Voyage en Belgique, « au-delà de l’imagination »
Pour le 25e anniversaire de ses activités de designer floral, Stef Adriaenssens a organisé l’exposition « Beyond Imagination », à Lier, sa ville natale. L’occasion rêvée pour la Section Art Floral de la SNHF d’aller à la rencontre de fleuristes belges et de proposer une journée de détente et de convivialité…
L’exubérance, une imagination sans limites, étaient bien au rendez-vous à Lier, le 24 novembre dernier ! Une quinzaine de membres de la Section Art Floral de la SNHF ont participé à ce voyage haut en couleur. Début novembre, l’an dernier, plus de quarante fleuristes passionnés originaires de Russie, d’Angleterre, de France, des Pays-Bas et de Belgique se sont donné rendez-vous à Lier pour s’atteler à la réalisation du projet. L’ensemble des structures lourdes a été alors mis en place, tandis que les éléments plus fragiles ont été travaillés la semaine précédant l’ouverture de l’exposition.
L’exposition a eu lieu au « Couvent des Sœurs Noires », dans le centre de Lier. La façade extérieure, ainsi que le jardin, situé à l’intérieur, étaient ornés de décors monumentaux, une forêt de sapins stylisés était implantée dans la cour du couvent. Toutes les nombreuses salles restituaient chacune une ambiance différente et rivalisaient d’élégance et de raffinement.

Les cerisiers en fleurs accueillaient les visiteurs
L’entrée était transformée en jardin de cerisiers en fleurs, tel un jardin japonais. La cuisine du couvent, avec son sapin décoré de gâteaux et ses couronnes de Noël, exhalait une bonne odeur de pain d’épice. Les salons mettaient en valeur d’étranges structures tressées en rameaux de cornouiller, plus stylisées les unes que les autres.
Les corbeilles de fleurs, telles d’immenses corolles, et un sapin en forme de spirale géante suspendu au plafond étaient là aussi pour surprendre et étonner.
Le point d’orgue de l’exposition était la Chapelle où les arceaux en sapin ornés d’une pluie d’orchidées, de la neige sur le sol et une musique céleste ont composé un univers féérique. Après un repas convivial, l’après-midi fut consacré à la visite du Béguinage inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et de la boutique de Stef Adriaenssens.
Valérie Lehmann





Depuis quelques années l’art floral est au programme des ateliers culturels de la Faculté des Sciences Paris Sud à Orsay. Nous avons soumis un questionnaire aux participants des ateliers pour vous donner un aperçu de ce qui se vit et se transmet au sein de ces cours et souligner la place que cet art tient dans la vie des étudiants, des chercheurs et des docteurs en génétique et microbiologie, physique, chimie.




Beaucoup de fleurs de jardin circulaient et emplissaient ainsi les étals et nos tables d’études. Profusion de fleurs… Progressivement, nous sommes passés des bouquets d’époque à des compositions plus contemporaines, épurées. Des mots tels que masse, ligne, courbe, géométrie ont fait partie de notre vocabulaire. Parallèlement le monde des décorateurs donnait une plus grande place à la fleur dans leurs évènements prestigieux. Le « budget fleurs » avait autant d’importance que celui du traiteur. Pour satisfaire au côté grandiose des manifestations florales, il a fallu rivaliser d’ingéniosité et de créativité. C’est là que nos horticulteurs de la région parisienne se sont vus sollicités de toutes parts pour nous procurer « le » végétal inconnu sur les étals de Rungis, l’écorce bizarre, « la » branche tordue à souhait, jusque-là laissées négligemment de côté, pour eux sans importance. Les fleuristes ont vu leur conception évoluer. Le mot décorateur à côté de celui de fleuriste fait désormais partie intégrante du monde de la fleur. Elles sont loin les Bouquetières ! Pendant ce temps, l’intégration dans nos compositions florales, de toutes sortes de matériaux aussi bien végétal, minéral, en fer, en plastique et autres matières étonnantes, nous sont proposés à profusion. Cette « intrusion » aux côtés de la fleur a permis un regard plus global sur nos compositions. C’est là que les mots masse et ligne prennent tout leur sens. Pour ma part, il m’est impossible de choisir les éléments nécessaires à une composition florale sans penser « couleur et masse ». La couleur surtout, le matériau ou la variété de la fleur m’importe peu. C’est le rapport entre les textures que je privilégie, tant celui des différents matériaux entre eux que celui de taches d’une même couleur à partir de matériaux distincts. Je me rappelle le temps où j’allais chercher mon inspiration le long des vitrines des grands couturiers. Le orange et le rose fuchsia n’avaient pas spécialement droit de cité dans nos écoles ! Mais c’était tellement séduisant… sur le tissu !
Cette année, ce séminaire s’est tenu dans l’ouest de l’Irlande, de Cork au Comté de Clare (10-19 mai). Le Comité WAFA d’Irlande, autour de la présidente Kitty Gallagher et sous la houlette de Mary C. O’Keeffe, a montré sa parfaite efficassité et son total dévouement aux 92 déléguées de 22 pays des cinq continents. La France était représentée par Michèle Enel et Nicole Siméon.

















Le séminaire annuel d’Ars Florum est un lieu d’échange et de travail entre les différentes nationalités. Après le château de Chenonceau en 2010, c’est le château de Valençay, un des plus beaux châteaux du Val de Loire, qui en 2011 a servi de décor aux créations florales des professeurs.
Ce maître-fleuriste jouit d’une grande notoriété tant en Belgique qu’à l’étranger. Il est réputé pour son style pur, simple et naturel. “Rester créatif et progresser” est le conseil que Geert tient à prodiguer. La cour d’honneur du château de Valençay s’est embrasée de couleurs avec l’amaryllis, fleur phare de ses créations.


Au XVIesiècle, cet art gagne les demeures des riches marchands et se démocratise pour enfin pénétrer dans les maisons, dans une pièce réservée aux études, à la calligraphie, à la cérémonie du thé et au recueillement. Sur le mur nord de cette pièce, couverte au sol par des tatamis, se trouve une alcôve appelé « tokonoma », où un hommage particulier est rendu aux saisons sous la forme entre autre de « rouleau suspendu » ou peinture japonaise, associé à un Ikebana, tous deux très dépouillés. Puis, cet art floral gagne les faveurs de la caste militaire à l’époque Momoyama (1568-1600) et le tokonoma s’agrandit avec la taille des résidences. Dans la première moitié du XVIIe siècle, le grand maître Seno II, reconnu par l’Empereur, codifie l’arrangement floral dans un style appelé Rikka, style composé de trois lignes principales représentant la trinité bouddhiste. Il organise de nombreuses expositions d’Ikebana à la cour impériale et invente l’arrangement monumental. Une large diffusion à travers des manuels imprimés fait naître de nombreux disciples. Le style Rikka atteint son acmé à la fin du XVIIe siècle.



Laurence Pérez, Charlène Caumon