offrant une bonne résistance à cette redoutable maladie.

A raison de trois plants ou poquets de plants par variété, chacun occupant environ un m2 au sol, cela nécessitera de réserver pour cet essai au maximum une surface de 12 m2 de votre jardin.

La culture sera faite en pleine terre sans aucun traitement préventif ou curatif à partir de semis effectué par vos soins, soit directement  en pleine terre soit préalablement en godets.

Les graines nous sont en général fournies gracieusement par les obtenteurs qui sont intéressés par les résultats d’essais effectués par des amateurs avertis répartis dans des conditions de sols et de climats variés.

En retour, ils sont en droit d’attendre de notre part une analyse fiable : celle-ci n’est possible que si chaque expérimentateur nous adresse effectivement un  compte-rendu complet et précis des résultats de sa culture en utilisant la grille de résultat qui sera jointe à l’envoi des semences.

Nous fournirons avec les graines un protocole d’essai avec les conseils de culture et de récolte ainsi que les précisions et photos utiles pour identifier la maladie.

Cette offre est ouverte à tous les adhérents de la SNHF et à ceux des Sociétés et Associations adhérentes à la SNHF.
Si cette offre vous intéresse, pouvez-vous nous répondre avant le 6 avril 2014 avant minuit, soit par courrier adressé à la SNHF en mentionnant  « ESSAI 2014 COURGETTES » soit par mail à l’adresse suivante : info@snhf.org en indiquant comme objet  « ESSAI 2014 COURGETTES ».

Etant donné que nous sommes obligés de limiter le nombre d’expérimentateurs, seront retenues les 50 premières candidatures reçues mentionnant  l’engagement ferme de nous envoyer en temps utile la grille de vos résultats renseignée de façon complète et précise.

Merci d’avance de votre réponse et de votre collaboration !

Les courgettes sont de nouveau testées en 2018 ! Inscrivez-vous jusqu’au 31 mars pour participer à ces essais !

Résultats de l’essai “Variétés de tomates tolérantes au Mildiou” en 2012

Les conditions de culture de l’essai préconisaient une absence totale de traitement afin de vérifier le comportement des variétés aux attaques de Mildiou.

Nous avons reçu 32 réponses sur 50 expérimentateurs, certains ayant perdu la culture avant la récolte pour diverses raisons. Les feuilles de notation, ainsi que les explications complémentaires sont très bien renseignées.

Plusieurs expérimentateurs ont envoyé des photos. Dans quelques cas, les plantes manifestent des symptômes de Mildiou, mais aussi des symptômes d’autres maladies cryptogamiques ou bactériennes.

L’année 2012 a été très particulière avec un printemps froid et humide, un été tardif pour certaines régions. Ces conditions climatiques ont été très favorables au développement de maladies cryptogamiques surtout pour la tomate. Dans d’autres régions, la grêle a causé des dégâts importants, détruisant parfois la totalité des plantes.

Les semis de l’essai ont été plus ou moins bien réussis, de nombreux semis de rattrapage ont dû être faits.

En étudiant les feuilles de notation, il semblerait que les régions situées au Nord de la Loire ont été plus touchées que celles du Sud. L’apparition des premiers symptômes dès le début Juillet confirme cette observation.

Etant donné la destruction partielle du feuillage (maladie et taille), il est difficile de juger la production et le calibre des fruits.

L’ensemble de ces éléments nous amène à ne pas pouvoir publier cette année une comparaison pertinente des qualités et défauts des différentes variétés testées, ce dont nous vous prions de bien vouloir nous excuser.

Quelques explications sur le Mildiou de la Tomate (source : les maladies de la tomate, D. BLANCARD, Editions QUAE, 2009).

Il y a deux mildious sur TOMATE : le mildiou aérien Phytophtora infestans et le mildiou terrestre Phytophtora nicotianae que nous n’aborderons pas ici. Les symptômes sont légèrement différents (fruits tachés mais lisses, non bosselés).

Le P. infestans est le même que sur la pomme de terre mais l’infection tomate-pomme de terre est plus facile que pomme de terre-tomate.

Le P. infestans serait originaire de Bolivie-Equateur mais on ne peut occulter une possible origine Mexique.

Le P. infestans a deux types sexués A1 et A2. Jusque dans les années 1980, l’Europe n’avait que le type A1. Les dégâts étaient peu importants. Puis est rentré probablement du Mexique, le type A2 au milieu des années 1980 et il y eut beaucoup de dégâts à la fois sur Tomate et sur Pomme de Terre. Comme beaucoup de micro-organismes parasites, il y a des RACES.

A ce jour, on a identifié 8 races mais il s’agit bien du même parasite qui attaque de manière différente des variétés génétiquement différentes en terme de gènes de tolérance.

On dispose à ce jour de 3 gènes qui apportent des résistances partielles. En Europe, au milieu des années 70, les sélectionneurs ont introduit le gène Ph2 qui a apporté une faible protection, plutôt un retard dans le développement des symptômes.

Mais de nouvelles races du parasite sont apparues et le gène Ph2 ne couvre pas les 8 races connues. Aux USA, les sélectionneurs ont introduit le gène Ph3 en le cumulant avec le Ph2. Les premières variétés Ph2+Ph3 cultivées aux USA ont été rapidement abandonnées suite à l’apparition de nouvelles races de P.infestanscontournant ces gènes. Le gène Ph3 n’a pas été développé pour l’instant en Europe. En plus, il s’agit de « résistance partielles ». Donc, la résistance au mildiou aérien est plus que problématique.

En France, seul le gène Ph-2 est disponible dans des variétés commercialisées, mais son efficacité reste relative. En effet, la résistance n’est que partielle, c’est-à-dire qu’elle ne fonctionne que vis-à-vis de certaines souches de Phytophthora infestans. En pratique son intérêt sur le terrain est très limité.

La sélection est active sur ce problème et s’oriente vers l’introduction de résistances polygéniques présumées plus durables qui ont été identifiées dans les espèces sauvages apparentées à la tomate.

Nous n’envisageons pas de nouvel essai pour l’année 2013, pour une question de délai d’obtention des semences nécessaires. Par contre nous envisageons pour l’année 2014 un essai de courgettes non coureuses, légume pour lequel des évolutions génétiques intéressantes sont apparues depuis quelques années.

Résultat des essais 2009 : chicorées scaroles d’été

L’essai portait sur une variété ancienne, la chicorée ‘Grosse Bouclée’, pour examiner son comportement chez les expérimentateurs ; 4 provenances avaient été retenues.


Sur les 29 réponses reçues, 20 comportaient des résultats de pesées et 16 ont pu être utilisées dans une analyse simple.
Pour ceux qui n’avaient pas prévu d’arrosage, l’automne très sec n’a pas été favorable au développement de plantes normales. C’est pour cela que les résultats sont très inégaux (de 250 g pièce à plus d’un kilo). Dans l’ensemble, les semis ont été faits aux dates demandées.

  • La variété 1 a semblé beaucoup plus précoce que les autres, avec une « pomme » assez serrée mais un développement plus faible.
  • Seule la variété 2 a eu un comportement correct dans tous les essais.
  • La variété 3 a été souvent notée hétérogène : des grandes plantes, des grandes feuilles.
  • La variété 4 est souvent absente des résultats (graines enrobées ayant mal supporté le transport).

La grande dispersion des données a rendu difficile une analyse fiable, aussi ont été seulement utilisées les pesées de la dernière récolte (25 septembre-10 octobre 2009).

En prenant toutes ces précautions, le classement variétal serait le suivant : variété 2 > variété 3 > variété 1 > variété 4.

D’après les commentaires donnés par les expérimentateurs, les variétés 2 et 3 sont les meilleures ; la variété 4 n’a pu être jugée ; la variété 1 a été pénalisée par sa plus grande précocité et donc un développement moindre.

D’un point de vue « gustatif », la variété 2 a été jugée excellente, sans amertume dans de nombreux cas, tandis que la variété 3 présentait parfois une pointe d’amertume.

En conclusion, nous dirons que les deux variétés 2 (sélection Bovary des Ets Graines Gautier) et 3 (Ets Catros-Gérand) sont équivalentes et ont donné une excellente production.

Compte-rendu de Jean-Noël Plagès

Carottes d’automne : résultats d’essais

En 2008, la section Jardins Potagers & Fruitiers a décidé de faire réaliser par son réseau de jardiniers amateurs un essai Carottes d’automne ayant pour objectif de mettre en évidence le comportement des variétés choisies vis-à-vis d’un parasite fongique, Alternaria dauci, responsable de la brûlure du feuillage en période estivale.

Malheureusement, les conditions climatiques de l’été 2008, froides et humides, n’ont pas été propices au développement du parasite. Donc, aucune analyse sur ce caractère n’est possible. Toutes les notations demandées sur l’état du feuillage en cours de culture ont été parfaitement réalisées. Sauf dans deux ou trois cas, le feuillage a été sain jusqu’à la récolte. Sur 52 envois, nous avions reçu 32 réponses et 26 sont suffisamment complètes pour donner lieu à une analyse statistique simple. Néanmoins, nous remercions les expérimentateurs d’avoir respecté les dates de semis, la densité après éclaircissage, les notations du feuillage et les pesées à la récolte. De très belles photos ont été réalisées… merci donc à tous.

Données chiffrées

Il a été possible de faire une analyse simple des résultats de récolte. L’arrachage et la pesée des racines après effeuillage donnent des résultats assez faibles à cause du petit calibre des racines. Les conditions climatiques ont certainement joué un grand rôle mais aussi sans doute des semis un peu trop tardifs pour l’année. En 2008, il aurait fallu semer début juin et non début juillet !

Les résultats s’établissent comme suit, en kg/m linéaire :
– Variété 1 Touchon 2,200
– Variété 2 Boléro (Vilmorin) 2,550
– Variété 3 Bangor (Bejo) 2,320
– Variété 4 Cérès (Clause) 2,180
– Variété 5 De Colmar 2 à coeur rouge 2,700

D’après l’analyse statistique des résultats, nous pouvons donc faire le classement des variétés suivant : 5 et 2 non différenciables ; 2 et 3 non différenciables ; 3, 1, 4 non différenciables. En conclusion, le classement est 5 et 2, puis 3, 1, 4 ensemble.
Soit De Colmar à coeur rouge et Boléro
Puis Bangor, Touchon, Cérès.
Il faut préciser que le choix des variétés a été fait en fonction de la sensibilité ou de la tolérance à l’Alternaria et non pour le rendement et la conservation. C’est pour cela que la variété Touchon (témoin de sensibilité) se retrouve au milieu des variétés de type Colmar ou Berlikum.
Boléro fait exception car de type Nantaise.
Quelques observations ont été faites sur le goût mais, malheureusement, trop peu pour en faire une analyse valable. Cependant on peut dire que, d’un point de vue gustatif, 4>3>5.

Certains expérimentateurs ont donné des informations sur les variétés :
1- Touchon : végétation faible, collet vert important.
2- Boléro : végétation forte.
3- Bangor : feuillage moyen, racines moyennes avec beaucoup d’éclatées.
4- Cérès : feuillage faible, belles racines régulières, très bonne qualité gustative.
5- De Colmar à coeur rouge : gros feuillage, gros collet, grosses racines, un peu dures !

En raison des conditions climatiques de l’année 2008, nous n’avons pu tester le comportement des variétés à l’Alternaria dauci. Il est difficile dans ces conditions de faire un choix variétal. Les rendements sont à prendre avec précaution car l’essai n’a pas été conçu pour cet objectif. Il faut toujours se méfier de résultats ne correspondant pas à l’objectif fixé.

Quelques dégâts de vers (mouche de la carotte) ont été signalés. Il semble qu’aucun traitement phytosanitaire n’ait été réalisé sur la culture. Nous avions laissé la possibilité de faire des traitements insecticides. En période plus chaude, les dégâts auraient été plus graves.