Archives par mot-clé : section Art Floral

L’art floral au congrès mondial des roses

Fin mai 2015 Lyon a accueilli le 17e Congrès Mondial des Sociétés de Roses, choix justifié par la réputation internationale des obtenteurs de roses de la région. Pour organiser ce congrès, les responsables de trois associations actives – Société française des roses, Roses anciennes en France et Société Lyonnaise d’Horticulture – se sont regroupés pour former Lyon Rose 2015. Irène Rolland nous présente les coulisses d’une exposition et les compositions présentées.

Un congrès marqué par la diversité, l’élégance, la créativité. Ici, une œuvre de Rumiko Manako – © Fabien Bernardi Litchi Agency

« Tout a été mis en œuvre pour accueillir les congressistes des sociétés de roses dans les meilleures conditions et leur proposer un programme fourni. Parallèlement la ville de Lyon a désiré organiser un Festival Mondial de la Rose. Les arrondissements de la ville et les associations lyonnaises ont répondu par de nombreuses propositions. Daniel Boulens, directeur des espaces verts de la ville de Lyon, a su coordonner tout cela avec brio.

De l’Eden à la gourmandise

« Aux portes de l’Éden » par Monique Gimenez et ses collègues (fleurs MG Fleurs) – © Atelier TOPGUN

Pour ma part, étant déléguée de la Société Nationale d’Horticulture et responsable de la section d’Art Floral de la Société Lyonnaise d’Horticulture, j’ai été sollicitée pour organiser une exposition de prestige à l’Atrium de l’Hôtel de Ville, place des Terreaux. Secondée par mes amies de l’Art Floral, nous avons composé le livret d’inscription et contacté tous les clubs français et étrangers pour les inviter à participer à cet événement floral unique à Lyon.

Nous avons reçu de nombreuses réponses positives des clubs de toutes les régions.

Nous avons présenté 50 compositions dont 30 de plus de 2 m de hauteur sur les thèmes autour de la rose : « Aux portes de l’Eden », « Roses et Soie », « Roses à l’Opéra », « Roses et parfum », « Roses et gourmandises ».

Naturellement toutes ces compositions avaient pour but de mettre les roses à l’honneur.

Submergés par la foule

Le 28 Mai, jour de la mise en place de l’exposition, nous avons vu les ébauches de bouquet devenir de véritables chefs d’œuvre au fil des heures.

Dans l’Atrium, ordinairement vide et silencieux, 80 personnes s’activaient au milieu des bacs et des cartons de fleurs pour faire place en fin de journée à de belles compositions de style différents dans un espace harmonieux ou flottait des effluves de roses.

Le résultat fut bien au-delà de nos espérances, cette exposition à réuni tous les suffrages, la diversité, l’élégance, la créativité étaient au rendez vous.

Une composition de Mark Van Berckelaer avec des roses Meilland – © Atelier TOPGUN

Le public a tout de suite compris que cette exposition était exceptionnelle, nous avons été submergés par la foule dès l’ouverture et pendant trois jours consécutifs.

L’élégance de Rumiko Manako

Parallèlement à cette exposition, une démonstration d’art floral à été proposée au Palais de la Mutualité. Rumiko Manako, artiste internationalement reconnue, nous a offert un véritable spectacle en créant devant nous des bouquets de grandes dimensions dans son style si particulier et si élégant qui réunit harmonieusement l’art oriental et l’art occidental.

Rumiko Manako devant ses compositions – © Fabien Bernardi Litchi Agency

A la fin de sa présentation Rumiko nous a présenté son livre en avant-première « Rumikostyle » pour le plus grand plaisir des assistantes.

Pour conclure la rose est éternelle et se prête à toutes les compositions avec bonheur. »

« Roses et gourmandises », composition d’Anne de Lassardière – © Atelier TOPGUN
Composition de Serge Piejoujac – © Atelier TOPGUN

Concours International de Monaco

« Je ne me lasse pas d’admirer les œuvres magnifiques réalisées avec tant de créativité présentées au concours international de Monaco », souligne Nathalie Roussel*. Au mois de mai 2015, elle décide de franchir le pas et de concourir dans la catégorie grande dimension… Elle nous raconte ses réflexions et son parcours qui l’ont conduite à gagner l’insigne d’Or…

« Le thème de la Russie me semblait inaccessible et celui des « Forêts de l’Oural », encore davantage… mais le fait de participer, en équipe avec Alexine, une de mes élèves, m’a encouragée… elle voulait gagner un prix… et du coup, moi aussi !

Pour cela, nous nous sommes documentées sur l’Oural : paysages, végétation, faune, flore… la première représentation que nous avions en tête était de vastes étendues, de grands arbres et un froid glacial. Les bouleaux et les conifères, très présents dans cette région du monde devaient être présents dans notre structure. La répétition d’arbres était incontournable, mais je souhaitais également introduire du mouvement pour représenter les fameux « vents de Sibérie » : on devait donc allier lignes droites et spirales ; sur celles-ci nous avons décidé de positionner des fleurs blanches (le gypsophile) pour représenter la neige et des feuilles rondes givrées pour le froid.

Veiller à l’équilibre physique et visuel du bouquet

Plusieurs nuits blanches passées à réfléchir au montage, au design, aux couleurs, au timing… et au fil des jours, nous avons affiné notre structure. Celle-ci devait être légère, facile à mettre en place et suffisamment solide pour supporter des guirlandes de fleurs et de feuillages. Nous nous sommes appuyés sur les talents d’une PME de notre région pour la découpe de spirales dans des plaques d’acier, grâce à la technique du jet d’eau.

Détails de la composition de Nathalie Roussel – © D.R.

Il fallait porter une attention particulière à l’équilibre physique et visuel du bouquet. Nous avons trouvé important de garder des troncs naturels au centre de nos spirales et des boules d’aiguilles de pin pour renforcer les lignes. Les tiges de gypsophile découpées, faciles à conserver, allaient être travaillées en masses retombantes. Les feuilles de galax seraient agrafées et chacune trempée dans la colle et la neige artificielle, parfaites pour représenter le givre. Les aiguilles de pin seraient piquées une par une sur des boules d’Oasis® afin d’être fixées sur la structure.

Lors du chargement, la veille du départ, gros stress pour notre équipe ! 6 troncs d’arbres, 3 spirales en acier, des fleurs et des caisses de matériel d’art floral… Comment faire pour que tout rentre dans la voiture ? La solution était très simple : prendre deux véhicules au lieu d’un seul !

Insigne d’Or

Détails de la composition de Nathalie Roussel – © D.R.

Le matin du concours, encore un contretemps notable : les sapins étaient trop hauts et ne passaient pas aux portes du chapiteau… Un grand merci aux transporteurs du Garden Club qui nous ont été d’un grand secours !

Puis la matinée est passée très vite… 5 heures de travail sans pause, jusqu’à la dernière seconde…. Pas le temps de discuter ou d’aller réconforter certaines de mes élèves qui, elles aussi, participaient au concours. Plus de 1 800 feuilles de galax et près de 2 500 brins de gypsophile à piquer, sans parler des finitions, plus qu’indispensables lors d’un concours.

A l’heure de l’inauguration, quelle joie de découvrir l’insigne d’Or au bas de notre structure… beaucoup de fierté et d’émotion… une véritable récompense pour toutes celles et tous ceux qui nous ont aidé à penser cette structure florale.

Un grand merci à la SNHF qui m’a accordé toute sa confiance et à Bruno Lamberti pour son soutien tout au long de ce WE floral. »

Nathalie Roussel

* Nathalie Roussel a débuté l’art Floral, il y a une vingtaine d’années et anime aujourd’hui l’atelier « Parfums et Couleurs », près de Nîmes dans le Gard.

Art floral

DSCN2008L’art floral se définit comme une branche artistique de l’horticulture. Pour ces passionnés, mais aussi pour ceux qui le découvrent, il allie l’attachement pour les éléments de la nature à la passion de les mettre en œuvre, de les associer par une expression artistique personnelle.

En conséquence la section d’art floral a depuis toujours tenu sa place au sein de la SNHF. Pour tous ceux qui adhèrent, amateurs comme professionnels, elle s’efforce de diversifier des manifestations riches de créativité, avec un relais dynamique en province par une douzaine de déléguées régionales.

Même si cet art reste, malgré tout, éphémère, que chacun puisse y prendre sa part : pour un autre regard du monde végétal, pour son plaisir créatif, jusqu’à la joie d’un partage d’émotions.

Bruno Lamberti, président de la section Art Floral

Les activités

Le DAFA:  diplôme d’animation floral artistique

Le Diplôme d’Animation Florale Artistique (DAFA) est un examen organisé chaque année par la section art floral de la SNHF sous le haut patronage du ministère en charge de l’Agriculture.

art floral SNHF

Les ateliers / Workshop

Les ateliers proposés sont menés par de grands artistes floraux. Ces derniers proposent des réalisations sur des thèmes créatifs ou de révision de bouquets de cours.

démonstrattion art floral SNHF

Les démonstrations d’art floral

La section a organisé, ces 3 dernières années, 9 démonstrations à la SNHF mettant en scène soit les lauréates du DAFA 3 (à l’occasion de leur remise de diplôme), soit des artistes reconnus issus du monde amateur ou professionnel et appartenant à l’univers de l’art occidental ou de l’art oriental.

Représentation de juges et de participants dans les concours

Des représentantes juges de la SNHF ont été désignées pour des concours de niveau national (Auvers-sur-Oise, Montreuil-sous-Bois), de niveau international en France (Mazamet, Sorèze, Théoule-sur-Mer) et à l’étranger (Namur en octobre 2013, Dublin pour le concours de la World Association Flower Artists en 2014, Monaco chaque année).
La section désigne aussi des participants représentant la SNHF dans des concours internationaux en France (Sorèze, Mazamet) et à l’étranger (Boston en 2012, Dublin en 2014, Monaco et Toronto chaque année). Ces participants reviennent très régulièrement médaillés.

Éditions

La section publie un bulletin de liaison semestriel intitulé Fleur Info, ainsi que des articles illustrés dans la revue Jardins de France. Des CD sont régulièrement édités : ils permettent de diffuser les diverses créations des membres de la section mais aussi des candidats au DAFA, lors de concours internationaux européens et des rencontres de créateurs.

Les projets

Organisation  des Examens du DAFA :

art floral à la SNHF

Démonstration et atelier:

dernière semaine de novembre 2016.

Démonstrations:

Démonstrations des lauréats du DAFA 3 le 24 janvier
Démonstration sur le thème du sacre du printemps le 21 mars 2017.

Je connaissais bien sûr la section art floral de la SNHF car je partageais la même passion que ses membres. En outre j’appréciais de profiter des démonstrations, des ateliers et autres manifestations organisés par les membres actifs très dynamiques déjà en place. C’est tout naturellement je crois qu’il m’a été proposé de participer à mon tour et d’apporter ma pierre à l’édifice. J’ai immédiatement accepté cet engagement avec enthousiasme. L’idée de rejoindre une équipe entreprenante m’a séduite d’autant qu’il s’agissait d’unir nos compétences dans un même objectif : faire connaître, partager cet art éphémère qui touche non seulement  celui qui réalise mais aussi ceux qui contemplent et le faire évoluer ensemble. Ne pas rester inactif face à l’individualisme parfois angoissant de cette société, s’impliquer dans une voie qui compte pour moi sont autant de raisons  de s’investir. Ce sont de plus des moyens d’épanouissement et de rencontre certains pour celui s’y engage.

Je suis très heureuse d’apporter ma petite goutte d’eau  pour faire vivre notre section art floral.

 Christine Fontelle, membre de la section Art Floral

À Toronto, Monique Gimenez brillante lauréate

« De l’autre côté de l’Atlantique, au pays des grands froids, les lanceurs de boules de neige ont triomphé. Un grand bravo à Moni que Gimenez qui vient d’obtenir la suprême récompense à l’International Canada Bloom de Toronto. »

La Société Nationale d’Horticulture de France a envoyé Monique Gimenez la représenter au “Canada Blooms” à Toronto du 13 au 18 mars. Elle a brillamment représenté la France et remporté la médaille d’or et l’International Award (Best) devant l’Australie, le Canada, l’Inde, l’Irlande, le Pakistan, Singapour et l’USA. Le thème était pour la catégorie Internationale “Joué !”. Monique a réalisé deux petites filles jouant à une bataille de boules de neige. C’est à partir d’une structure légère habillée d’osier, de roses avalanches, de renoncules cloony, de feuilles d’aralia, feuilles d’aspidistra, de bergrass, de fleurs de coton, de fibre de palmier, de noix coco et de coques.

« Deux petites filles jouant à une bataille de boules de neige », la composition lauréate de Monique Gimenez – © D.R.

De réputation internationale

Monique est professeur, démonstratrice, juge nationale et internationale et présidente de l’association “MG Fleurs & Création” de Revel (Haute–Garonne). Elle a obtenu de nombreux prix, dont à ce jour quatre “Best”. Elle organise en septembre (tous les deux ans) un concours International à Sorèze (Tarn). Thème de cette année : “Le Prestige de la France”.

Claire Delort

Pour plus de renseignements vous pouvez la contacter à : MGFleursEtCreation@gmail.com.

Vous pouvez également voir sur le site : www.mgfleursetcreation.com

Show floral international à Mandres-les-Roses

Dans le cadre prestigieux de la Ferme de Monsieur à Mandres-les-Roses (Val-de-Marne), l’atelier Roses & Bouquets a été, en octobre 2014, un lieu de haute technicité florale.
Au carrefour de nombreuses disciplines, l’art floral animé d’un élan subtil et authentique, se hisse au rang des disciplines artistiques. Il ne peut et ne doit être confondu avec l’horticulture. Il s’impose entre design et botanique, décoration et fleuristerie, sculpture et art du tissage, et autres techniques traditionnelles.

Des démonstrations qui occupent toute la scène – © D.R.

L’atelier Roses & Bouquets a accueilli avec ferveur les spectateurs des quatre coins du monde dans son monde rayonnant et fascinant de l’art floral, arrivé à l’orée d’une abstraction salutaire. Cet art floral devenu abstrait révèle de manière émotionnelle, ce qui se cache dans l’art de la composition florale, opérant par une sorte de transparence sensuelle, opaque et floue, qui génère du sens, d’essence plus abstraite et spirituelle. Les masses sont réduites à des signes tourbillonnants. La forme n’est plus arrêtée, indifférenciée. Grâce à cette démarche d’abstraction il devient une langue universelle qui ne connait plus les frontières.

Des démonstrateurs inspirés

Au cours de cette soirée unique, les démonstrateurs conviés poussèrent très loin cette « démonstration » Ils représentaient plusieurs cultures et plusieurs sensibilités florales, innovantes et variées. Parmi eux :

  • Stijn Simaeys, maître-fleuriste et créateur Flamand, formé à l’École de Melle, fait partie de l’équipe Fleur Créatif et collabore avec de nombreuses autres revues.
  • Gil Boyard, Meilleur Ouvrier de France,  a obtenu de nombreuses  récompenses et distinctions, édite des livres, est  consultant pour la télévision,
  • Araik Galstyan, fondateur de l’École de design internationale de Moscou. Organise des shows et des concours floraux qui attirent de grands noms de la discipline.
Gil, Araik & Stijn se lançant dans un échange croisé où le floral et le verbal étaient tissés par l’entremise attentive de Laurence Pérez – © D.R.

Un simple truchement de fleurs

Le show floral se déroula en faisant alterner. Comme au théâtre, sur cette scène de la salle d’Orléans de Mandres-les-Roses, les trois « démonstrateurs » se lancèrent dans un échange croisé ou le floral et le verbal étaient tissés par l’entremise attentive de Laurence Pérez.
Au fil de la soirée, Gil, Araik & Stijn se sont donné la réplique, devant une salle comble, et en clôture de ce Grand Show, ils en assurèrent triomphalement tel un feu d’artifice un grand bouquet final.  Susciter ainsi, par le « simple truchement de fleurs, un tel mouvement de l’esprit conduisit le public conquis, jusqu’à l’instant d’une véritable communion. Le thème automnal, dans les couleurs, fut aussi très international de part l’origine des exécutants.
Cette chorégraphie florale, nous rappelle combien il faut faire confiance à la vie et se donner les moyens, ensemble, de faire que les saisons puissent toujours se succéder, en attendant le printemps et ses fleurs glorieuses !

Patrick Lambert

Deux artistes au travail – © D.R.
Deux artistes au travail – © D.R.
Le grand bouquet final © D.R.

Art floral au château de Vert-Mont

Un exemple de composition inspirée du style de l’époque : « Colonnes empire », de Martine Dezaux – © AAFM

Dans le cadre des Journées du Patrimoine 2014, Rueil-Malmaison (Yvelines), ville impériale, a célébré la seconde édition d’un « Jubilé » en l’honneur de Napoléon et Joséphine. Le comité organisateur des festivités a demandé à l’Atelier d’Art Floral de Malmaison de décorer le château de Vert-Mont.

Le château de Vert-Mont est une propriété privée fort méconnue du public et même des Rueillois. Il est situé dans un parc qui faisait partie du domaine de Malmaison du temps de la splendeur de Joséphine.

A la mort de l’impératrice, une partie du domaine est vendue en lots. La parcelle dite « Vert-mont » (qui domine le vallon), est achetée sous le Second Empire par un riche intellectuel qui y fera construire un pavillon dit « à l’italienne ».
La propriété sera revendue plusieurs fois pour être finalement acquise à la fin du XIXe siècle par Edward et Julia Tuck, riches américains qui vont l’agrandir et la rénover. Le château est tel que nous le voyons aujourd’hui. C’est le rayonnement de la belle époque. Il en reste une magnifique salle de bains.
Après le décès du couple Tuck, la demeure tombe dans l’oubli et l’abandon. Ce sont les années noires.

Retour à la splendeur

Heureusement, en 1992, avec l’Institut Français du Pétrole, la Fondation Tuck est créée, les restaurations du domaine, très mal en point, commencent et Vert-Mont va retrouver sa splendeur.

C’est donc dans ce cadre prestigieux et privilégié que l’Atelier d’Art Floral de Malmaison a réalisé et exposé des compositions florales classiques, respectant le style du château au rez-de-chaussée mais aussi modernes au premier étage, ainsi que des bijoux en végétaux, inspirés par ceux de Joséphine, et des bouquets Ikebana.
Joséphine, son grand amour pour les fleurs et Vert-Mont ont été à la base de notre réflexion florale et ce fut pour nous un cadre privilégié pour notre exposition.

Colette Seguin ,  Martine Dezaux

1 : Dès l’entrée du château, l’Atelier d’art floral exprime son talent – © C. Seguin – 2 : Une composition dans la salle de bains belle-époque – © C. Seguin – 3 : L’Atelier a réalisé des bijoux en végétaux comme ce diadème de Liselote Merlet – © C. Seguin

« Roses de jardin dans un vase Médicis » Bruno Lamberti distingué à Monaco

Non seulement l’insigne d’or de la catégorie « professionnels » mais surtout le prix Princesse Grâce ont récompensé Bruno Lamberti* et Claude Orchampt au Concours International de Bouquets de Monaco. Sollicité en décembre 2013 par la section Art floral pour représenter la SNHF, Bruno nous dévoile le cheminement de sa réflexion pour la composition du bouquet, basée sur le côté artistique mais aussi pratique, qui l’a conduit à cette récompense de prestige en juin dernier. Extraits …

Bruno Lamberti devant la composition qui lui a valu deux récompenses au dernier concours international de Monaco – © D.R.

« Roses de jardin dans un vase Médicis », était le sujet que devait travailler Bruno Lamberti, pour une composition de hauteur minimum de 1,50 m, vase compris, thème réservé à la catégorie « professionnels », lors du « 47ème Concours International de bouquets et son jardin 2014 », les 14 et 15 juin à Monaco. « Ma réflexion a porté sur l’esthétique de l’ensemble, le choix des coloris, le respect de ce végétal très sensible à une mauvaise hydratation, le souhait d’avoir des stades d’épanouissement différents, tenant compte des conditions particulières telles quel les conditions de transport et la date presque estivale.

Bien ordonner ses idées

Bruno Lamberti a d’abord été guidé par ce qu’il ne voulait pas :

  • un bouquet lourd et opulent. « Je visualisais plutôt l’effet d’une brassée de roses rapportée du jardin, accompagnée de quelques feuillages d’arbustes, spontanée et légère » ;
  • placer les roses dans la mousse de piquage, puisque celle-ci ne pouvait être saturée d’eau en permanence. « Je voulais offrir aux derniers visiteurs du lendemain une fraîcheur très acceptable » ;
  • ne pas utiliser un montage à plateaux car, souhaitant rester « aéré », dans la crainte de ressentir les différents niveaux, une fois la composition terminée.

Ces conditions déterminées, un seul impératif : les roses seraient dans l’eau et, pour technique, l’usage du tube plastique.

Une préparation réfléchie du support

Bruno s’est d’abord procuré des emballages de « seringues à scanner » se présentant sous forme de tubes rigides aux dimensions bien adaptées. Il en pourvoit deux tuteurs accolés, le tout habillé d’une feuille d’Apidistra, par moitié de limbe. Ensuite, il équipe le vase Médicis d’un gros fer rond sur une hauteur des trois quarts de celle estimée de la composition et bloquée à deux niveaux dans le contenant. Vient l’empalement de trois gros blocs de mousse de piquage retaillés pour former un cylindre, chacun grillagé pour éviter l’éclatement. « Cette colonne, ainsi constituée, me permettait de piquer tous les tubes, de même que des rameaux de Viburnum tinus qui à la fois l’habillaient et donnaient une profondeur à la composition par leur coloris vert soutenu. »

Trouver les végétaux

Une des difficultés a été de trouver les roses correspondant à la composition, de même que l’organisation de toute la logistique pour les acheminer sur le lieu du concours. Pour accentuer l’esprit jardin, Bruno a aussi utilisé quelques branches arquées de Lonicera nitida et de Rhodotypos scandens, un peu d’Aucuba et divers feuillages qui se contrastaient
.

Une construction progressive

Pour construire la composition, Bruno a placé d’abord quelques éléments, tout en sachant qu’ils pouvaient être déplacés sans contrainte avec cette technique de tubes. Dans chacun, il a disposé au maximum quatre tiges pour qu’elles profitent d’une bonne réserve d’eau additionnée de conservateur. Pour un meilleur équilibre visuel, les coloris les plus soutenus et les fleurs plus épanouies occupent le bas et vers le centre. « On joue ainsi sur la profondeur et le relief en laissant s’échapper quelques rameaux de Lonicera, Rhodotypos et rosier ‘Ghislaine de Féligonde’. » Ce dernier ayant perdu ses pétales lors du transport, Bruno a pu cependant l’utiliser pour son feuillage léger. « Il m’a fallu beaucoup de concentration pendant plus de trois heures pour parfaire ces rapports de tonalité, créer des petits vides qui apportent une respiration et sans oublier l’arrière du bouquet. Eh oui …, le jury met ses yeux partout ! », avoue Bruno Lamberti qui tient à souligner l’aide précieuse que lui a apportée Claude Orchampt qui partage avec lui cette médaille d’or et le prix Princesse Grâce de Monaco.

Jean-François Coffin

* Bruno Lamberti est le nouveau président de la section Art Floral de la SNHF depuis le 19 mai 2014. Il à succédé à Nicole Duquesne.

Your wildest dream

Marie-Marguerite Dessens a représenté la SNHF à Canada Bloom, exposition internationale qui s’est déroulée à Toronto du 17 au 18 juin 2014. Elle a obtenu la médaille d’or au concours d’art floral dont le thème était « Your wildest dream ». Focus sur ce bouquet lauréat …

Bouquet primé au concours d’art floral de Toronto

Le coté “sauvage” représenté par une vague sombre, inquiétante et un peu mystérieuse, formée par des entrelacs de feuilles d’aspidistra découpées en lanières, travaillés de façon désordonnée sur du grillage. Ce premier élément a formé une sorte de tapis que l’artiste a posé sur trois tiges métalliques en lui donnant une forme ondulante.

La partie “rêve” en opposition  composée de fleurs blanches (phalaenopsis et dendrobiums) dans des tubes de verre suspendus à différentes hauteurs par des fils de pêche afin d’alléger la masse sombre du travail d’aspidistra. Ont été ajoutés des amaryllis verts renversés pour l’étrangeté et pour la rigidité en contraste avec les ondulations du travail d’aspidistra, également pour donner de la hauteur à la composition plutôt horizontale.

Jean-François COFFIN pour Jardins de France 630. juillet-août 2014

L’Art Floral aux Floralies de Nantes

Du 7 au 17 mai 2014 ont eu lieu les 11e  Floralies internationales de Nantes dont le  thème était « Bouquet d’Arts », un voyage poétique à travers les Arts : Architecture, Sculpture, Peinture, Danse, Musique, Poésie, Cinéma…

Crayonnage, de Régine Hégron- Février – © SNHF

Sérénité précieuse

De l’ensemble se dégageait une sérénité précieuse à cette grande manifestation, où le végétal règne en maître, mettant à l’honneur une région horticole dont la tradition botanique accompagne l’histoire de France (magnolia, camélia, muguet nantais…).
La mise en  valeur d’un élément simple, naturel ou sculpté, auquel s’associe  une  fleur choisie pour sa forme, sa couleur ou sa texture, est le fil conducteur du bouquet.  Chaque créatrice a évoqué la sculpture selon son inspiration, espérant aiguiser l’œil du visiteur et ainsi l’interpeller. Des fleurs simples, colorées, parfumées, souvent de productions locales ou de jardins, dansent dans les compositions, invitent à la rêverie comme le montrent les illustrations de cet article.

Régine Hégron-Février

1 : Confidences, de Corinne Aumoitte
2 : Débranche Two, de Marie-Claude Bigeard
3 : Garance, de Soazic Le Franc – © SNHF
1 : Brise Bise, de Solange Salaün
2 : Éclat de fleurs, de Laurette Launay – © SNHF

Le jardin miniature

La réalisation du jardin miniature relève à la fois de la composition florale, de la maquette et de l’art du jardin. Il ne s’agit pas d’un paysage mais d’une composition réalisée avec des végétaux et des accessoires évoquant le style et l’ambiance du jardin que l’on choisit de représenter.

Les jardins miniatures

Jardin de style ou créatif

Le jardin miniature peut être de style italien, médiéval, andalou, méditerranéen, à la française… Il peut être aussi purement créatif : jardin de senteurs, futuriste, secret, de rêve…

Le jardin de style

Il est important de s’imprégner de son atmosphère par la consultation de documents et gravures. Cette démarche permet un juste choix des éléments végétaux et des accessoires. Par exemple des plessis ou fascines en branches pour un jardin médiéval, des poteries et des buis pour un jardin à l’italienne, des topiaires pour celui à la française ou encore des pierres et des plantes de rocaille pour un jardin méditerranéen.

Le jardin de création

La démarche est un peu différente, le choix des éléments demeurant tout aussi important. Ceux-ci doivent d’emblée suggérer le jardin imaginé. Par exemple des éléments modernes ou futuristes pour un jardin sur la lune ou encore des éléments parfumés pour celui de senteurs…

L'agencement du jardin : recherche de l’harmonie


Il est semblable à celui d’une maquette. Doivent être respectées : La perspective (l’utilisation d’un fond ou background peut être intéressante), la proportion (en rapport avec l’ensemble de la composition et en fonction de l’espace choisi), l’échelle (impliquant que toutes les composantes de l’ensemble soient à la même mesure). Le respect de ces principes est indispensable pour que le jardin soit miniature et surtout harmonieux.

L'exemple d'un jardin monastique médiéval

Le jardin monastique est voué au chiffre 4: Quatre allées en forme de croix symbolisant les 4 fleuves du Paradis dont la fontaine au centre est la source et quatre carrés entourés de plessis à l’origine en châtaignier. Des branches souples de bouleau ont été ici utilisées afin de respecter l’échelle des éléments du jardin.
-L’herbularius ou jardin des simples réservé aux plantes aromatiques et médicinales telles l’armoise, la mélisse, l’achillée, la rue, la tanaisie, la pulmonaire (…) Toutes en mini-plants pour rester à l’échelle.

-L’hortus ou potager où étaient cultivées les plantes à pot (exemple les choux réalisés avec des petites feuilles de galax ou de lierre) et les légumineuses grimpant sur des rames.
-Le verger lieu du cimetière symbole de félicité.
-Le jardin des senteurs ou de Marie dédié au culte marial, essentiellement constitué de plantes consacrées à la célébration des offices, ici de fleurons blancs ou de petites fleurs blanches.
 Le mur et sa barrière à claire-voie apportent fond et stabilité visuelle. Les plessis hauts sur les côtés permettaient les cultures en hauteur pour les cucurbitacées.

Le choix des éléments est important dans un jardin de création
L’exemple d’un jardin monastique médiéval

L'exemple d'un jardin « à la Française »



Pour travailler à la Le Nôtre, je me suis mise à son écoute, à son école en reprenant ce qui caractérise ses jardins : la maitrise de la perspective, les différences de niveau, la symétrie, le jaillissement de l’eau, les parterres de broderie.
 Mon jardin s’inspire de Vaux le Vicomte en appliquant les méthodes de Le Nôtre et les goûts du XVIIème. La perspective est travaillée, l’allée centrale n’est pas rectiligne au contraire, elle s’élargit pour couper l’effet de fuite sinon l’horizon se ferme trop. Les bassins ne sont pas ronds mais ovales pour renforcer l’effet de perspective.
 Pour admirer le jardin, un point de vue plus haut est nécessaire, le premier plan est à un autre niveau constitué d’une terrasse au gravier fin ornée de deux vases classiques.
 Les éléments sont disposés de façon symétrique, tapis de broderies, bordures de fleurs, banquettes de gazon et vases…
 Pas de jardin sans la magie de l’eau qui s’élance haut vers le ciel en défiant les lois de la gravité comme les jets d’eau qui ornent les bassins.
 Les parterres de broderies, dont les arabesques sont soulignées par des graviers de couleurs contrastées, allient maitrise des végétaux et de l’ornementation.
 Malgré tous mes efforts et mon application ce jardin reste perfectible, la forme ronde n’a pas facilité la tâche, une niche correspondrait mieux au format. Le printemps froid est pluvieux ne m’a pas permis d’utiliser les charmilles restées à l’état de bouton à la date du concours…

L’exemple d’un jardin « à la Française »

Un univers vivant

Créer des petits jardins est vite une passion, mettre un paysage dans une niche impose de résoudre un certain nombre de problèmes. A la base, bien connaître son sujet par une étude approfondie, se mettre à l’échelle, chercher des végétaux dont les fleurs et les feuilles sont petites, même chose pour les accessoires. Comment dans un espace dont la profondeur est courte (souvent 60cm dans une niche), donner l’illusion d’une profondeur ? En créant des plans dans cet espace comme pour une photographie et en travaillant sur la grosseur des végétaux et leurs couleurs en fonction de leur place.
 Chercher à créer une atmosphère pour ce petit univers vivant.

Jocelyne Vuillet ,  Claire Erny