Cycle de conférences en ligne : Les plantes aussi ont leurs secrets : des métabolites spécialisés
Rendez-vous tous les mardis du mois de janvier 2026 à 14h30, pour un cycle de conférences en ligne consacré aux métabolites spécialisés !
Organisé par le conseil scientifique de la SNHF, ce cycle de quatre webinaires, vous invite à explorer la chimie végétale, à la croisée de la biologie et de la science.
Un rendez-vous à ne pas manquer pour les passionnés de nature et de science, les curieux de biologie, les étudiants, les jardiniers désireux de mieux comprendre ces secrets du vivant.
En effet, les plantes produisent une incroyable diversité de molécules, véritables signatures chimiques de leur monde vivant. Ces métabolites spécialisés, souvent discrets, mais essentiels, leur permettent de se défendre, de communiquer, de séduire ou encore de s’adapter à des environnements changeants.

Les métabolites spécialisés
À travers quatre webinaires, nous vous invitons à explorer cet univers où chimie et biologie se rencontrent.
Nous découvrirons d’abord ce que sont ces métabolites et comment ils se distinguent des composés primaires indispensables à la vie. Puis, nous verrons comment les plantes les mobilisent pour se protéger de leurs agresseurs, attirer pollinisateurs et partenaires, ou encore échanger des signaux subtils avec d’autres organismes. Enfin, nous aborderons les applications humaines : médecine, cosmétique, biotechnologies.
Programme
Partie 1 — Les métabolites spécialisés : présentation
🗓 mardi 6 janvier 2026 à 14h30 en ligne
Thèmes abordés :
- Qu’est-ce qu’un métabolite spécialisé ?, David Gagneul
- La diversité des sources : production, extraction, teneurs et dosage, contrôle et législation, Pierre Champy

Qu’est-ce qu’un métabolite spécialisé ?
Au cours de leur évolution, les plantes ont développé un panel complexe de métabolites spécialisés dont la synthèse et l’accumulation sont spécifiques des espèces, tissus et stades de développement, en réponse aux contraintes imposées par leur milieu. Longtemps considérés comme secondaires, il est aujourd’hui largement admis que ces métabolites ont joué un rôle clé dans le phénomène de terrestrialisation. Les plantes étant des organismes sessiles, ces métabolites contribuent à leur défense et à la communication. Outre leur rôle fondamental chez les plantes, ces molécules représentent un réservoir intarissable de molécules d’intérêt pour la médecine, la pharmacie, la cosmétique, l’agro-alimentaire, l’agrochimie et l’industrie. Les différentes familles de métabolites spécialisés ainsi que leurs rôles principaux seront présentés.
Parcours professionnel
David Gagneul a obtenu sa thèse en Science de la Vie en 2005 à L’Université de Rennes 1. Après un premier post-doctorat aux USA (Michigan State University, 2006-2007) et un second en Allemagne (Heinrich-Heine Universität, 2007-2009), il obtient un poste de Maître de Conférences à l’Université de Lille en 2009. Il a soutenu son HDR en 2021. Il étudie, au travers des démarches de génomique fonctionnelle, le métabolisme et le rôle des métabolites spécialisés chez des plantes d’intérêt de la région Hauts-de-France (chicorée et lin).

Métabolites spécialisés végétaux : obtention, contrôle et enjeux technologiques et réglementaires associés.
Les métabolites spécialisés végétaux, purifiés ou partiellement isolés, sont indispensables aux activités humaines et trouvent des applications très variées – pharmaceutiques, alimentaires et agroalimentaires, cosmétiques, techniques. Des définitions et des exemples seront proposés, illustrant la multitude des emplois traditionnels ou modernes et les contraintes qui leurs sont associés, et posant la question de la pérennité de la ressource végétale à l’échelle mondiale pour des plantes à métabolites à forte valeur ajoutée.
Les principes des modes d’obtention, d’extraction et d’isolement seront présentés, avec des aperçus des contraintes inhérentes au règne végétal d’une part et de la notion de co-produit d’autre part. Une attention particulière sera portée aux méthodes permettant d’assurer la qualité d’une matière première végétale, d’un extrait ou d’une molécule, dans une perspective physicochimique, ainsi qu’aux différents référentiels employés à cette fin dans les cadres pharmaceutique et commercial. La notion de fraude sera spécifiquement abordée, notamment en termes d’enjeux, voire de défis analytiques.
Parcours professionel
Champy Pierre est Professeur des universités. Affiliation : Laboratoire de Pharmacognosie – Equipe Chimie des Substances Naturelles, UMR CNRS 8076 BioCIS ; UFR Pharmacie, Graduate School Heads, Université Paris-Saclay
Activités scientifiques et administratives
- Membre du conseil d’administration de la SFE (Société Française d’Ethnopharmacologie)
- Membre élu du conseil d’administration de l’AFERP (Association Française pour l’enseignement et la recherche en pharmacognosie) depuis 2017
- Membre du COST MedPlants4Vet
- GDR « Pharmacopées anciennes » MANSA
- Porteur d’un ERASMUS+ avec l’UFHB (Côte d’Ivoire), membre actif d’un ERASMUS+ avec l’université de Douala (Cameroun)
- Président du GT Plantes (Anses)
- Membre du comité permanent de la pharmacopée française « plantes, huiles essentielles » (ANSM)
Thématiques de recherche
- Phytochimie analytique, interface avec la biologie.
- Acétogénines d’Annonaceae et Parkinsonismes.
- Antiparasitaires et antibactériens de la tradition Africaine (Côte d’Ivoire, Cameroun, Ghana).
- Approches déréplicatives (UPLC-HRMS/MS) et métabolomiques : contrôle de matériel végétal.
Partie 2 — Les métabolites de défense des plantes
🗓 mardi 13 janvier 2026 à 14h30 en ligne.
- Alcaloïdes végétaux : médiateurs chimiques des interactions plantes–organismes, Florence Nicolè.
- Stratégies chimiques face aux insectes et micro-organismes, Emmanuel Gaquerel
- Substances répulsives, toxiques ou antimicrobiennes.
- Interaction chimique entre la plante et ses agresseurs.
- Utilisations des métabolites spécialisés en protection des plantes, Arnaud Lanoue
Alcaloïdes végétaux : médiateurs chimiques des interactions plantes–organismes
Au sein de la grande diversité de composés du métabolisme spécialisé produits par les plantes, les alcaloïdes sont probablement parmi les plus connus du commun des mortels. Cocaïne, morphine, atropine, quinine ou strychnine sont autant de molécules, qui même à faible concentration, sont physiologiquement actives chez les animaux, et présentent ainsi de nombreux usages en médecine. Mais quel est leur rôle chez les plantes qui les produisent ? Dans cette conférence, je détaillerai deux exemples impliquant la nicotine puis la caféine. Nous verrons comment les plantes gèrent la complexité de leurs interactions avec les autres organismes via ces médiateurs chimiques.
Parcours professionnel
Florence Nicolè est enseignante et chercheuse à l’université de Saint Etienne. Elle enseigne les principes de la démarche scientifique moderne de la deuxième année de licence Sciences de la vie jusqu’au master 2 Sciences du vivant. De l’analyse critique des données présentées dans les médias aux modèles statistiques les plus complexes pour expliquer un phénomène biologique, toutes les étapes qui permettent de poser une problématique, d’établir un protocole expérimental, de collecter et traiter des données et enfin de les présenter à différents auditoires et d’en débattre sont abordés. Elle combine l’apprentissage par projet et la transdisciplinarité au travers du workshop écodesign où étudiants écologues et designers de l’information collaborent pour répondre aux besoins des acteurs locaux sur des problématiques de transition écologique.
Ses recherches au laboratoire de Biotechnologies Végétales appliquées aux Plantes Aromatiques et Médicinales (LBVpam UMR CNRS 5079) portent sur l’écologie chimique des plantes à parfum et médicinale comme la lavande. Elles visent à comprendre le rôle de certaines molécules volatiles impliquées dans l’attractivité des polinisateurs ou en réponse à différents stress abiotiques.
Au sein de son université, elle est chargée de mission Sciences et Société et œuvre à partager et co-produire la connaissance scientifique avec la société.


Utilisations des métabolites spécialisés en protection des plantes
Les plantes possèdent la capacité de se défendre contre les infections en produisant de petites molécules appelées métabolites spécialisés. Cependant, ces composés sont souvent synthétisés en quantité insuffisante et trop lentement pour assurer une protection efficace contre les maladies. Cela soulève une question intéressante : peut-on exploiter ces substances naturelles pour fabriquer des extraits végétaux enrichis, aux propriétés antifongiques, afin de créer des intrants phytosanitaires respectueux de l’environnement ?
Au cours de cette conférence, nous explorerons les différents types de produits de biocontrôle, ainsi que les défis scientifiques et techniques liés à leur utilisation dans la protection durable des cultures.
Parcours professionnel
Arnaud Lanoue est Maître de conférences à l’Université de Tours, il enseigne la mycologie et les biotechnologies végétales à la Faculté de Pharmacie. Ses recherches au laboratoire Biomolécules et Biotechnologies Végétales portent sur la biosynthèse et la valorisation des substances végétales pour la santé des plantes, la cosmétique et la pharmacie.
Partie 3 — Les métabolites de communication et d’attraction
🗓 mardi 20 janvier 2026 à 14h30 en ligne
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- Rôles des composés volatils et parfums, Jean-Claude Caissard
- Pigments des végétaux : diversité, fonctions biologiques et évolution, Pierre Galipot
- les signaux qui conduisent à la symbiose (flavonoïdes/légumineuses), Pascal Ratet

Pourquoi les plantes ont-elles une odeur ?
Les plantes présentent des odeurs qui ont toujours fasciné les êtres humains et qui sont depuis longtemps utilisées en médecine, en cosmétologie ou simplement pour le plaisir. Mais à quoi servent ces odeurs dans la nature ? La plupart d’entre elles sont destinées à communiquer avec les insectes et avec d’autres plantes. Quelle-est la nature de cette communication ? Que disent les plantes ? Comment étudier ce langage ? Cette conférence aborde, entre autres, une discipline plus large, nommée « écologie chimique », science qui depuis quelques décennies s’attache à décrypter le langage le plus courant dans la nature, le langage chimique.
Parcours professionel
Jean-Claude Caissard est professeur, Laboratoire de Biotechnologies Végétales appliquées aux Plantes Aromatiques et Médicinales (CNRS/UJM UMR 5079).
J’enseigne de la 1ʳᵉ année de licence à la dernière année de master (bac+5) et j’encadre aussi des thèses. Je suis responsable du Master Sciences du Vivant de Saint-Étienne et tout particulièrement du parcours « Environnement et Interactions Plantes-Insectes ». J’enseigne la biologie végétale, la théorie de l’évolution et l’écologie chimique.
Ma recherche porte sur deux aspects : la biosynthèse et la sécrétion des composés volatils. Je travaille sur plusieurs modèles, principalement les roses, les pélargoniums odorants et les arums malodorants. Je collabore avec des collègues français, autrichiens, américains et chinois.

Résumé
Première source de couleurs chez les végétaux, largement devant les couleurs physiques et les molécules fluorescentes (la bioluminescence quant à elle n’est pas apparue chez les plantes ou a disparu au cours de l’évolution), organisés en une très grande variété de formes, nous nous demanderons à quelles fonctions biologiques participent les pigments des végétaux et comment ont-ils évolué. Nous parcourrons au cours de cet exposé une grande majorité des familles biochimiques de pigments végétaux et nous verrons l’immense diversité de fonctions qu’ils peuvent remplir pour les plantes.
Parcours professionnel
Diplômé du Master Biologie et Systèmes Complexes de l’École Normale Supérieure de Lyon et Agrégé de Sciences de la Vie, de la Terre et de l’Univers en 2016, j’ai soutenu ma thèse en 2021 au Muséum national d’Histoire naturelle. Après des stages de recherche en France et au Japon consacrés aux motifs de couleurs des vers à soie et des oiseaux, j’ai basculé en biologie végétale pour mon doctorat durant lequel j’ai étudié la morphogenèse du pétale de la Nigelle de Damas et les motifs de couleur répétés de Eucaryotes. Depuis, au cours d’enseignements à l’Université de Rennes et de séjours de recherche à l’Université de Tokyo, j’ai étudié la morphogenèse des motifs de couleur d’une Scutellaire (Lamiacée), de la Fritillaire pintade (Liliacées), des amanites et de quelques animaux. Je développe depuis 2025 un projet collégial (Project Morpho) visant à refonder le domaine de la Morphogenèse et à classifier les formes et les processus morphogénétiques, avec des chercheurs du monde entier.

Rôle des flavonoïdes dans la signalisation symbiotique légumineuses-rhizobia
Les flavonoïdes sont des métabolites spécialisés issus de la voie des phénylpropanoïdes. Chez les plantes légumineuses ils sont excrétés par les racines et peuvent agir comme phytoalexines ou molécules de signalisation pour la rhizosphère. La production de ces composés est régulée par la nutrition de la plante. Chaque espèce de légumineuse produit un cocktail différent de flavonoïdes qui peuvent activer de façon spécifique des protéines régulatrices chez les rhizobiums, induisant ainsi la production du facteur Nod nécessaires à la reconnaissance entre la bactérie et son partenaire végétal ainsi qu’à l’initiation de la symbiose. La régulation de la production de ces composés et les mécanismes de reconnaissance entre la bactérie et la plante seront abordés dans cet exposé.
Parcours professionnel
Après une thèse en Microbiologie, et un Postdoc en Allemagne (Max Planck Institute, Cologne), j’ai été rapidement recruté au CNRS comme Chargé de Recherche, dans l’équipe symbiose de Adam Kondorosi à l’Institut des Sciences du Végétal (CNRS, Gif sur Yvette). Mes travaux ont porté sur l’étude du rôle des flavonoïdes lors de la symbiose Medicago-rhizobium, le développement d’outils génétiques chez M. truncatula puis la caractérisation de gènes symbiotiques nécessaires à l’identité de la nodosité et à l’immunité lors de la symbiose.
Partie 4 — Applications et valorisation des métabolites végétaux
🗓 mardi 27 janvier 2026 à 14h30 en ligne
- Les métabolites végétaux sources de médicaments
Du métabolite naturel à la molécule thérapeutique : extraction, optimisation, synthèse, Benoit Saint-Pierre - Comment les humains s’en inspirent pour la cosmétique, Nathalie Guivarch
- Biotechnologies végétales et production de métabolites. Culture cellulaire, biosynthèse et ingénierie métabolique, Frédéric Bourgaud
Animateurs : Alain Toppan et Noëlle Dorion.

Les médicaments de source végétale. Diversité, enjeux, perspectives.
Les plantes sont de véritables « usines chimiques naturelles ». Elles fabriquent des milliers de molécules — appelées métabolites spécialisés— qui leur permettent de se défendre ou de communiquer, et dont certaines sont devenues des médicaments indispensables pour l’être humain. De l’aspirine à la morphine, en passant par les anticancéreux issus de la pervenche tropicale, de l’if ou les antipaludiques provenant de l’armoise, la nature est souvent le point de départ des traitements modernes. Ce séminaire présente des exemples d’utilisation des substances naturelles végétales comme médicament, les contraintes d’approvisionnement, et les perspectives de développement.
Parcours professionnel
Formé en biologie végétale et biologie moléculaire à l’Université de Montréal, puis spécialisé en biotechnologies végétales des plantes médicinales à l’Institut de recherche en biologie végétale (Jardin Botanique de Montréal), Benoit St-Pierre consacre sa carrière à l’étude et à la valorisation des ressources végétales. Recruté comme professeur à l’Université de Tours il y a plus de vingt ans, il y mène des recherches reconnues sur la biosynthèse des composés actifs des plantes et sur le développement de procédés innovants de production de produits naturels. Ses travaux s’inscrivent au croisement des biotechnologies verte et blanche, avec pour objectif de proposer des solutions durables et performantes pour l’avenir des filières utilisant les ressources végétales.

Les métabolites spécialisés végétaux une source d’inspiration pour la production de cosmétiques
Depuis les premières civilisations, les humains se tournent vers les plantes pour se soigner, se nourrir et se rendre plus beaux. Les plantes produisent une immense diversité de molécules, dont certaines ne participent pas directement à leur croissance mais leur permettent de se défendre, d’attirer les pollinisateurs ou de communiquer avec leur environnement. Ces molécules sont les métabolites spécialisés, autrefois appelés “métabolites secondaires”. Ces molécules présentent des propriétés étonnantes : elles sentent bon, colorent, hydratent, protègent contre l’oxydation, l’inflammation, les microbes… Autant de propriétés recherchées dans les produits cosmétiques.
La demande croissante de ces métabolites et le besoin de les diversifier a poussé à l’exploration d’une plus grande diversité de plantes ainsi qu’au développement et à l’invention de nouveaux procédés pour une production accrue de ces composés. Si la maitrise de la synthèse organique a résolu en partie la demande de production à grande échelle ; le besoin d’un retour à des molécules naturelles a incité d’une part un perfectionnement de nos pratiques culturales mais surtout l’invention de nouveaux procédés dits biotechnologiques pour assurer la production d’actifs naturels.
Cet exposé retrace en partie l’histoire de ces usages et l’évolution des techniques qui permettent aujourd’hui à l’industrie cosmétique de produire des millions de formulations naturelles inspirées du végétal.
Parcours professionnel
Issue d’un doctorat de l’Université Paris-Orsay en physiologie végétale, Nathalie GUIVARC’H a été recrutée en tant que Maitre de conférences à l’université de Tours en 1996. En tant que professeur, elle a dirigé de 2012 à 2025 laboratoire EA2106 Biomolécules et Biotechnologies végétales (BBV) de l’Université de Tours, où elle développe avec son équipe des thématiques de recherche portant sur la connaissance et l’identification de métabolismes spécialisés chez certains végétaux et sur le développement de procédés de biotechnologiques pour la bioproduction de molécules d’intérêt pharmacologique (surtout des anticancéreux), cosmétique (composés phénoliques) ou pour des applications phytosanitaires. Dans ce contexte, elle participe ou dirige plusieurs programmes de recherche partenariaux avec des industriels. Sensibilisée à la protection de l’innovation scientifique, elle a co-fondé en 2005 et co-dirige depuis un master double compétence Biotechnologies et Droit à l’université de Tours. Enfin, membre de plusieurs comités d’expertises scientifiques, dont celui du pôle de compétitivité Cosmetic Valley, et de réseaux régionaux comme Biotechnocentre, Biomédicaments ou encore Cosmétosciences, elle est également coordinatrice du réseau national MétaSP dédié aux métabolismes spécialisés des végétaux.

Vers une bio-industrie des métabolites spécialisés : cultures végétales, avancées technologiques, et ingénierie enzymatique
Les métabolites spécialisés végétaux représentent une ressource stratégique pour la pharmacie, la cosmétique et la chimie fine, mais leur exploitation demeure souvent limitée par la rareté des plantes sources, la complexité des voies biosynthétiques et les contraintes inhérentes aux cultures au champ.
Les cultures de cellules et d’organes végétaux ont émergé à la fin des années 1960 comme outils d’étude et de production de ces substances naturelles, débouchant sur des productions en bioréacteur, particulièrement prisées de nos jours, dans le domaine des ingrédients cosmétiques.
Une nouvelle démarche s’appuyant sur des cultures de végétaux hors-sol (hydroponie, aéroponie) est venue compléter les cultures cellulaires, assurant la collecte répétée de métabolites exsudés par les racines, ou récoltés à partir des parties aériennes, sans destruction de la plante. Plusieurs exemples, issus notamment du développement de procédés de type Plant Milking®, illustrent le potentiel de ces approches pour assurer un approvisionnement durable, maîtrisé et à faible empreinte environnementale.
Plus récemment, des avancées en ingénierie métabolique ont été rendues possibles par la compréhension fine des voies spécialisées permettant ainsi de reprogrammer et d’optimiser leur fonctionnement dans des organismes microbiens. L’identification d’enzymes estérase-lipase végétales de type GDSL constitue un exemple particulièrement éclairant. Ces travaux ouvrent des perspectives pour la synthèse d’acide isochlorogénique à forte valeur santé à partir de l’enzyme IbICS issue de patate douce et produite dans Komagataella pastoris.
À travers ces exemples issus de différentes vagues technologiques, nous chercherons à souligner la continuité nécessaire entre compréhension des voies, choix de la plateforme biologique (cellule, racine, plante entière, microorganisme) et conception de procédés industriels innovants pour la production durable de métabolites spécialisés végétaux.
Parcours professionnel
Frédéric Bourgaud, Prof., PhD., CNRS–Université de Lorraine, Laboratoire des Réactions et Génie des Procédés Directeur Scientifique des jardins botaniques de Nancy.
Professeur de biotechnologies végétales à l’ENSAIA–Université de Lorraine, effectuant ma recherche au Laboratoire des Réactions et Génie des Procédés (CNRS-UL) et directeur scientifique des Jardins botaniques de Nancy, j’ai également dirigé pendant 19 ans la R&D et l’innovation du groupe Plant Advanced Technologies que j’ai co-fondé. Spécialiste des métabolites spécialisés végétaux, je présente plus de 95 publications, 7 familles de brevets et un fort engagement entrepreneurial avec la création de plusieurs start-ups. Mon parcours s’inscrit au croisement de la recherche académique, de l’innovation industrielle et de la valorisation des bioressources.
Information pratique
Date : mardi
Horaire : de 14h30 à 17h00
Lieu : en ligne via ZOOM
Accès : gratuit sur inscription.
Bonjour,
merci pour ces propositions de haute qualité! Je suis très intéressée mais malheureusement, je n’ai pas la possibilité d’assister aux conférences en direct 🙁
S(er)ont-elles disponibles sur votre chaîne youtube? ou ailleurs? Merci!