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La section AAO en déplacement en Essonne et Seine-et-Marne

Excellente journée hier en Essonne et en Seine et Marne organisée par la section AAO (Arbres et Arbustes d’Ornement) de la SNHF.

Une matinée délicieuse

Matinée “délicieuse” au jardin de Berville à la Genevraye (prix Bonpland 2016)  avec France Jobert , terminée par un déjeuner végétarien excellent, réalisé avec les produits du jardin potager.

 

Les couleurs d’automne débutantes (cornus, liquidambar, érables, nyssa, fusains etc), les fleurs du moment ( asters, anémones du japon, sedum etc.) et l’eau très présente dans la propriété nous ont  ravi.
Le potager “classique”  et les buttes de permaculture débordaient de beaux légumes : poireau, carotte, radis japonais, mizuna, moutarde, amaranthe, chou kale etc..

Les Jardins de Berville en Seine-et-Marne . Prix bonpland 2016

Nichés dans le Gatinais, les jardins de Berville ouvrent à la visite pour la première fois au mois de juin 2015. Au cœur d’une propriété du XVIIè siècle longée par le canal du Loing, ces jardins de 6 ha, ont été imaginés il y a 20 ans par une passionnée-collectionneuse de plantes.

Qu’ils soient botaniques, arbustifs, couvre sol ou lianes les rosiers sont présents dans toute la propriété ; ils envahissent les murs, berges et massifs. De mi-mai à fin juin c’est une explosion de couleur et de parfum. Le potager clos de murs est composé de 2 grands mixed-border ou les vivaces, pivoines et rosiers cohabitent avec les légumes anciens et insolites. Ces grandes plates-bandes fleuries encadrent les carrés du potager cultivé biologiquement en respectant les rotations des cultures et l’association des légumes. La biodynamie est testée depuis 1 an.

Trois vergers, dont un expérimental sont plantés de variétés anciennes : cerisiers, pommiers, poiriers, pruniers… Le verger expérimental est un verger planté classiquement puis transformé avec l’installation de 8 grandes buttes en verger permaculturel appelé également « jardin forêt ».

Inspirées des méthodes de Seep Holzer et de Richard Wallner ces buttes sont devenues essentielles, à la fois pour une production plus importante de légumes mais aussi pour un confort de travail. La culture de plantes nourricières est privilégiée, autant pour la consommation de la propriété que pour les oiseaux, insectes et les autres auxiliaires.

Autour d’un ruisseau et d’une pièce d’eau « Le Jardin Anglais » (ayant existé au 19 siècle) est planté d’essences remarquables. Il est à l’automne éclatant de couleurs.

Ce grand jardin est en totale harmonie avec le cadre naturel et le romantisme du lieu. La diversité des plantations, le respect de la nature offrent aux visiteurs une promenade pleine d’émotions et d’enseignements.

Une après-midi passionnante

Après-midi passionnante au domaine de Courances, plus particulièrement dans la plaine située entre le château de Courances et le château de Fleury-en-Bière (propriétés de la famille de Ganay) où Julien Plasse et ses collègues nous ont accueillis.

Au programme : explication du projet de la ferme de Chalmont,  de la grande culture bio, de l’agriculture de conservation, de l’agroforesterie, du maraîchage sur sol vivant et maraîchage bio.

Des sujets actuels très intéressants qui ont captivé l’attention des participants jusqu’à 18 h 30.

L’aventure agricole à Courances en Essonne

Rares sont les châteaux à détenir encore un territoire agricole. Et surtout à 50 kms de Paris ! Sur près de 500 ha, à l’extrémité ouest de la Forêt de Fontainebleau, entre le château et le village de Courances (91) et ceux de Fleury-en-Bière (77), d’ouest en est, s’étend donc un ensemble de champs, d’un seul tenant, coupé seulement par l’autoroute du Sud, (juste au nord du péage de Fleury).

Dix cousins propriétaires ont choisi d’y tenter une nouvelle agriculture, de passer de l’agriculture conventionnelle à l’agroécologie et à l’agriculture biologique. Progressivement, en ne labourant plus, en ne laissant plus de sols nus, en pratiquant les semis sous couverts de l’agriculture de conservation pour reconstituer la vie des sols.

A l’hiver 2014-2015, le plus important projet d’agroforesterie (70 ha) en Ile-de-France sera mis en place dans ce même but de remettre de la vie dans les sols. Une cinquantaine d’hectares de légumes en plein champ bio, irrigués est également prévue – un maraîchage à une autre échelle que le nouveau potager bio (en 2015) du château (2.8 ha) !

De retour du Hampshire, des voyageurs émerveillés !

Du 6 au 10 juin dernier, 37 de nos adhérents sont partis à la découverte des plus beaux jardins du Hampshire (Grande-Bretagne) et de l’Ile de Wight. De retour en France, ils partagent avec nous leur vif enthousiasme pour ce voyage organisé de main de maître (comme d’habitude !) par la section fuchsias et pélargoniums. Muriel et Mary témoignent.

“A 6h00 du matin ce mardi 6 juin, 37 amoureux des plantes se retrouvaient Gare du Nord pour partir en Angleterre, à l’assaut des jardins du Hampshire.

Malgré l’absence de Simone Lomet notre voyage allait-il être aussi enchanteur que les années précédentes ?

Dès notre arrivée nous fûmes subjugués par la découverte de Longstock Park qui est, sans doute, le plus beau jardin aquatique d’Angleterre. De ce premier jardin aux deux derniers qui précédèrent notre départ, où nous visitions notamment un jardin très romantique dessiné par la célèbre paysagiste Gertrude Jekill, tout fut parfait ! L’organisation autour des jardins était admirablement rôdée :

  • Que ce soit l’accueil de notre guide, toujours à l’écoute, qui n’hésita pas, bien que cela ne fut pas inscrit dans notre programme, à nous accompagner un soir, dans une visite très intéressante de Winchester,
  • Que ce soit le logement choisi, un hôtel de charme dont les chambres très confortables entouraient un joli petit jardin,
  • Que ce soit les repas qui, bien que nous soyons en Angleterre, étaient toujours de qualité, sans parler de notre repas de gala du dernier soir dans le meilleur restaurant de Winchester.

Tout  cela fit, que cinq jours plus tard nous étions un peu tristes de nous quitter, après tous ces moments à nous raconter des anecdotes d’anciens voyages ou à nous montrer les photos prises dans les jardins, en débattant sur le nom des plantes et leur singularité.

Revenus le samedi suivant Gare du Nord, une seule chose nous importait au moment des adieux : où allions-nous nous retrouver l’an prochain pour vivre à nouveau une belle découverte.”

Muriel Drouet

“Très tôt le matin du 6 juin, le voyage commence gare du Nord. Quelle joie de retrouver les habitués. Le trajet sous la Manche, occasion de prendre contact avec les nouveaux participants, a semblé bien court. Petite désillusion en arrivant à Londres : il pleut. Pas drôle de parcourir les jardins sous la pluie, mais il en faut bien d’autres…

Le programme du voyage proposait « Les plus beaux jardins du Hampshire et de l’île de Wight » la promesse a été tenue. La pluie battante qui nous a accompagnés tout au long du trajet jusqu’à Stockbridge a enfin cessé.

Longstock Park a été notre premier coup de cœur avec ses magnifiques pièces d’eau bordées d’une profusion de primevères candélabres, astilbes, iris. Les hostas, rodgersias, ligulaires et lysichitons y prennent des proportions étonnantes. C’est un endroit magique.

 

Longstock Park ©M. Fruneau


Puis les jardins se sont succédés, différents, certains très réputés comme celui de Sir Harold Hillier ou Exbury, d’autres chargés d’histoire tel Osbourne House, ancienne résidence d’été de la Reine Victoria. Pour  l’art des jardins, on retiendra Apple Court et West Green House Gardens, pour le côté botanique des collections, on se souviendra de Spinners Garden et pour le côté intime, c’est Little Court.

 

Exbury Gardens ©M. Fruneau


Les floraisons étaient à leur apogée. La roseraie de Mottisfont Abbey fut un enchantement, une débauche de couleur et d’odeurs. Les roses y côtoient pivoines, delphiniums, campanules, penstemons, clématites, polémoniums etc. déclinés en variétés aux tons savamment associés.

 

Mottisfont Abbey ©M. Fruneau


Sur l’île de Wight, Ventnor Botanic Gardens et sa végétation exotique a permis de s’évader encore plus loin, Australie, Amérique, Afrique du sud pour revenir au jardin méditerranéen. Des échiums géants, des cordylines et des palmiers partout, plus rien ne nous étonne…

 

Ventnor Botanic Gardens, sur l’Île de Wight ©M. Fruneau


Sur le chemin du retour, la rencontre avec Gertrude Jekill (à travers le jardin qu’elle avait créé) fut un moment fort. Rosamund, jardinière restauratrice des lieux,  entre deux toilettages des pivoines, a sorti sa porcelaine fine pour offrir le thé.

Un groupe sympathique de passionnés, échangeant volontiers connaissances et recettes de jardinage, un guide efficace, un chauffeur expert, un hôtel très confortable, des chambres avec vue sur un super petit jardin, deux déjeuners dans des serres fleuries, tous les ingrédients étaient réunis pour un séjour réussi. Ce fut un excellent voyage !”

Mary Fruneau

Il reste quelques places pour le voyage au Canada !

La SNHF organise plusieurs voyages par an à l’attention de ses adhérents. La prochaine aventure se déroulera au Canada et suivra un circuit inédit qui promet de riches souvenirs. Profitez-en vite, vous n’avez plus que quelques jours pour saisir les dernières places !

Ça m’intéresse

Partez avec la SNHF visiter les jardins, de Toronto à Montréal

Du 23 septembre au 4 octobre 2017, la commission voyages de la SNHF vous propose un programme sur mesure et original.

Du jardin botanique des chutes du Niagara à celui de Montréal de réputation internationale, en passant par celui de Toronto, le circuit vous fera passer par des incontournables ou des insolites : les 150 ans du Canada fêtés par une exposition de mosaïculture invraisemblable, des jardins privés, la fête des canneberges, des serres de roses, sans oublier les sites touristiques que traversera le circuit.


Douze jours pour rencontrer des personnalités du secteur et découvrir des facettes du monde horticole, paysager et botanique canadien, en compagnie d’un guide spécialisé et notamment :

Les jardins botaniques de Niagara Falls

Associés à la Niagara Parks School of Horticulture, les Jardins botaniques des parcs du Niagara abritent l’une des collections les plus variées de plantes ornementales au Canada, comprenant une roseraie primée, de magnifiques jardins de fines herbes et de vivaces, un parterre classique et des volières de papillons, dont la célèbre Serre aux papillons tropicaux.
Les jardins servent également de salle de cours unique pour l’École d’horticulture de la Commission des parcs du Niagara.

Les Jardins botaniques Royaux

Depuis plus de 80 ans, les Jardins botaniques royaux sont connus comme un joyau écologique le long de la pointe ouest du lac Ontario.  Conçu et fondé grâce aux efforts acharnés de Thomas Baker McQuesten, pionnier en protection de la nature, le site a été réservé spécialement pour la création du tout premier jardin botanique de la région.
S’inspirant des Jardins Kew en Angleterre, les concepteurs des Jardins botaniques royaux ont voulu créer une attraction touristique régionale ainsi qu’un organisme de protection de la nature.


Le jardin botanique de Montréal

Sur ses 75 hectares, le jardin botanique de Montréal présente aux visiteurs une diversité remarquable de végétaux, et ce, en toute saison. Explorez sa beauté à travers la trentaine de jardins thématiques et les 10 serres d’exposition. Visite guidée puis temps libre pour explorer par vous-même les nombreux jardins thématiques : jardins alpin, jardin aquatique, jardin céleste, jardin de plantes médicinales, roseraie, grandes serres…

Mais également, visites des jardins de Queen Victoria, des jardins botaniques de Toronto, des jardins de Casa Loma, d’Allan Gardens, de Rose Drummond, des jardins de Daniel A. Seguin (etc.).
Croisière dans la région des 1000 îles

Vous trouverez ci-joint le programme spécialement concocté pour les passionnés de la SNHF et le bulletin d’inscription.
Le nombre de places étant limité, la priorité sera donnée par ordre d’arrivée des bulletins accompagnés de leur règlement.

Prix et conditions

2950 € (chambre double)
Supplément single : 550 €

Prix établi sur la base du dollar canadien, 1 CAD = 0,71 €

1er acompte à l’inscription : 1 000 € (35 %)
2e acompte au 15 mai : 1 000 € (35%)
Solde au 15 août : 950 € (30%)

Notre prix comprend :

Le transport aérien Paris/Toronto et Montréal/Paris avec Air Transat en classe économique et taxes d’aéroports incluses (353 € à ce jour)
L’hébergement dans les hôtels mentionnés ou similaires (selon disponibilités)
Le transport en autobus climatisé 55 passagers pour 11 jours
Le service d’un guide accompagnateur professionnel de Toronto à Montréal
La pension complète du dîner du 1er jour au déjeuner du 11e jour
Les taxes applicables
Les visites et excursions mentionnées dans le programme :

  • Visite guidée des Jardins botaniques de Niagara Falls
  • Visite guidée de la Niagara Parks School of Horticulture
  • Balade en bateau de 15 minutes aux chutes du Niagara
  • Visite libre des Jardins de Queen Victoria
  • Arrêt à la Floral Clock
  • Visite guidée d’un vignoble et dégustation de vins accompagnée de fromages artisanaux
  • Visite guidée des Jardins botaniques Royaux à Hamilton
  • Tour de ville de Toronto de 3 heures avec un guide local
  • Visite guidée des Jardins botaniques de Toronto
  • Visite libre de Casa Loma
  • Visite libre de Allan Gardens
  • Croisière de 1 heure dans les 1000 îles
  • Tour d’orientation de la ville d’Ottawa et visite du parlement (selon session parlementaire)
  • Visite libre des Mosaïcultures des fêtes du 150ième anniversaire du Canada
  • Visite guidée à l’événement « Canneberges en Fête », visite intérieure et extérieure d’une cannebergière, et lunch à la thématique canneberge
  • Visite guidée de l’entreprise Rose Drummond
  • Visite guidée avec un horticulteur des Jardins Marie-Victorin
  • Visite des Jardins Daniel A. Séguin et du Technolab en compagnie d’un spécialiste
  • Tour de ville de Montréal de 3 heures avec un guide local
  • Visite guidée des Jardins botaniques de Montréal
  • Visite libre du jardin des lanternes de Chine à Montréal
  • Visite guidée des Serres Sylvain Cléroux et dégustation de fines herbes et de fleurs comestibles

Les assurances assistance rapatriement, annulation et bagage

Notre prix ne comprend pas :

Les boissons autres que thé et café servis lors des repas
Les dépenses personnelles
Le pourboire au guide (suggestion de 3.00$ / pers. / jour de service pour chacun);
Le pourboire aux guides de ville locaux (suggestion de 1.00$/ pers.)
L’autorisation d’entrée sur le territoire canadien AVE

Afrique du Sud : voyage dans une somptueuse nature

Des fleurs et des paysages plein les yeux : tels sont les principaux souvenirs rapportés par les participants au voyage organisé par la commission voyages de la SNHF du 13 au 24 octobre 2016. Destination la région du Cap, en Afrique du Sud. Retour sur images…

 

voyage Afrique du sud

voyage Afrique du sud

La réserve naturelle Jonkershoek surprenante de beauté et de variétés botaniques.

 

voyage Afrique du sud

Des marchés qui regorgent de fleurs.

 

voyage Afrique du sud
Modjadji cycad
voyage Afrique du sud
Daniela caeruela

Des plantes curieuses, comme ce « Modjadji cycad » ou ce « Daniela caeruela » au jardin botanique de Stellenbosch.

 

voyage Afrique du sud

Des domaines où de riches propriétaires investissent des fortunes dans leur jardin comme ici « Old nectar » à Stellenbosch.

 

voyage Afrique du sud

voyage Afrique du sud

Des fleurs emblématiques comme les Proteas.

 

voyage Afrique du sud

Sans oublier l’architecture typique comme cette maison dont les frises seraient inspirées des culottes de dentelle de la reine Victoria…

 

voyage Afrique du sud

Le Cap vu depuis la célèbre « Table mountain » au pied de laquelle se trouve la ville.

 

voyage Afrique du sud

Un groupe de 25 participants revenu plein d’émotions, même gustatives comme le vin dans un pays dont le vignoble s’étend sur des centaines d’hectares.

 

voyage Afrique du sud

 

Les voyages organisés par la SNHF sont réservés aux adhérents de l’association. Pour en profiter, rejoignez-nous !

 

voyage Afrique du sud

 

Texte et photos : Jean-François Coffin,
membre de la section voyages

[Section Fuchsia Pélargonium] Les Floralies de Gand

Deux jours pour deux spectacles éphémères les 27 et 28 avril derniers.

Organisées par la SNHF – merci à Simone Lomet – guidés et parfaitement informés par Elizabeth, la découverte  de ces deux fabuleuses installations florales : Floralies de Gand et parc de Keukenhof ont illuminé les yeux des heureux participants à ce trop bref voyage !

floralies de gand 3 Continuer la lecture de [Section Fuchsia Pélargonium] Les Floralies de Gand

Incroyables jardins baroques allemands

Voyage du 09 au 14 juin 2008, organisé par la section Art des jardins de la SNHF.

L’ Allemagne a conservé et restauré certains lieux importants de l’histoire des jardins européens.

Cette année, nous découvrirons l’évolution du style baroque, une manifestation exemplaire des idées du 17ème siècle. Les courbes des dessins complexes nous accompagneront dans un parcours paradoxal. Car le baroque, sur le territoire des anciennes principautés, est le reflet d’une fuite en avant entre l’inquiétude religieuse et la joie d’un temps de paix, au sortir de la guerre de trente ans. On parlait alors de « Lustgarten » où jardin de plaisance, une synthèse entre le maniérisme italien et le modèle français qui vit le jour aux feux du Soleil de Versailles et qui s’en libera après 1715.

Découvrez ces jardins, témoins de l’histoire.

Weikersheim (Bade-Wurtemberg)

Ce lieu devint la résidence des Hohenlohe après la guerre de Trente Ans (1648). Le programme baroque comporte une ordonnance symétrique, des parterres fleuris, une statuaire, des jeux d’eau et une grande orangerie inscrite dans la perspective principale. A partir de 1750 commença la période rococo que caractérisait une ornementation maximale. Les quelques 522 plantes exotiques de l’orangerie furent utilisées en été pour orner le jardin. Le toit de l’orangerie reçu balustrade, obélisques et statues. Les bordures de parterres furent retracées en cheminements tourmentés. Un bassin fut creusé pour y recevoir une fontaine d’Hercule. La statuaire, toujours présente, combine dix-huit thèmes distribués dans les quatre directions du jardin. Mais en 1805, la collection botanique ne comptait plus que 30 plantes et la mode n’était plus à la symétrie. Weikersheim subit alors la vague romantique, laquelle épargna cependant la statuaire. La simplification commença. En 1831, les fontaines d’Hercule et de l’orangerie furent comblées et plantées. Cet état perdura jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Ce n’est qu’en 1952 que débuta une longue période de restauration. L’état actuel reprend le dessin connu en 1750, sans les parterres de broderie, mais avec des bordures fleuries, la statuaire d’origine, l’orangerie et les bassins restitués.

Veitshöchheim (Bavière)

La guerre de Trente Ans était terminée quand en 1680-82 fut construite une résidence d’été à quatre pavillons d’angle, dominant l’axe du jardin, un vivier à carpes, deux bassins, un jardin de fleurs, un potager, une faisanderie. En 1686, le domaine fut agrandi vers le Sud dans ses limites actuelles. L’élan d’un jardin baroque fut donné en 1702 par le Prince Evêque Johann Philippe von Greiffenclau. Le programme initial comportait un très grand bassin à jet d’eau, alimenté par une prise d’eau au Main, un système de canalisation, de roue de relevage et de réservoir de charge. A partir de 1721, le nouveau Prince Evêque Johann Philipp Franz von Schönborn confia les travaux à Balthasar Neumann. En 1625 furent disposées les innombrables statues en provenance des anciennes résidences des Greiffenclau. La statuaire fut complétée en 1752 par les frères van der Auvera et par J.P.A. Wagner. Nouveau ressaut de l’histoire européenne en 1763 quand prend fin la guerre de Sept Ans et que débute la période rococo du domaine. L’ornementation est décuplée, confiée à l’architecte des bâtiments Johann Philipp Geigel. Tout passe à la nouvelle mode, la grande cascade d’Hercule (détruite dans le bombardement de 1945), les parterres fleuris, la grotte fantastique (Materno Bosi), les jeux d’eau qui furent sa spécialité, tandis que celle de Ferdinand Tietz était la statuaire. L’apogée du parc dura 40 ans. La nouvelle mode paysagère du 19ème siècle ne toucha Veitshöchheim que tardivement et légèrement, après la sécularisation de 1803. Dès 1919 la Bavière fut absorbée dans l’Empire et à partir de 1926, ce fut le temps des inventaires et des études, des constats et des restaurations. Voici comment le caractère historique du style baroque fut remis au grand jour.

Kiosque de Veitshöchheim

Résidence de Würzburg (Bavière)

La Résidence du Prince Evêque de Würzburg a été bâtie entre 1720 et 1744 sur les plans de Balthasar Neumann. Son jardin rococo est du à Johann Demeter et à Johann Prokop Mayer. Ce dernier avait déjà une forte expérience acquise depuis 1755 en Allemagne, Autriche, France, Pays-Bas et Grande-Bretagne. L’agencement, dans l’enceinte étroite des fortifications de la ville, explique le compartimentage symétrique. A noter que les copies des statues de J.P.A. Wagner sont une merveille d’espièglerie et de détails. La partie sud du parc fut paysagée au 19ème siècle. A partir de 1950, le Département des Bâtiments de Bavière restaura le jardin de la Résidence dans son état du 18ème siècle. Chaque année, les 9 ha de jardin sont ornés de 70 000 annuelles cultivées dans les serres du parc et, depuis 1981, la Résidence et ses jardins sont inscrits sur la liste de l’Héritage Culturel Mondial de l’UNESCO.

Jardin des Princes au Marienberg (Bavière)

Le jardin des Princes s’inscrit sur le coté oriental du promontoire de la forteresse (Festung). Il sert donc de transition visuelle depuis les appartements princiers vers le Main et vers la ville. Pour y accéder, nous devrons cheminer depuis le bastion ouest à travers les portes fortifiées et les enfilades de cours. Le jardin des Princes fut commandé par Johann Philipp von Schönborn et complété en 1700 par Johann Philipp von Greiffenclau à l’emplacement d’un autre jardin signalé dès 1523. Il comporte deux fontaines cascade, une belle balustrade, un parterre à huit compartiments, quatre statues mythologiques (copies d’oeuvres attribuées à Jakob van der Auvera) et deux pavillons latéraux. Le dessin des parterres fut restauré en 1937-38 d’après les plans du 18ème siècle et planté de rosiers. Le secret du lieu est la vue sur la ville qu’il faut aller apprécier en fin de journée.

Le jardin des Princes (Forteresse de Marienberg)

Cascade de la Wilhemshöhe (Hesse)

Le monumental était au programme du comte Karl après son retour d’Italie 1699-1700. La grande Cascade s’étend à flanc de coteau sur 210 mètres au pied de l’octogone d’Hercule. Ce n’est en réalité qu’un tiers du projet initial de Francesco Guerniero (1702-18). Elle s’inscrit dans l’axe principal traversant le parc et la ville sur plus de 3 km et ne constitue qu’un des éléments monumentaux d’un domaine de 240 ha. Une journée ne suffirait pas pour détailler les recoins du parc inscrit sur un terrain très pentu et difficile à parcourir. Citons notamment le lac, l’île des roses, la salle de balle, les temples d’Apollon, de Mercure, la grotte de Sybille, celle de Pluton, celle de Pan, la pyramide, l’ermitage de Socrate, le tombeau de Virgile, l’aqueduc, la nouvelle chute d’eau, le pont de l’Enfer, le château romantique de Löwenburg, le hameau chinois (Mulang), etc. La SNHF a choisi de limiter la visite de la Wilhemshöhe à la partie haute de la grande-cascade afin de vous épargner une longue marche tout en vous offrant l’avantage du panorama et des grandes eaux (le mercredi à 14h00). Cette cascade jailli sous l’octogone massif et après plusieurs savant ressauts s’achemine dans un escalier d’eau de 9 mètres de large jusqu’au bassin de Neptune.

Parc de Wilhemstahl (Hesse)

Grotte de Wilhemstahl (1794)

Le plan en pate d’oie est semblable à celui de la Karlsaue de Kassel due à André Le Nôtre. Ici le plan plus tardif date de 1743 et il est du pour partie à François de Cuvilliès, architecte de Wilhelm VIII, pour partie au dessin de Georg Wenzeslaus von Knobelsdorff (architecte de Frédéric II le Grand). La superficie du parc de la résidence d’été des comtes de HesseKassel est de 35 ha. Le plan initial du parc de forme pentagonal comportait trois axes : au Nord le vallon du ruisseau de Wiesental, au centre le réservoir et la cascade, au sud le canal de la grotte, le pavillon chinois (1746-disparu). La cascade ne fut que partiellement réalisée et l’axe nord jamais commencé, de sorte qu’à partir de 1795, à la demande de Wilhelm IX, la totalité du parc fut aménagée en parc paysager par Daniel August Schwartzkopf. On ajouta la tour de guet néogothique. Ce n’est qu’en 1962-65 que fut reconstruit le canal de la grotte de Knobelsdorff, reconstitués les jeux d’eau, ajoutés les ornements typiques du milieu du 18ème siècle.

Jardins de Benrath (Nord-Rhénanie-Wesphalie)

Le château actuel, fut construit en 1755 pour le prince électeur Karl Theodor, et dessiné dans le goût du baroque français par l’architecte lorrain Nicolas de Pigage. Le château apparaît au public comme un ermitage isolé sur la rive d’un immense plan d’eau circulaire. Il se trouve dans un parc de 60 ha composé de plusieurs jardins, potager, canaux et bosquets. Cet ensemble a été restauré sur le plan du 18ème siècle après l’habituel épisode paysager du 19ème siècle. Les jardins actuels forment un résumé de l’art des jardins. Face à l’aile de la Princesse Elisabeth Auguste se trouve l’espace formel à la française et sa chaîne d’eau ouvert sur une perspective lointaine. Face à l’aile opposée, celle du Prince Electeur Karl Theodor, se trouve le jardin à l’anglaise sur le dessin de Friedrich Maximilian Weyhe et de Peter Joseph Lenné. L’axe principal du parc est occupé par un large canal précédé des groupes de Bachus et Pomone, Maleagre et Atalante, Flore et Pan.

Benrath : le pavillon de la Princesse Elisabeth Auguste

Musée de l’art des jardins à Benrath

Il occupe les deux étages de l’aile est des chevaliers (coté jardin français). Il présente à travers une riche iconographie l’évolution des jardins européens et leur influence sur les créations allemandes anciennes et modernes. Un nombre important de documents informe également sur les jardins français du passé. Ce musée a été ouvert en avril 2002 au sein du réseau européen d’Art des jardins (EGHN).

Augustusburg (Nord-Rhénanie-Wesphalie)

Il fut commandité en 1725 par Clemens August Prince Electeur Archevêque de Cologne. Le plan du château est dû à l’architecte de la cour de Bavière, François de Cuvilliès et le plan des jardins à Dominique Girard, un élève d’André Le Nôtre. L’axe principal du jardin fut placé face à l’aile sud du château. Les parterres de broderie finement dessinés et fleuris précédent les salles de verdures et les bosquets relativement conservés. Vers l’Ouest s’étendent des jardins clos également très travaillés. Le grand parc et ses bosquets fut en revanche paysagé par Peter Joseph Lenné en 1842 à la demande du roi de Prusse Friedrich Wilhelm IV. Le site est inscrit depuis 1984 sur la liste de l’Héritage Culturel Mondial de l’UNESCO.

Grand parc de Schweztingen (Bade-Wurtemberg)

le château et ses abords furent dessinés et créés par les architectes Alesandro Galli da Bibiena et Nicolas de Pigage pour le Prince Electeur Karl Theodor, à partir de 1743. Les jardins baroques sont dus à l’architecte lorrain de Pigage et au jardinier de cour J.L. Petri. Ils s’ouvrent sur un parterre circulaire entouré de bâtiments formant péristyle en hémicycle (1749-50). Au-delà s’étendent bosquets, bassins et un grand canal terminal et perpendiculaire à l’axe principal. Latéralement furent créés différents enclos d’agrément, pleins d’imprévu : la Volière, le Théâtre de plein air de style rococo (1752), la fameuse orangerie de Pigage (1762) dont les parterres sont entourés d’un fossé d’eau, puis la Maison des Bains. Certains éléments d’ornement sont inspirés des jardins de Stanislas (Lunéville, La Malgrange, Steinville, Commercy, etc.). D’autres tels les oiseaux métalliques de la volière (anciennement à la Malgrange), des statues(Atalante, nymphe, animaux marins, l’Arion attribué au sculpteur Barthélemy Guibal, ainsi que les enfants et le sanglier, etc.) et certaines girandoles sont réputées provenir des châteaux lorrains de Stanislas, après l’inventaire de 1766. A cet ensemble parfaitement conservé, combinant les particularités lorraines et italiennes, fut incorporé un parc paysager. Les parties extérieures du grand parc furent transformées en jardin anglais par Friedrich von Sckell dans les années 1776-86. Il redessina les bassins rectangulaires en leur donnant des berges sinueuses d’un lac et ajouta différentes fausses ruines. Les nouvelles fabriques furent cette fois encore confiées à Nicolas de Pigage et ce furent le temple de la flore sylvestre, l’aqueduc romain, le temple de Mercure et la mosquée turque (1778-1795), avec son jardin. Les aménagements en restèrent là lorsque Karl Theodor accéda en 1778 au trône de Bavière, transférant alors sa résidence à Munich. Le parc a été récemment restauré. Le grand parterre l’a été en 1974, sur le plan initial de Petri.

Jardins de Favorite (Bade-Wurtemberg)

Ce château fut conçu dans les années 1710-20 comme retraite de campagne de la marquise Sibylla Augusta von Baden-Baden, veuve de LouisGuillaume, dit « Louis le Turc ». Les travaux furent confiés à l’architecte Michael Ludwig Rohrer. Le plan des jardins réguliers était alors organisé sur un axe principal. Après 1771, le domaine passa à la branche Baden-Durlach, le jardin déclina et fut réhabilité à la mode anglaise par Johann Michael Schweykert. Le schéma baroque fut réduit, seuls demeurèrent les bâtiments, le vivier rectangulaire, le jardin de l’ermitage et le bois de la Faisanderie. Les travaux de Schweykert continuèrent jusqu’en 1805 suivant les théories de Lancelot Brown (Capability) et de Humphrey Repton. Au-delà du château fut dessinée une grande prairie, équilibrée de groupes d’arbres, ouverte sur un étang, son île et le paysage lointain.

Frédéric Pernel
Section Art des Jardins 
Société d’Horticulture de Reims