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Janvier : les conseils de la section AAO

Tous les mois, retrouvez les conseils de la section arbres et arbustes d’ornement-camélia pour bien entretenir ses plants, découvrir ou redécouvrir des variétés originales…

Janvier : les conseils de la section AAO

Arroser les camélias

Pour les camélias particulièrement mais pour les arbustes persistants en général  !

Mettre un paillage avant le froid d’environ 15 cm pas plus, sans enterrer le collet et à 5 cm autour du tronc.

En période de grand froid et si la terre est sèche et non gelée, il faut penser à arroser.

Écarter le paillis et arroser à l’eau tiède et non calcaire, sur les 50 cm du paillis autour de l’arbre.

Remettre le paillis sans couvrir le collet et recommencer l’opération si nécessaire (quantité d’un arrosoir).

Attention, le camélia n’aime pas la neige. Il faut le protéger ou secouer l’arbuste pour faire tomber la neige.

Les camélias en fleurs

Après les Camellia sasanqua, les Camellia japonica prennent le relais. Le Camellia x williamsii ‘Ste Ewe’, rose vif, simple est magnifique en ce mois de janvier.
Certains Camellia sasanqua sont toujours en fleurs.

Des arbustes à découvrir

Le Chimonanthus praecox

Merveilleuse douceur d’hiver, le Chimonanthus praecox est un arbuste caduc originaire de Chine qui porte sur ses rameaux dénudés des fleurs en coupe de 2 à 3 cm de diamètre, jaune ivoire, cireux à cœur marron pourpré et très parfumées en janvier-Février.

Janvier : les conseils de la section AAO
KENPEI, CC BY-SA 2.1 jp, via Wikimedia Commons

De croissance lente, il peut atteindre 3 mètres  de haut sur 2 mètres de large dans un sol même calcaire mais bien drainé et une exposition abritée du vent.
N’hésitez pas à le planter. Il est sans problème.         

Le Correa backouseana

Un arbuste persistant peu connu : le Correa backouseana est un arbuste à petites feuilles rondes,  qui se couvre de clochettes jaune pâle pendant tout l’hiver.

D’une rusticité moyenne, (-6 -7), résistant aux embruns, il se plaira  dans les régions océaniques mais aussi dans des endroits protégés.

Retour sur les inondations de printemps [section AAO]

L’eau du ciel, cette bien aimée !

Elle nous est indispensable à tous et pour ma part, je l’aime autant que le soleil. Mais parfois il y en a trop, ce fut le cas ce printemps, fin mai début juin, en Essonne, dans la communauté de communes du Val d’Essonne , dans le secteur de Mennecy, Ballancourt, Auvernaux.

retour sur les inondations du printemps 2016

Les terrains agricoles de toute la plaine environnante étant saturés d’eau ainsi que les fossés de drainages et les mares existantes qui la recueillent, l’eau a comblé tous les points bas et a mis plus d’un mois à disparaître, laissant quelques dégâts au passage…

Le bilan après l’évacuation de l’eau

Les plantations existantes dans les cuvettes ont été noyées , et lors du bilan après l’évacuation de l’eau, la résistance des végétaux fut intéressante à constater.

Certaines plantes ont été très sensibles à l’asphyxie des racines : Choisya ternata, Viburnum tinus, Cotoneaster franchettii, d’autres moins sensibles et de nombreuses ont très bien résisté ou ont fait de nouvelles pousses deux mois plus tard.

Toute la partie potager avec oignons, tomates, haricots vert, pommes de terre courges et courgettes n’a bien sûr pas survécu.

Les plantes qui n’ont pas résisté Les plantes qui repartent au bout de deux mois Les plantes ayant bien résisté mais à suivre
Prunus lusitanica Forsythia Cassis
Ligustrum japonicum Rosier ‘Pierre de Ronsard’ Liquidambar
Corylus contorta   Quercus ilex
Cotoneaster franchetti Ficus carica
Viburnum tinus Deutzia gracilis
Prunus ‘Reine Claude’ Juglans
Prunus cerasus Euonymus japonicus
Prunus domestica Rosier ‘Ghislaine de Féligonde’
Photinia Betula
Philadelphus  
GROSEILLER
FRAMBOISIER
Lonicera fragrantissima
Choisya ternata
LIERRE (en tapis sous les arbustes)

Des travaux d’ampleur importante : nettoyage des fossés, vidage des mares pour désenvasement et nettoyage, agrandissement ou création de nouvelles mares ont été réalisé ou sont en cours d’étude pour remédier à ce problème.

nettoyage des fossés, vidage des mares pour désenvasement et nettoyage, agrandissement ou création de nouvelles mares

 

En Île-de-France et en province, des dégâts matériels importants ont été constatés lors de ces  inondations du printemps 2016  et les grosses pluies, les tornades ou les ouragans font des ravages partout dans le monde, en ce moment à Haiti… avec des dégâts énormes qui donnent froid dans le dos quand on voit l’ampleur des dégâts et le nombre de victimes.

Il faut compter avec Dame Nature  qui nous offre aussi des moments paisibles…

Claudine de la section AAO

[section AAO] Les arbustes font de la résistance !

Malgré les journées ensoleillées, les matinées et les nuits d’octobre sont fraîches. L’automne est là et petit à petit, le jardin tombe dans une douce léthargie sans sombrer pour autant dans une « langueur monotone ».

En observant bien son jardin, on constate que courageusement quelques plantes fleurissent encore ou bien attirent l’attention par leur fructification.

Petit inventaire de ces arbustes qui font de la résistance

 

Dans la famille Abelia : Abelia grandiflora n’en finit pas de fleurir pour accompagner son cousin Abelia chinensis, actuellement en pleine floraison. Ce dernier joue la vedette en diffusant son délicieux parfum aux alentours.

Arbustes
Abelia Grandiflora CC-BY-2.0 Juni de Kyoto, Japan

L’Heptacodium miconioides  avec sa floraison blanche et légèrement parfumée a pris un peu de retard et certains sont en fleurs actuellement. Nous avons décrit cet arbuste peu connu dans notre bulletin 2015.

Heptacodium miconioides
Heptacodium miconioides

Le Camellia sasanqua, peu répandu dans les jardins, est pourtant un bel arbuste qui fleurit à l’automne, solide et très florifère, parfumé,  dont la floraison précède celles des camélias japonica de plusieurs mois et, qui plus est, accepte le plein soleil. A découvrir absolument.

CC-BY-2.0 junichiro aoyama
Camellia sasanqua CC-BY-2.0 junichiro aoyama

Deux fructifications originales

Celle du Leycesteria formosa appelé arbre aux faisans.

Et celle du petit arbre injustement méconnu le Clerodendron trichotomum décrit dans notre bulletin AAO sorti en septembre 2016  dont les fructifications sont spectaculaires.

Éliane de Bourmont, présidente de la section AAO

Leycesteria formosa CC-BY-2.0 H. Zell
Leycesteria formosa CC-BY-2.0 H. Zell
Clerodendrum trichotonum
Clerodendrum trichotonum

[Section AAO] Visite du fruticetum de l’école du Breuil

Le 18 mai dernier, la section arbres et arbustes d’ornement se rendait à l’école du Breuil pour une visite du fruticetum.

Ce domaine – ouvert au public – comprend un arboretum qui compte plus de 1200 arbres d’une part et d’autre part la partie jardins de 13 ha où sont implantés les bâtiments de l’école.

Les jardins comprennent des carrés de vivaces, un jardin de rocailles, un plan d’eau aménagé, une roseraie, des vergers, un jardin de plantes dites commerciales (les annuelles) et enfin le fruticetum, jardin botanique spécialisé dans la présentation d’arbustes.

fruticetum de l’école du Breuil

Un fruticetum est un jardin botanique spécialisé dans la présentation d’arbustes.

La visite

Nous sommes accueillis par Gérard Barbot, directeur des études. Lors de notre cheminement jusqu’au fruticetum, il nous présente les lieux, leur histoire et leur fin pédagogique, leur rôle dans le cadre de la formation des futurs jardiniers paysagistes.

fruticetum de l’école du Breuil

A titre d’exemple, dès l’entrée se trouvent des carrés de plantes vivaces entourés de petites haies différentes : aubépine, laurier-tin, weigélia et en particulier Syringa x laciniata ou lilas persil formant une haie au feuillage très découpé et léger, d’un beau vert franc en cette saison.

fruticetum de l’école du Breuil

Nous longeons une plate-bande de vivaces et nous remarquons qu’elles sont toutes soigneusement étiquetées comme le sont d’ailleurs tous les végétaux du jardin. En effet, les étudiants doivent apprendre entre autres choses le nom de toutes ces plantes et c’est d’une grande utilité pour la visite.

De l’autre côté se trouve un jardin de rocaille sous les arbres, joliment planté de petits œillets, d’ancolies, d’heuchères…

 

Le zéro pesticide à l'école du Breuil

Les bâtiments de l’école se trouvent au fond de la roseraie. On en profite pour nous expliquer les difficultés rencontrées lors du passage au « zéro phyto, zéro engrais et le moins d’entretien possible » pour tout le jardin, mais en particulier pour la roseraie et le verger. nous avons également parlé de l’intérêt du mélange des plantes pour limiter l’expansion de maladies, notamment. Ainsi on conçoit maintenant une roseraie avec des roses et des vivaces.

fruticetum de l’école du Breuil

L'école du Breuil

L’école du Breuil assure la formation à différents niveaux (Bac pro, BTSA, licence professionnelle) aux métiers de l’aménagement paysager : jardinier, chef de chantier, chef d’entreprise de paysage.

http://www.ecoledubreuil.fr/

Retrouvez la suite de cet article de Monique Gervais et bien d’autres dans le prochain bulletin AAO à paraître à l’automne.

Arbres et arbustes d’ornement

La section arbres et arbustes d’ornement (AAO) est une section généraliste, large porte d’entrée à la SNHF. Conviviale, elle se réunit régulièrement pour proposer des activités variées aux amateurs intéressés par le végétal et plus spécialement les arbres et arbustes d’ornement, mais aussi pour échanger et enrichir les connaissances des uns et des autres par le partage de leurs expériences.

Par ses activités diverses et ses contacts avec les professionnels, elle aide ses adhérents à découvrir des plantes, à savoir les utiliser et enrichir ainsi la palette végétale de leur jardin.

Dans son rôle de diffusion du savoir, elle participe aussi aux différentes actions de la SNHF (Hortiquid, fiches plantes, etc.)

Mary Fruneau, présidente de la section AAO

Les activités

Sorties et voyages

La section, voyageuse, organise tout au long de l’année de nombreuses visites de jardins et de parcs exceptionnels comme la vallée aux loups, l’arboretum Vilmorin de Verrières-le-Buisson, le potager du roi à Versailles…

Retour sur une sélection de visites organisées par la section :

 

👉 Retrouvez tous les prochains et anciens voyages des sections de la SNHF

Conférences

La section organise des conférences et webinaires tout au long de l’année. Depuis 2020, vous pouvez retrouver certaines des conférences sur notre site et notre chaîne Youtube.

👉 Retrouvez nos webinaires en ligne

Essais d'acclimatation

La section propose des essais d’acclimatation de jeunes plants ornementaux chez des jardiniers amateurs, adhérant à la SNHF.

Le protocle : deux pépiniéristes proposent deux exemplaires de taxons. Ils sont envoyés à une trentaine d’adhérents de la SNHF volontaires pour tester leur reprise et leurs comportements en acclimatation. Les jeunes plants installés au printemps sont évalués l’année suivante.

Les résultats des tests font ensuite l’objet d’un compte rendu remis aux pépiniéristes et disponible sur le site de la SNHF.

Quatre enquêtes ont ainsi été conduites en 2003, 2006, 2016 et 2019 pour 3 taxons de chaque pépinière.

Une section impliquée dans différents projets

Les publications de la section

La section AAO édite chaque année en septembre un bulletin dans la collection plantes et botaniques de la SNHF.

Les fiches plantes

Les membres de la section Arbres et arbustes d’ornement participent à la rédaction des fiches plantes.

Les articles de la section

Les derniers articles : 

👉 Sécheresse et scolytes dans les forêts d’épicéas

Les membres participent au jury du prix de la SNHF à Saint-Jean de Beaureagard, aux colloques, aux journées de conférences de la SNHF avec le conseil scientifique et les autres sections thématiques de la SNHF mais aussi à diverses publications, comme les dossiers du conseil scientifique.

Multipliez les camellias

Retrouvez tous les conseils de la section pour multiplier les camellias.

Le greffage

La meilleure saison pour greffer vos camellias se situe de février à avril, avant le départ de la végétation.
Les porte-greffes ont vécu 3 à 5 ans dans leurs pots. Ils mesurent environ 5 à 10 millimètres de diamètre.

Après l’avoir étêté, fendez votre porte greffe selon la diagonale, sur 2 cm de longueur. Le greffon est une brindille de l’année précédente. Gardez trois feuilles et raccourcissez-les afin de diminuer l’évaporation. Taillez votre  greffon en biseau.

Insérez le greffon. Les cambiums du greffon et du porte-greffe doivent être en contact. Ligaturez (raphia par exemple) et recouvrez d’une bouteille en plastique qui maintiendra l’atmosphère humide.

Placez dans un endroit abrité et ombragé. N’arrosez pas avant le démarrage du greffon. Puis, arrosez avec parcimonie. Aérez légèrement en enlevant le bouchon de la bouteille Quand les premiers bourgeons apparaissent, habituez la plante à l’air ambiant en enlevant progressivement le bouchon de la bouteille puis toute la bouteille. Déplacez progressivement la plante vers un espace plus lumineux.

Le marcottage

Vous devrez enterrer une branche basse de l’arbuste ou la recouvrir d’une butte de terre après l’avoir ancrée au sol.

Auparavant vous aurez prélevé sur cette branche, à l’endroit que vous désirez enterrer, un anneau d’écorce  de 2 centimètres de longueur.

Vous devrez saupoudrer ou badigeonner cet anneau d’hormone de bouturage. N’oubliez pas de supprimer une partie du feuillage.

Le marcottage aérien

Choisissez l’extrémité d’une branche vigoureuse. Découpez et supprimez un anneau d’écorce de 2cm de longueur.

Saupoudrez ou badigeonnez  d’hormone de bouturage. Entourez la blessure de mousse des bois.

Empaquetez avec du papier d’aluminium et fermez aux deux extrémités de votre manchon. Les racines apparaitront au mois de juin.  Vous planterez votre camellia après l’avoir sevré du pied mère en septembre / octobre.

Françoise Brivet
section Camellia

L’histoire du Camellia

Qui ne connait au moins le célèbre titre d’Alexandre Dumas fils : “la Dame aux Camelias”, paru en 1848 et préfacé par Jules Janin ?

L’histoire est celle de Marie Duplessis, grande courtisane du temps de Louis-Philippe et qui fut célèbre, dit-on pour cette fleur dont elle ornait volontiers son corsage. Marie Duplessis est-elle d’ailleurs la Femme-Camellia, du beau livre de Grandville “Les Fleurs animées”, paru sous l’Empire ?

Dumas est à l’origine d’une confusion orthographique regrettable, car le nom de la plante s’écrit en toute orthodoxie Camellia, avec deux « L » !
Charles Linné¹ dédia en effet cette plante au père Georges Joseph Kamel ou Camellus, qui était alors réputé avoir voyagé en Chine et au Japon et avoir introduit le premier Camellia en Europe… On sait aujourd’hui qu’il n’en est rien et que Kamel, qui fut par ailleurs un remarquable naturaliste, ne quitta jamais les Philippines et ne put donc rencontrer le Camellia ! L’histoire botanique est d’ailleurs coutumière de ce genre de confusion, car Magnol n’a probablement jamais vu de Magnolia, ni Bégon de Bégonia !

Si l’on en croit la légende, Marie Duplessis, atteinte comme on le sait de phtisie, aurait préféré cette fleur belle et inodore, à tout autre pour ne pas être incommodée par un parfum. Une facture de son fleuriste Ragonot, parvenue jusqu’à nous² authentifie ce goût pour le Camellia. Elle portait ”vingt cinq jours du mois un Camellia blanc et les cinq autres jours, un Camellia rouge”… élégante et coûteuse enseigne pour une femme de son état !

A cette époque, le Camellia passe pour plaire aux “flambards”³ et symbolise bien le train de vie qu’elle imposait à ses admirateurs, avant que de les ruiner. Très demandées, les boutonnières de Camellias nécessitaient d’ailleurs de maîtriser la culture de forts sujets, sous abris froids ou chauds, afin d’en échelonner la floraison depuis le mois d’octobre jusqu’à mai. Les fleuristes savent bien que, grâce aux chemins de fer, les fleurs de Camellia, cueillies le matin à Nantes, étaient immédiatement façonnées en boutonnières et acheminées le soir même à Paris pour la sortie des théâtres.

Mais sait-on la singulière histoire de cette fleur indispensable aux salons romantiques ?

Il faut chercher l’arrivée du Camellia en Europe à travers celle du Thé, le Camellia sinensis, dont la végétation lui ressemble beaucoup et que les botanistes considèrent d’ailleurs aujourd’hui comme une espèce voisine. Erreur d’importation ? Tromperie délibérée des Chinois voulant protéger leur patrimoine économique ?
Les premiers Camellias sont arrivés par hasard à Londres, à la grande déception des anglais voulant installer des cultures de Thé dans leurs colonies. Cette erreur fit néanmoins le plus grand bonheur des jardiniers qui commençaient à diversifier activement leurs collections ornementales.

Le XIXème siècle verra arriver diverses variétés d’origines chinoise ou japonaise, notamment, grâce à un grand “corsaire” botanique anglais : Robert Fortune. Le XXème siècle sera à son tour redevable à Forrest de nouvelles espèces.

Grands arbustes ou petits arbres persistants, dont on a longtemps cru qu’ils exigeaient la serre et la terre de bruyère, les Camellias peuvent dépasser dix mètres à l’air libre, pourvu que l’acidité du sol et la douceur du climat leur soient favorables, comme c’est notamment le cas sur la façade atlantique française(4).

Parmi les grandes espèces de Camellias aujourd’hui cultivées par les jardiniers, citons essentiellement :

  • le Thé de Chine (Camellia sinensis) ;
  • la Rose du Japon (Camellia Japonica), qui est le Camellia classique, longuement sélectionné en Extrême-Orient, en particulier par certains Samouraï dont il était l’emblème et dont les formes parfaites à fleurs simples “Higo” sont l’exemple le plus accompli ;
  • le Camellia sasanqua, dont les petites fleurs sont délicatement parfumées et très précoces ;
  • le Camellia saluenensis, originaire de Formose et très tôt hybridé avec le Camellia du Japon ;
  • le Camellia reticulata, dont les grandes et belles fleurs rachètent la fragilité. Cette espèce, introduite en 1820 par Robert Fortune, entra dans de nombreuses hybridations et donna entre autres la célèbre race des X Williamsii.

Cette trop courte liste s’enrichit cependant d’apports plus récents, collectés dans les domaines botaniques de la péninsule indochinoise, et sur lesquelles les hybrideurs fondent d’importants espoirs depuis plusieurs décennies. C’est notamment le cas du Camellia Granthamiana, découvert à Hong-Kong en 1955, puis de diverses espèces à fleurs jaunes telles que Camellia chrysantha… les plus récentes découvertes porteuses d’importantes promesses pour l’avenir ayant été faites au Vietnam par Rosman entre 1992 et 2002.

De grands collectionneurs et sélectionneurs européens ont puissamment contribué à la renommée de cette “Rose du Japon”, ou Tsubaki (l’arbre aux feuilles luisantes), rencontrée et décrite par Kaempfer en 1682 (5) .
En France, ce furent les Soulange-Bodin, horticulteur à Ris-Orangis, les Napoléon Baumann, pépiniéristes à Bollwiller, les Ferdinand Favre et autres Nantais (6), les Leroy et autres Angevins, les Cels, Tamponet ou Fion, pépiniéristes collectionneurs près de Paris et, surtout, l’abbé Laurent Berlèse, à qui l’on doit l’une des premières monographies de cette plante et de ses nombreuses variétés horticoles (7) (trois éditions illustrées de quelques gravures en noir : 1837, 1840, 1845).

De 1841 à 1843, parut en souscription une superbe édition présentant 300 variétés simples ou doubles, peintes directement par Jung dans les cultures de l’abbé Berlèse (8) . Cette édition mythique, aujourd’hui du domaine de la confidentialité, malgré quelques tentatives de réédition, figure parmi les richesses de la SNHF.

Les fleurs représentées semblent très grandes parce qu’il était alors d’usage d’en réduire le nombre en culture afin d’en augmenter les proportions… au plus grand avantage des fleuristes et de leurs célèbres boutonnières !

Daniel LEJEUNE,
Ingénieur Horticole
Administrateur de la Société Nationale d’Horticulture de France

Notes et références

  1. Charles Linné, Genera plantarum, première édition de 1737
  2. Facture de Ragonot correspondant à des livraisons de novembre 1843 à janvier 1844, et citée par Gibault dans le bulletin de la SNHF de 1939
  3. Appellation attestée dès 1837. Les flambards étaient les snobs du régime de Louis-Philippe
  4. La Ville de Nantes détient le Conservatoire National du Camellia. On peut voir de nombreuses variétés anciennes au Jardin des Plantes. Roland Jancel, son Directeur honoraire, m’a fait l’honneur et l’amitié de relire la présente introduction
  5. Kaempfer, dans Amœnitates exoticæ, paru en1712, décrit et figure une variété à fleurs simples, le Tsubaki
  6. Service des Espaces Verts de la Ville de Nantes « A propos de Camellia », plaquette rédigée sous la direction de Roland Jancel
  7. La seconde édition de la monographie de Berlèse fut couronnée par la Société Royale d’Horticulture de Paris en 1840
  8. Berlèse, “Iconographie du Camellia”, chez Cousin à Paris, 3 volumes 1841-1843, gravures de Duménil, Gabriel et Oudet, d’après des peintures de J.J. Jung