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[JI2021 EN LIGNE] LES PETITS FRUITS ROUGES REVISITÉS, RéSUMés

La SNHF vous propose de revisiter toutes ces espèces pour mettre à jour les connaissances, être informé des progrès faits sur les plus classiques d’entre elles, les apprécier sous l’angle de la diversité et connaitre leurs qualités nutritionnelles lors de 3 webinaires programmés les 8 ,15 et 22 Mars de 14h30 à 17h.

Lundi 8 mars 2021, La diversité des fraisiers

  • Le fraisier, un dilemme Cornélien : produire des fruits ou des stolons par Béatrice Denoyes, Ingénieur INRAE ;
  • La création de variétés de fraise, par Aurélie Petit, Ingénieure, INVENIO ;
  • Culture in vitro et certification des plants commerciaux par Justine Perrotte, Responsable du laboratoire de micropropagation, INVENIO.

> Inscription webinaire #1

Le fraisier, un dilemme Cornélien :
produire des fruits ou des stolons

par Béatrice Denoyes, Ingénieur INRAE

Troisième culture fruitière en France en termes de chiffre d’affaires, la fraise constitue un enjeu économique majeur avec 30000 emplois à taux plein, directs et indirects (source : GIE Fruits et Légumes de Nouvelle Aquitaine). Le fraisier est une plante herbacées pérenne. Il est capable de se reproduire de manière sexuée, via la floraison, et de manière asexuée, via la production de stolons.

Ces deux modes de reproduction présentent un intérêt agronomique : la reproduction sexuée contrôle le rendement en fruits et la reproduction asexuée permet la multiplication des variétés. Ces deux modes de reproduction sont en compétition et cette compétition se fait notamment au niveau du méristème axillaire (MAx), qui peut devenir soit un nouvel axe pouvant se terminer par une inflorescence, soit un stolon ou soit rester latent.

Comprendre comment est régulée la balance entre reproduction sexuée (production de fruit) et asexuée (production de plants) est un enjeu essentiel pour mieux maitriser le rendement en fruits et en plants chez le fraisier. Le contrôle génétique de cette balance commence à être mieux compris et l’analyse de l’architecture du plant offre des perspectives pour les expérimentateurs et les sélectionneurs.

La création de variétés de fraise

par Aurélie Petit, Ingénieure, INVENIO

Depuis la domestication du fraisier, il existe des milliers de variétés de fraise dans le monde mais seule une dizaine est actuellement produite en France. Pourquoi et comment créer des variétés de fraise de nos jours ?

Dans une première partie, un bref historique du fraisier permettra de mieux comprendre l’origine et la complexité du fraisier cultivé Fragaria x ananassa. Puis, la principale méthode de création de variétés de fraise sera détaillée. Enfin, quelques outils génétiques afin de faciliter et d’accélérer la création variétale seront présentés.

1. Historique du fraisier

  • Les espèces de fraisier,
  • L’origine du fraisier cultivé, espèce octoploïde.

2. Création variétale Fraise

  • Quelques chiffres du marché de la fraise en France,
  • Le fraisier cultivé : plante monoïque, allogame, hétérozygote et sensible à l’environnement,
  • La création par sélection massale,
  • Les principaux critères de sélection,
  • Exemple de schéma de sélection : la création variétale Fraise à INVENIO au service des producteurs français.

3. Les outils génétiques en appui à la création variétale Fraise

  • Les outils génétiques disponibles chez le fraisier,
  • La Sélection Assistée par Marqueurs moléculaires (SAM),
  • La sélection génomique,
  • Les empreintes génétiques pour la traçabilité des variétés.

Culture in vitro et certification
des plants commerciaux
 

par Justine Perrotte, Responsable du laboratoire de micropropagation, INVENIO.

La culture in vitro est utilisée de façon industrielle depuis une cinquantaine d’année en France pour la production commerciale de plant de base pour les pépiniéristes. Cela fait du fraisier une des premières espèces pour laquelle ce développement a eu lieu.

La culture in vitro du fraisier a permis de répondre très efficacement à des problématiques croissantes de pression de maladie notamment virale par le développement du prélèvement de méristème et de la thermothérapie.

Mais le développement rapide des techniques de culture in vitro et la demande croissante en plants ont aussi conduit à l’observation de problèmes physiologiques chez certain plants issus de la micropropagation. Cette constatation et l’enjeu économique que cela représentait a conduit les acteurs de l’époque à mettre en place une certification pour la production des plants de fraisier dans plusieurs pays d’Europe. Cette certification permettant de contrôler les étapes de la production, du maintien en passant par la culture in vitro jusqu’à la pépinière et la production de plants commerciaux.

En 2020 en France un nouveau Règlement technique général de la production et du contrôle en vue de la certification des semences et des plants et son annexe Règlement technique de la production et du contrôle des plants certifiés de fraisiers ont été homologués pour entrer dans le cadre des règlementations européennes en vigueur concernant la protection phytosanitaire des végétaux (RSV) et la production certifiée des plants fruitiers. Aujourd’hui la certification est donc européenne et non plus nationale.

Dans cet exposé, un historique de la culture in vitro du fraisier sera présenté ainsi que les différentes étapes de la micropropagation conduisant à la production de plants certifiés. Puis un point sera fait sur le système de certification des plants et ses implications sur l’organisation de la production de plants en France.

Lundi 15 mars 2021, Les buissonnants et les grimpants

  • La production de petits fruits en France : un marché sans précédent et des enjeux techniques croissants par Anne Duval-Chaboussou, Ingénieur de recherche – Responsable national Petits Fruits CTIFL ;
  • Mûrier x Framboisier = Tayberry : tendances actuelles et apport des biotechnologies par Clémentine Montier, Responsable R&D pre-breeding et biotechnologies Darbonne Pépinière – Planasa ;
  • Les myrtilliers : culture, diversité variétale par Mathieu Billotte, Multibaies.

> Inscription webinaire #2

La production de petits fruits en France : un marché sans précédent et des enjeux techniques croissants

par Anne Duval-Chaboussou, Ingénieur de recherche – Responsable national Petits Fruits CTIFL

Un fruit nature, un fruit santé, gourmand, croquant, tels sont les critères plébiscités par les consommateurs de petits fruits dans une étude réalisée en février 2018 par le CTIFL. Ces caractéristiques propres aux petits fruits expliquent le développement exponentiel de leur consommation : les ménages français (en particulier les ménages jeunes) ont accru de 20 % leurs achats de framboise fraiche entre 2005 et 2014 et au même rythme au cours des quatre dernières années. Depuis quatre ans, les importations de framboises ont augmenté de plus de 60 % ; tandis que celles de myrtilles de plus de 300 % sur dix ans.

Cependant, sur les dix dernières années, la production française moyenne est restée stable : autour de 7000 tonnes pour le cassis, 4 000 t pour la framboise, 1 500 t pour la groseille et 1 000 t pour la myrtille L’augmentation de la consommation profite largement aux pays tiers tels que la Pologne, le Portugal ou l’Espagne mais aussi aux pays hors Union européenne tels que le Maroc, la Serbie, le Chili et le Mexique.

Néanmoins, les metteurs en marché de fruits frais et fruits transformés recherchent des fruits français, pour cela les filières petits fruits cherchent à se structurer et à répondre aux problématiques techniques majeures que sont la disponibilité en variétés adaptées aux différents marchés et conditions pédo-climatiques français, la gestion des adventices et la gestion des ravageurs sans (ou avec peu) de produits phytosanitaires.

Mûrier x Framboisier = Tayberry
Tendances actuelles et apport des biotechnologies

par Clémentine Montier, Responsable R&D pre-breeding et biotechnologies Darbonne Pépinière – Planasa

Composé de douze sous-genres, le genre Rubus contient un large spectre d’espèces sauvages. Les cultures les plus importantes économiquement sont celles de la mûre (R. sous-genre Rubus) et des framboises rouges et noires (R. idaeus L. et R. occidentalis L., sous-genre Idaeobatus). La filiation des plantes issues de l’hybridation entre ces espèces, nommées Tayberries ou Mûroises, est souvent très complexe.

Constitués de nombreuses petites drupes, ces fruits rouges de grandes valeurs sont recherchés pour leurs saveurs, leurs attraits visuels, mais aussi leurs bienfaits pour la santé. Avec une réputation de superaliments du fait de leurs richesses en composés antioxydants, les ventes de fruits rouges ont augmenté régulièrement au cours des dix dernières années et vont continuer de croître à l’avenir. Leurs productions se développent dans le monde entier, poussées par la demande accrue des consommateurs pour des produits sains et savoureux, produits localement et dans le respect de l’environnement.

Pour faire face au changement climatique, il existe aujourd’hui un certain nombre de programmes de sélection Rubus à l’échelle mondiale qui s’efforcent continuellement d’améliorer la qualité des plants, de leurs fruits, de leurs productions, ainsi que les systèmes de récoltes. Cependant, les sélectionneurs sont confrontés à de nombreux défis du fait de la nature polyploïde de nombreux cultivars et du manque de diversité génétique. L’enrichissement des ressources génétiques et génomiques du genre Rubus est aujourd’hui devenu nécessaire afin d’identifier les régions des génomes associées aux caractères d’intérêts recherchés et faciliter la sélection de cultivars améliorés. Bien qu’à leurs balbutiements, l’utilisation des biotechnologies comme levier pour augmenter la diversité génétique, mais aussi favoriser les croisements et hybridations entre espèces, offre de belles perspectives quant à la sélection de nouvelles variétés qui répondront aux besoins des producteurs et aux attentes des consommateurs.

Cultiver des myrtilliers au jardin

par Mathieu Billotte, Multibaies.

La culture de myrtilliers peut être très appréciée au jardin. Il est possible de récolter des baies fraîches pour les consommer, les transformer en tartes et autres desserts, ou les congeler. La saison de fructification des myrtilliers s’étend de la fin juin à septembre, selon le cultivar.

Les myrtilliers sont des arbustes à feuilles caduques d’une hauteur de 1,5 à 3 m lorsqu’ils sont adultes. Ils sont attrayants comme ornementaux, avec une profusion de fleurs blanches ou roses au printemps et un feuillage coloré en Automne. Les plantes peuvent être cultivées en rangées, en haies, ou en isolées. Des cultivars nains et demi-nains sont disponibles pour la culture dans des containeurs.

Les myrtilliers ont besoin d’un endroit ensoleillé pour se développer. Évitez les zones entourées d’arbres et favorisez une bonne circulation de l’air pour limiter le développement de maladies.

Les myrtilliers requièrent des sols très spécifiques. Les plantes poussent mieux dans des sols bien drainés, légers et sablonneux, riches en matière organique avec un pH compris entre 4,5 et 5,5.

Évitez de planter sur des sols lourds où les racines peuvent asphyxier.

La faible croissance des plantes résultant d’un pH du sol trop élevé est le problème le plus fréquent de la culture des myrtilliers dans un jardin. Les plantes ont alors des feuilles jaunes avec des veines vertes (Figure 1).

Figure 1. Feuillage jaune causé par un sol à pH élevé.

Il est possible de modifier les sols qui ne conviennent pas et de les rendre adaptés à la production de myrtilles.

Il est conseillé de planter plusieurs cultivars. Bien que la plupart des cultivars de myrtilliers soient auto-fertiles, la pollinisation croisée produit de plus grosses baies. En outre, la période de récolte se trouve allongée avec la récolte de variétés différentes. La période de floraison se chevauche suffisamment entre les différentes variétés pour assurer la pollinisation croisée.

Préparation du sol

Les myrtilliers ont besoin d’un sol acide, d’une teneur relativement élevée en matière organique et d’un bon drainage.

Il est préférable de regrouper les plantes en rangées plutôt que les disperser dans le jardin. Les meilleurs résultats sont obtenus en préparant une tranchée plutôt qu’en creusant des trous pour chaque plante.

Pour la plupart des sols, le pH doit être rendu plus acide. Le pH du sol doit être testé un an avant la plantation parce que l’acidification, si nécessaire, prend plus de 6 mois.

  • Si le pH se situe entre 5,7 et 6,5, acidifiez le sol en ajoutant du soufre élémentaire (S) finement moulu avant la plantation. La quantité de S nécessaire dépend du pH du sol

Les sols plus lourds peuvent nécessiter plus de S pour une quantité similaire d’acidification.

  • Si le pH d’un sol est supérieur à 6,5, il n’est généralement pas possible de l’acidifier suffisamment pour cultiver des myrtilliers.
  • Si le pH du sol est inférieur à 4,0, il faut incorporer du calcaire dolomitique finement moulu pour l’augmenter.

Avant la plantation, il faut incorporer de la matière organique, comme la sciure de bois ou l’écorce de sapin douglas, pour améliorer l’aération et le drainage. Le compost de jardin n’est généralement pas assez acide.

Bien que les myrtilliers aient besoin d’humidité, elles ne tolèrent pas un mauvais drainage.

Il est possible de cultiver des myrtilliers en containeurs. Ceux-ci doivent être adaptés à la taille de la plante. Un bon mélange de plantation se compose d’environ 80 pour cent d’écorce de sapin, 10 pour cent de mousse de tourbe, et 10 pour cent de perlite.

Plantation

  • Plantez des plantes saines de 2 ans cultivées en container en octobre ou en mars, avril. Espacez les plantes de 1,5 à 2m sur la rangée et les rangées de 2 à 3 mètres
  • Arrosez bien après la plantation.  Rabattez toutes les branches d’environ 30 à 40 %
  • Lors de la plantation taillez les boutons floraux, il ne faut pas laisser les plantes produire des fruits la première saison.

Les jeunes plantes nécessitent peu d’élagage pendant les 2 ou 3 premières années mais il est important de limiter la production de fruits pendant cette période.

Les myrtilliers poussent mieux lorsqu’ils sont paillés. Le paillis maintient le sol au frais, conserve l’humidité, ajoute de la matière organique au sol, améliore la structure et aide à lutter contre les herbes indésirables.

  • Après la plantation, appliquer un paillis de sciure de douglas ou d’écorce à une profondeur de 8 à 10 cm.

À la fin d’avril de l’année de plantation, appliquer de l’engrais azoté sous forme d’ammonium et recommencer au début du mois de Juin et à la fin du mois de Juillet.

Les myrtilliers ont des racines peu profondes, ils sont sensibles à la sécheresse. Un apport d’eau est essentiel à une croissance optimale. Il est possible d’utiliser une goutte à goutte pour optimiser l’apport.

Après la troisième année, tailler les myrtilliers chaque hiver de janvier à début mars, lorsque les plantes sont en dormance.

Les principaux objectifs de l’élagage sont de promouvoir la croissance de bois fort et neuf et de maintenir une bonne production fruitée.

Fertilisez régulièrement et ajoutez du paillis.

Parasites

De nombreuses espèces d’oiseaux se nourrissent de myrtilles et peuvent manger toutes les baies s’il n’y a pas de contrôle.

La méthode la plus efficace est de poser un filet en plastique léger.

En général, les insectes et les maladies ne sont pas un gros problème pour les myrtilliers mais des maladies peuvent survenir :

  • Botrytis qui tue les boutons à fleurs,
  • Pseudomonas mildiou bactérien qui fait mourir le bois d’un an en hiver,
  • L’Anthracnose provoque des baies en momies, et l’Alternaria la pourriture du fruit,

Les insectes nuisibles sont les charançons des racines.

Lundi 22 mars 2021, Diversification et qualités nutritionnelles

  • La diversification des espèces à petits fruits par Frédéric Lantin, Ribanjou ;
  • Les kiwis et leur diversité par François Lafitte, Président du groupe coopératif SCAAP KKIWIFRUIT/PRIMLAND, membre de l’académie d’Agriculture de France ;
  • Les qualités nutritionnelles des petits fruits par Marie Josèphe Amiot Carlin, Directrice de recherche, Département Alimentation Humaine, INRAE.

> Inscription webinaire #3

Diversité spécifique, variétale et physiologique des petits fruits et spécialement des Ribes

 par Frédéric Lantin, Ribanjou

Depuis que je me souvienne, j’ai toujours été entouré d’arbustes à baies comestibles. Consommées fraiches à la belle saison de juin à fin octobre mais aussi en compotes, confitures, jus et pâtisseries pour en profiter toute l’année. J’ai pu apprécier la diversité des formes des couleurs et surtout des saveurs et arômes subtiles variables d’un cultivar à l’autre. J’ai aussi découvert le spectacle de la diversité des espèces abritées et nourries par ce monde miniature.  Avec le temps j’ai pris conscience de la fragilité de ces équilibres, constaté la rapidité avec laquelle l’homme pouvait détruire sous prétexte de progrès ou de profit. J’ai donc pris le parti de partager et transmettre à mon tour cette passion pour les petits fruits, initiée par mon père.

La collection d’arbres et arbustes à baies comestibles que nous proposons à Ribanjou se décline en une cinquantaine d’espèces et près de 240 cultivars différents et n’est surtout pas exhaustive. Ce panel de plantes, grimpantes ou arbustives, persistantes ou caduques, acidophiles ou calcicoles doit permettre à tout jardinier en herbe le plaisir irremplaçable du fruit juste cueilli au mieux de sa maturité. Framboises, fraises, cassis, groseilles, myrtilles mais aussi amélanches, sureaux, sorbiers, goyaviers du Brésil, myrtes, fuchsias… Sur un balcon en ville, un jardin en bord de mer ou à la montagne il y a forcément un petit fruit qui s’adapte.

A chacun sa méthode, le jardinier méticuleux pourra prendre soin, palisser, tailler, structurer des variétés sélectionnées au fil du temps pour une production de fruits plus gros et plus abondants. L’exemple du travail de sélection des Ribes permet de comprendre la variabilité intrinsèque d’une espèce et notre influence sur son évolution. Espèce d’origine continentale progressivement acclimatée aux régions plus océaniques et à l’évolution du climat. Les caractéristiques de faibles besoins en froid, d’auto fertilité et de résistance aux maladies, génétiquement disséminées au sein de l’espèce ou d’espèces voisines, ont été acquises sélectionnées par le biais de croisement dirigés consécutif à un long travail d’observation de la diversité présente, d’où l’intérêt et la nécessité de la conserver au mieux. C’est tout l’avenir de l’espèce qui est en jeux face au modifications constante de l’environnement.

L’amateur de forêt jardin ou de nature plus authentique choisira des espèces bocagères moins sélectionnées et souvent plus rustiques. Associées entre elles en haies fruitières ou disséminées dans des massifs, elles abritent progressivement une faune très diversifiée, riche en auxiliaires précieux pour le maintien de l’équilibre sanitaire des cultures avoisinantes. A notre époque où très souvent la survie d’une espèce est conditionnée par sa capacité à servir directement l’homme, il est très important et urgent de promouvoir ces espèces, favoriser toute initiative de végétalisation les plus variées possible. Cet univers des baies comestibles riche et évolutif répond parfaitement à ce projet.

 

Prunus Tomentosa (ragouminier)

Ribes-nigrum-Arno

Actinidia Arguta

par François Lafitte, Président du groupe coopératif SCAAP KKIWIFRUIT/PRIMLAND, membre de l’académie d’Agriculture de France (20/02/2021)

Le genre ACTINIDIA est présent naturellement de manière très large dans la partie Est de l’Asie. Le plus grand nombre de taxons se retrouve dans le sud-ouest et la partie centrale de la Chine. 76 espèces et approximativement 125 taxons sont inventoriés. Il reste des imprécisions sur la classification. C’est une liane qui vit en sous-bois et se développe dans les forêts natives de Chine, et de Corée.

L’Actinidia Arguta est un cultivar qui fait partie des espèces domestiquées depuis le siècle dernier grâce aux améliorations variétales de pépiniéristes et centres de recherche chinois, néozélandais japonais, coréen, roumain et russe, cette plante est connue pour ses fruits présents dans les magasins de fruits et légumes.

C’est une plante dioïque qui est cultivé en Europe et en France depuis les années 80. Les premières productions françaises furent développées en Périgord par Daniel Gelin qui donna le nom de « kiwaï » au fruit. Cependant ce fruit ne connut qu’un faible succès commercial compte-tenu de la faible tenue qualitative en post-récolte. Les variétés présentes à cette époque sont dans le domaine libre, produisent un fruit ovoïde, de 10 à 15 grammes, et à peau verte et lisse. Certaines variétés actinidia arguta var. purpurea ont une peau qui peut devenir pourpre à maturité.

La pulpe du fruit est similaire à celui de l’actinidia deliciosa connu par la variété Hayward. C’est une pulpe verte avec un cœur blanc autour duquel sont disposés les graines. Le taux brix des fruits peut atteindre 18/20° à maturité. C’est un fruit climatérique qui doit être passé sous basse température pour obtenir l’hydrolyse des amidons et la maturité optimale. La conservation du fruit est très variable suivant les variétés et peut aller de 10 jours à 3 mois suivant les conditions.

Le développement des cultures d’actinidia Arguta s’est réalisé depuis 2009 en France avec 60 hectares de cultivar Hortgem (variété Tahi et Rua), ainsi qu’en Italie (Piémont, 80 hectares) et au Portugal (Nord Guimarães, 80 hectares). Ces variétés ont été développées par le centre néozélandais Plant and Food Research, et un contrat de sous licence avec la société PRIMLAND a permis le développement commercial de ce fruit à l’échelle du marché européen.

A ce jour, plus de 20 millions de barquettes de 125 grammes ont été vendues en Europe, principalement en Allemagne et pays scandinaves. Les récoltes s’étalent du 10 aout au 30 septembre suivant les terroirs et variétés. La conservation des fruits s’organise en chambre froide à +2°C et permet d’étaler les ventes d’Aout à Novembre de chaque année. Les fruits de ces variétés Hortgem sont vendues sous la marque NERGI, pour être différenciés des fruits provenant des autres variétés.

En dehors de cette démarche, les producteurs belges ont développé environ 30 hectares en Flandre en relation avec l’Université de Levin (obtenteur de nouvelles variétés). Les productions sont aléatoires suivant les conditions climatiques et les ventes se réalisent en Belgique et Allemagne.

Il existe des productions de variétés Issa, Genova et autres dans le nord de l’Italie (Haut Adige), avec un développement des ventes en frais pour le marché italien.

Il existe des productions conséquentes en Nouvelles Zélande, Chili, Corée, Japon et Chine. Les cultivars locaux permettent un développement des ventes localement.

La fragilité des fruits et la faible conservation permet un développement des ventes mais avec une contrainte de logistique pour l’accès au marché (rapidité et maintien fraicheur en magasin).

Ce fruit commence à se faire connaitre auprès du public. C’est un fruit riche en vitamine C (80 mgr par 100 gr de fruit) et oligoéléments. Il est facile à consommer et convient en consommation nomade. Ce fruit est un segment de marché du Kiwi fruits et il commence à se faire connaitre en Europe comme mini kiwi ou baby kiwi.

Ci-dessous : photos de vergers en France , des photos d’emballages de fruits et des ventes en linéaires et animation en magasin pour NERGI

Les qualités nutritionnelles des petits fruits 

par Marie Josèphe Amiot-Carlin, Directrice de recherche, Département Alimentation Humaine, INRAE UMR MoISA (Montpellier Interdisciplinary research center on Sustainable Agri-food systems. Social and Nutritional Sciences) Montpellier Université, CIRAD, CIHEAM-IAMM, INRAE, IRD, Institut Agro Campus la Gaillarde, 2 place Pierre Viala, 34060 Montpellier Cedex 2

Les petits fruits (généralement appelés « baies » ou « berries » dans la littérature scientifique) ont été largement étudiés pour leurs effets sur la santé humaine, ce qui a été principalement attribué à leurs profils nutritionnels d’intérêt pour leur richesse en fibres, vitamines C et B9, minéraux et polyphénols. Les contenus en ces (micro)nutriments sont différents d’une espèce à l’autre, et les études des effets sur la santé de ces baies entières par rapport à celles des composés pris individuellement sont en nette croissance, en raison des synergies potentielles entre les composés bioactifs et l’effet matrice des fruits.

Cassis, cranberry (canneberge) et mure sont une source importante de fibres (un peu plus de 5 g pour 100 g de fruits frais). Le cassis est très riche en vitamine C (180 mg  pour 100 g de cassis frais, soit 2,25 fois le besoin nutritionnel moyen journalier). La fraise et la framboise sont riches en folates (vitamine B9) avec respectivement 99 et 38 µg pour 100 g de fruits frais, le besoin nutritionnel moyen étant de 250 µg par jour. Comme tous les autres fruits, ces baies apportent une diversité de minéraux : phosphore, potassium, calcium, fer, magnésium… L’intérêt en santé de ces baies a été mis en avant pour leurs apports en polyphénols, mettant l’accent surtout sur les anthocyanes contribuant à leur coloration de rouge orangé à violet. La faible absorption intestinale et la forte métabolisation de ces polyphénols, largement décrite dans la littérature, a conduit à l’hypothèse que les métabolites formés pourraient agir comme des molécules « signal » c’est-à-dire sur l’expression de nos gènes impliqués dans les facteurs cardio-métaboliques : tension artérielle, dyslipidémie, insulino-résistance, inflammation, dysfonctionnement endothélial. Des études cliniques soutiennent les effets bénéfiques de ces petits fruits rouges sous forme de jus pour un maintien de la santé cardiovasculaire. La richesse en composés antioxydants, dont les polyphénols, a été mise en évidence dans deux « super fruits », la baie de goji et la grenade, et a été associée à leurs effets bénéfiques sur la santé via leurs fonctionnalités : antioxydante, anti-inflammatoire, antimicrobienne, antimutagénique, neuroprotectrice. Une grande quantité de polyphénols ingérées via ces baies atteignent le colon et sont métabolisées en molécules plus petites. Ces polyphénols et leurs métabolites peuvent moduler ainsi notre microbiote intestinal. L’effet prébiotique potentiel des baies a été rapporté dans plusieurs études mettant en avant leurs impacts favorables sur la croissance des bactéries bénéfiques : Bifidobacterium, Lactobacillus et Akkermansia.

A côté de ces baies, le  kiwi est un fruit intéressant pour sa richesse en vitamine C et également son éventail d’autres (micro)nutriments, fibres, potassium, vitamine E et folates, des phytomicronutriments antioxydants et des enzymes. La contribution du kiwi à la santé digestive a fait l’objet d’une attention particulière en raison d’un nombre croissant de preuves via des études cliniques. Il y a plusieurs mécanismes d’action plausibles susceptibles d’agir, comprenant celle des fibres, mais aussi la présence d’actinidine, une enzyme protéolytique naturelle unique au kiwi qui décompose les protéines et facilite la digestion gastrique et iléale.

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