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Comment considérer les équilibres biologiques au jardin dans le cas du couple plante/bioagresseur ? Pourquoi cherchons-nous à protéger les plantes ? Contre quels organismes vivants ? Par quels moyens ?
I/ Les équilibres biologiques
Ce que nous attendons des plantes au jardin
Les possesseurs de potagers/vergers considèrent leur entretien à 68% comme un loisir ou une passion, à 50% comme une façon de consommer leurs propres fruits et légumes, 28% comme une tradition, 25% comme une nécessité compte tenu du prix des fruits et légumes. Pour 93% d’entre eux, le jardin est un moyen d’éduquer les enfants à la découverte et au respect de la nature (Enquête UPJ/CSA, 2007). Le jardin, principalement par les plantes qui le composent, a aussi de multiples rôles de détente, esthétique, thérapeutique … comme en témoignent les différentes contributions à ce colloque.
Nos compétiteurs
La plupart des animaux sont des phytophages : insectes, acariens, mollusques, vertébrés peuplent nos jardins. Les insectes constituent 70% du monde vivant. Seules 10 000 espèces sont considérées comme nuisibles aux plantes, moins de 1% de l’ensemble des insectes. Les organismes phytopathogènes sont principalement des champignons, virus, bactéries. Avec les plantes adventices, tous se disputent environ 250 000 espèces de végétaux. On utilise le terme de bioagresseur pour désigner de façon globale les êtres vivants s’attaquant aux plantes.
Au jardin, le nombre de bioagresseurs ayant un impact important, les bioagresseurs-clés, est relativement limité :
- pucerons, acariens, cochenilles, chenilles phytophages,
- rouilles, oïdiums, mildious,
- limaces
- quelques plantes adventices …
Il faut y ajouter des bioagresseurs occasionnels, ou nouvellement introduits.
Quel équilibre plante/bioagresseur dans ce contexte ?
Cultiver des pommiers pour leur faire produire des pommes tous les ans, des rosiers pour obtenir une abondante floraison esthétique et odorante, cela n’a rien de naturel.
Ce sont nos objectifs, en tant qu’humains, qui nous font rechercher un équilibre en notre faveur, entre la plante qui nous intéresse et son environnement. Quand nous sommes intéressés par la floraison des pommiers ornementaux, leur production de fruits consommables nous importe peu. Il s’agit donc d’un trio plante/humain/bioagresseur plutôt que d’un couple. Ce trio est lui même lié au trio formé par les plantes, leurs bioagresseurs et les ennemis naturels de ces bioagresseurs.
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Elizabeth Rat-Morris
Agrocampus-Ouest, centre d’Angers - INHP
Colloque "Jardins, environnement et santé" 2009